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mardi 15 décembre 2015

Message pour la 49 Journée mondiale de la paix


Cité du Vatican, 15 décembre 2015 (VIS). Voici le texte du Message pour la Journée mondiale de la Paix 2016, intitulé Gagne sur l’indifférence et remporte la paix!:

"Dieu n’est pas indifférent! Dieu accorde de l’importance à l’humanité, Dieu ne l’abandonne pas! Au début de l’année nouvelle, je voudrais accompagner de cette profonde conviction les vœux d’abondantes bénédictions et de paix, sous le signe de l’espérance, pour l’avenir de tout homme et de toute femme, de toute famille, peuple et nation du monde, ainsi que des chefs d’Etat et de Gouvernement et des Responsables des religions. En effet, ne perdons pas l’espérance de voir en 2016 chacun, engagé fermement et avec confiance, à différents niveaux, à réaliser la justice et à œuvrer pour la paix. Oui, celle-ci est don de Dieu et œuvre des hommes. La paix est don de Dieu, mais don confié à tous les hommes et à toutes les femmes qui sont appelés à le réaliser.

Préserver les raisons de l’espérance. Les guerres et les actions terroristes, avec leurs tragiques conséquences, les séquestrations de personnes, les persécutions pour des motifs ethniques ou religieux, les prévarications, ont marqué l’année passée du début à la fin, se multipliant douloureusement en de nombreuses régions du monde, au point de prendre les traits de ce qu’on pourrait appeler une troisième guerre mondiale par morceaux. Mais certains événements des années passées et de l’année qui vient de s’achever m’invitent, dans la perspective de l’année nouvelle, à renouveler l’exhortation à ne pas perdre l’espérance dans la capacité de l’homme, avec la grâce de Dieu, à vaincre le mal et à ne pas s’abandonner à la résignation et à l’indifférence. Les événements auxquels je me réfère représentent la capacité de l’humanité à œuvrer dans la solidarité au-delà des intérêts individuels, de l’apathie et de l’indifférence vis-à-vis des situations critiques. Parmi ceux-ci je voudrais rappeler l’effort fait pour favoriser la rencontre des leaders mondiaux, dans le cadre de la COP 21, afin de chercher de nouvelles voies pour affronter les changements climatiques et sauvegarder le bien être de la Terre, notre maison commune. Et cela renvoie à deux événements précédents au niveau global: Le Sommet d’Addis Abeba pour réunir des fonds pour le développement durable du monde, et l’adoption par les Nations-Unies de l’Agenda 2030 pour le développement durable, visant à assurer, avant cette date, une existence plus digne à tous, surtout aux populations pauvres de la planète.
2015 a été aussi une année spéciale pour l’Eglise, parce qu’elle a été marquée par le 50ème anniversaire de la publication de deux documents du Cconcile Vatican II qui expriment de manière très éloquente le sens de la solidarité de l’Eglise avec le monde. Le Pape Jean XXIII, au début du Concile, a voulu ouvrir tout grand les fenêtres de l’Eglise pour que la communication entre elle et le monde soit plus ouverte. Les deux documents, Nostra aAtate et Gaudium et Spes, sont des expressions emblématiques de la nouvelle relation de dialogue, de solidarité et d’accompagnement que l’Eglise veut introduire à l’intérieur de l’humanité. Dans la déclaration Nostra aetate l’Eglise a été appelée à s’ouvrir au dialogue avec les expressions religieuses non chrétiennes. Dans la donstitution pastorale Gaudium et Spes, puisque "les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, l’Eglise désire instaurer un dialogue avec la famille humaine sur les problèmes du monde, en signe de solidarité et de respectueuse affection. Dans cette même perspective, avec le Jubilé de la Miséricorde, je veux inviter l’Eglise à prier et à travailler pour que tout chrétien puisse mûrir un cœur humble et compatissant, capable d’annoncer et de témoigner la miséricorde, de pardonner et de donner, de s’ouvrir à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes, que le monde moderne a souvent créées de façon dramatique sans tomber dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté dans le cynisme destructeur. Il y a de multiples raisons pour croire en la capacité de l’humanité à agir ensemble, en solidarité, dans la reconnaissance de sa propre interconnexion et interdépendance, ayant à cœur les membres les plus fragiles et la sauvegarde du bien commun. Cette attitude de co-responsabilité solidaire est à la racine de la vocation fondamentale à la fraternité et à la vie commune. La dignité et les relations interpersonnelles nous constituent comme êtres humains, voulus par Dieu à son image et ressemblance. En tant que créatures dotées d’une inaliénable dignité, nous existons en relation avec nos frères et sœurs, envers lesquels nous avons une responsabilité, et avec lesquels nous agissons en solidarité. En dehors de cette relation, nous serions des êtres moins humains. C’est justement ainsi que l’indifférence constitue une menace pour la famille humaine. Alors que nous nous mettons en marche vers une année nouvelle, je voudrais inviter chacun à reconnaître ce fait, pour vaincre l’indifférence et conquérir la paix.

Certaines formes d’indifférence. Il est certain que l’attitude de l’indifférent, de celui qui ferme le cœur pour ne pas prendre en considération les autres, de celui qui ferme les yeux pour ne pas voir ce qui l’entoure ou qui s’esquive pour ne pas être touché par les problèmes des autres, caractérise une typologie humaine assez répandue et présente à chaque époque de l’histoire. Cependant, de nos jours, cela a dépassé nettement le domaine individuel pour prendre une dimension globale et produire ce phénomène de la globalisation de l’indifférence. La première forme d’indifférence dans la société humaine est l’indifférence envers Dieu, dont procède l’indifférence envers le prochain et envers la création. Et ceci est l’un des graves effets d’un faux humanisme et d’un matérialisme pratique, combinés à une pensée relativiste et nihiliste. L’homme pense être l’auteur de lui-même, de sa propre vie et de la société, il se sent auto-suffisant, et il cherche non seulement à se substituer à Dieu, mais à le faire disparaître complètement. Par conséquent, il pense ne rien devoir à personne, excepté à lui-même, et il prétend avoir seulement des droits. Contre cette auto-compréhension erronée de la personne, Benoît XVI rappelait que ni l’homme ni son développement sont capables de se donner à soi-même leur propre signification ultime. Et avant lui, Paul VI avait affirmé qu’il n’est d’humanisme vrai qu’ouvert à l’Absolu, dans la reconnaissance d’une vocation, qui donne l’idée vraie de la vie humaine. L’indifférence envers le prochain prend différents visages. Il y a celui qui est bien informé, écoute la radio, lit les journaux ou regarde la télévision, mais il le fait de manière tiède, presque dans une condition d’accoutumance. Ces personnes connaissent vaguement les drames qui affligent l’humanité mais elles ne se sentent pas impliquées, elles ne vivent pas la compassion. Cela, c’est l’attitude de celui qui sait mais, qui garde son regard, sa pensée et son action tournés vers lui-même. Malheureusement, nous devons constater que l’augmentation des informations, propre à notre époque, ne signifie pas, en soi, une augmentation d’attention aux problèmes, si elle n’est pas accompagnée d’une ouverture des consciences dans un sens solidaire. Bien plus, elle peut entraîner une certaine saturation qui anesthésie et, dans une certaine mesure, relativise la gravité des problèmes. Certains se satisfont simplement en accusant les pauvres et les pays pauvres de leurs maux, avec des généralisations indues, et prétendent trouver la solution dans une éducation qui les rassure et les transforme en êtres apprivoisés et inoffensifs. Cela devient encore plus irritant si ceux qui sont exclus voient croître ce cancer social qui est la corruption profondément enracinée dans de nombreux pays, dans les gouvernements, dans l’entreprise et dans les institutions, quelle que soit l’idéologie politique des gouvernants. Dans d’autres cas, l’indifférence se manifeste comme un manque d’attention vis-à-vis de la réalité environnante, surtout la plus lointaine. Certaines personnes préfèrent ne pas chercher, ne pas s’informer, et vivent leur bien-être et leur confort, sourdes au cri de douleur de l’humanité souffrante. Presque sans nous en apercevoir, nous sommes devenus incapables d’éprouver de la compassion pour les autres, pour leurs drames. Et prendre soin d’eux ne nous intéresse pas, comme si ce qui leur arrive était d’une responsabilité extérieure à nous, qui ne nous revient pas. Quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… Alors notre cœur tombe dans l’indifférence. Alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien.

En vivant dans une maison commune, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur son état de santé, comme j’ai cherché à le faire dans Laudato Si’. La pollution des eaux et de l’air, l’exploitation sans discernement des forêts, la destruction de l’environnement, sont souvent le fruit de l’indifférence de l’homme envers les autres, parce que tout est lié. Comme, aussi, le comportement de l’homme avec les animaux a une influence sur ses relations avec les autres, pour ne pas parler de celui qui se permet de faire ailleurs ce qu’il n’ose pas faire chez lui. Dans ces cas, et dans d’autres, l’indifférence provoque surtout une fermeture et un désengagement, et finit ainsi par contribuer à l’absence de paix avec Dieu, avec le prochain et avec la création.

La paix menacée par l’indifférence globalisée. L’indifférence envers Dieu dépasse la sphère intime et spirituelle de la personne individuelle, et elle investit la sphère publique et sociale. Comme l’affirmait Benoît XVI, il existe un lien intime entre la glorification de Dieu et la paix des hommes sur la terre. En effet, sans une ouverture transcendante, l’homme devient facilement la proie du relativisme et, ensuite, il réussit difficilement à agir selon la justice et à s’engager pour la paix. L’oubli et la négation de Dieu qui conduisent l’homme à ne plus reconnaître aucune norme au-dessus de lui et à se prendre lui-même comme seule norme, ont produit des cruautés et des violences sans mesure. Au niveau individuel et communautaire l’indifférence envers le prochain, fille de l’indifférence envers Dieu, prend l’aspect de l’inertie et du désengagement qui alimentent la prolongation de situations d’injustice et de grave déséquilibre social. Ces situations, à leur tour, peuvent conduire à des conflits, ou en tout cas, générer un climat d’insatisfaction qui risque de déboucher tôt ou tard sur des violences et de l’insécurité. En ce sens, l’indifférence et le désengagement qui en est la conséquence constituent un manque grave au devoir que toute personne a de contribuer, dans la mesure de ses capacités et de son rôle dans la société, au bien commun, en particulier à la paix, qui est l’un des biens les plus précieux de l’humanité. Quand, ensuite, l’indifférence envers l’autre, envers sa dignité, ses droits fondamentaux et sa liberté, investit le niveau institutionnel, dans une culture imprégnée de profit et d’hédonisme, elle favorise et parfois justifie des actions et des politiques qui finissent par constituer des menaces à la paix. Un tel comportement d’indifférence peut aussi en arriver à justifier certaines politiques économiques déplorables, annonciatrices d’injustices, de divisions et de violences, en vue de l’obtention de son propre bien être ou de celui de la nation. Souvent, en effet, les projets économiques et politiques des hommes ont pour fin la conquête ou le maintien du pouvoir et des richesses, même au prix de piétiner les droits et les exigences fondamentales des autres. Quand les populations voient leurs propres droits élémentaires niés, comme la nourriture, l’eau, l’assistance sanitaire ou le travail, elles sont tentées de se les procurer par la force.

De plus, l’indifférence vis à vis de l’environnement naturel, qui favorise la déforestation, la pollution et les catastrophes naturelles qui déracinent des communautés entières de leur milieu de vie en les contraignant à la précarité et à l’insécurité, crée de nouvelles pauvretés, de nouvelles situations d’injustice aux conséquences souvent néfastes en termes de sécurité et de paix sociale. Combien de guerres ont été conduites et combien seront encore faites à cause du manque de ressources ou pour répondre à l’insatiable recherche de ressources naturelles?

De l’indifférence à la miséricorde: La conversion du cœur. Quand, il y a un an, dans le Message 2015, j’évoquais la première icône biblique de la fraternité humaine, celle de Caïn et Abel, c’était pour attirer l’attention sur la manière dont cette première fraternité a été trahie. Caïn et Abel sont frères. Ils proviennent tous deux du même sein, ils sont égaux en dignité et créés à l’image et ressemblance de Dieu, mais leur fraternité de créatures est rompue. Non seulement Caïn ne supporte pas son frère Abel, mais il le tue par envie. Le fratricide devient alors la forme de trahison, et le refus par Caïn de la fraternité d’Abel est la première rupture dans les relations familiales de fraternité, de solidarité et de respect réciproque. Dieu intervient alors, pour appeler l’homme à la responsabilité à l’égard de son semblable, comme il a fait lorsqu’Adam et Eve, les premiers parents, ont rompu la communion avec le Créateur. Le Seigneur dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère? Le Seigneur reprit: Qu’as-tu fait! Ecoute le sang de ton frère crier vers moi du sol. Caïn dit ne pas savoir ce qui est arrivé à son frère, il dit ne pas être son gardien. Il ne se sent pas responsable de sa vie, de son sort. Il ne se sent pas impliqué. Il est indifférent envers son frère, bien qu’ils soient liés par l’origine commune. Quelle tristesse! Quel drame fraternel, familial, humain. C’est la première manifestation de l’indifférence entre frères. Dieu, au contraire, n’est pas indifférent. Le sang d’Abel a grande valeur à ses yeux et il demande à Caïn d’en rendre compte. Donc Dieu se révèle depuis les débuts de l’humanité comme Celui qui s’intéresse au sort de l’homme. Quand plus tard, les fils d’Israël se trouvent en esclavage en Egypte, Dieu intervient à nouveau. Il dit à Moïse: J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs, oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer de la main des égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel. Il est important de noter les verbes qui décrivent l’intervention de Dieu: Il observe, il entend, il connaît, il descend, il libère. Dieu n’est pas indifférent. Il est attentif et il agit.

De la même façon, en son Fils Jésus, Dieu est descendu parmi les hommes, il s’est incarné et il s’est montré solidaire de l’humanité, en toute chose, excepté le péché. Jésus s’identifie avec l’humanité, étant l’aîné d’une multitude de frères. Il ne se contente pas d’enseigner aux foules, mais il se préoccupe d’elles, spécialement quand il les voyait affamées ou sans travail. Son regard n’était pas tourné seulement vers les hommes, mais aussi vers les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les plantes et les arbres, petits et grands. Il embrassait le créé tout entier. Il voit, certainement, mais il ne se limite pas à cela, parce qu’il touche les personnes, il parle avec elles, agit en leur faveur et fait du bien à celui qui est dans le besoin. Non seulement, mais il se laisse émouvoir et il pleure. Et il agit pour mettre fin à la souffrance, à la tristesse, à la misère et à la mort. Jésus nous enseigne à être miséricordieux comme le Père. Dans la parabole du Bon Samaritain, il dénonce l’omission d’aide devant l’urgente nécessité de ses semblables. Il le vit et passa outre. En même temps, à l’aide de cet exemple, il invite ses auditeurs, et en particulier ses disciples, à apprendre à s’arrêter devant les souffrances de ce monde pour les soulager, devant les blessures des autres pour les soigner, avec les moyens dont on dispose, à commencer par son temps, malgré les nombreuses occupations. L’indifférence, en effet, cherche souvent des prétextes dans l’observance des préceptes rituels, dans la quantité de choses qu’il faut faire, dans les antagonismes qui nous tienne éloignés les uns des autres, dans les préjudices de tout genre qui nous empêchent de nous faire proche.

La miséricorde est le cœur de Dieu. Elle doit donc être aussi le cœur de tous ceux qui se reconnaissent membres de l’unique grande famille de ses enfants, un cœur qui bat fort partout où la dignité humaine, reflet du visage de Dieu dans ses créatures il est en jeu. Jésus nous avertit: L’amour pour les autres, pour les étrangers, les malades, les prisonniers, les sans-domicile-fixe, même les ennemis, est l’unité de mesure de Dieu pour juger nos actions. De cela dépend notre destin éternel. Il n’y a pas à s’étonner que Paul invite les chrétiens de Rome à se réjouir avec ceux qui se réjouissent et à pleurer avec ceux qui pleurent, ou qu’il recommande à ceux de Corinthe d’organiser des collectes en signe de solidarité avec les membres souffrants de l’Eglise. Et saint Jean écrit: Si quelqu’un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurait-il en lui? Voilà pourquoi il est déterminant pour l’Eglise et pour la crédibilité de son annonce de vivre et de témoigner elle-même de la miséricorde. Son langage et ses gestes doivent transmettre la miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père. La vérité première de l’Eglise est l’amour du Christ. De cet amour, qui va jusqu’au pardon et au don de soi, l’Eglise se fait servante et médiatrice auprès des hommes. En conséquence, là où l’Eglise est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde.

Ainsi, nous aussi, nous sommes appelés à faire de l’amour, de la compassion, de la miséricorde et de la solidarité un vrai programme de vie, un style de comportement dans nos relations les uns avec les autres. Cela demande la conversion du cœur, c’est à dire que la grâce de Dieu transforme notre cœur de pierre en un cœur de chair, capables de s’ouvrir aux autres avec une solidarité authentique. Cela en effet, est beaucoup plus qu’un sentiment de compassion vague ou d’attendrissement superficiel pour les maux subis par tant de personnes, proches ou lointaines. La solidarité est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun, c’est-à-dire pour le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous, parce que la compassion jaillit de la fraternité. Ainsi comprise la solidarité constitue l’attitude morale et sociale qui répond le mieux à la prise de conscience des plaies de notre temps et de l’incontestable interdépendance qui existe toujours plus, spécialement dans un monde globalisé, entre la vie de l’individu et de sa communauté dans un lieu déterminé et celle des autres hommes et femmes dans le reste du monde.

Promouvoir une culture de solidarité et de miséricorde pour vaincre l’indifférence. La solidarité comme vertu morale et attitude sociale, fruit de la conversion personnelle, exige un engagement d’une multiplicité de sujets, qui ont une responsabilité de caractère éducatif et formateur. Ma première pensée va aux familles, appelées à une mission éducative première et incontournable. Elles constituent le premier lieu où se vivent et se transmettent les valeurs de l’amour et de la fraternité, de la convivialité et du partage, de l’attention et du soin de l’autre. Elles sont aussi le milieu privilégié pour la transmission de la foi, en commençant par ces simples gestes de dévotion que les mères enseignent à leurs enfants. Pour ce qui concerne les éducateurs et les formateurs qui, à l’école ou dans les différents centres de socialisation infantile et juvénile, ont la tâche exigeante d’éduquer des enfants et des jeunes, ils sont appelés à être conscients que leur responsabilité regarde les dimensions morales, spirituelles et sociales de la personne. Les valeurs de la liberté, du respect réciproque et de la solidarité peuvent être transmises dès le plus jeune âge. S’adressant aux responsables des institutions qui ont des tâches éducatives, Benoît XVI a affirmé: Que chaque structure éducative puisse être un lieu d’ouverture au transcendant et aux autres, un lieu de dialogue, de cohésion et d’écoute, où le jeune se sente valorisé dans ses propres potentialités et ses richesses intérieures, et apprenne à estimer vraiment ses frères. Que ce lieu puisse enseigner aussi à goûter la joie qui jaillit du fait de vivre, jour après jour, dans la charité et dans la compassion envers le prochain, et dans la participation active à la construction d’une société plus humaine et fraternelle. Les agents culturels et des media aussi une responsabilité dans le domaine de l’éducation et de la formation, spécialement dans la société contemporaine, où l’accès aux instruments d’information et de communication est toujours plus répandu. C’est leur tâche de se mettre par-dessus tout au service de la vérité et non d’intérêts particuliers. Les moyens de communication en effet, non seulement informent, mais ils façonnent aussi l’esprit de leurs destinataires et ils peuvent donc contribuer de façon notable à l’éducation des jeunes. Il est important de retenir que le lien entre éducation et communication est très étroit: L’éducation advient en effet par les moyens de communication, qui influent sur la formation de la personne d’une manière positive ou négative. Les agents culturels et des media devraient être aussi vigilants afin que la manière dont ils obtiennent et diffusent les informations soit toujours juridiquement et moralement licite.

La paix, fruit d’une culture de solidarité, de miséricorde et de compassion. Conscients de la menace d’une globalisation de l’indifférence, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître que, dans le scenario décrit ci-dessus, s’insèrent aussi de nombreuses intiatives et actions positives qui témoignent la compassion, la miséricorde et la solidarité dont l’homme est capable. Je voudrais rappeler quelques exemples d’engagement louable, qui montrent comment chacun peut vaincre l’indifférence lorsqu’il choisit de ne pas détourner le regard de son prochain, et qui constituent de bonnes pratiques sur le chemin vers une société plus humaine. Il y a beaucoup d’organisations non grouvernementales et de groupes caritatifs, à l’intérieur de l’Eglise et en dehors d’elle, dont les membres, à l’occasion d’épidémies, de calamités ou de conflits armés, affrontent difficultés et dangers pour soigner les blessés et les malades et pour enterrer les défunts. A côté d’elles, je voudrais mentionner les personnes et les associations qui portent secours aux migrants qui traversent des déserts et sillonnent des mers à la recherche de meilleures conditions de vie. Ces actions sont des oeuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, sur lesquelles nous serons jugés à la fin de notre vie.

Ma pensée va aux journalistes et aux photographes qui informent l’opinion publique sur les situations difficiles qui interpellent les consciences, et à ceux qui s’engagent pour la défense des droits humains, en particulier ceux des minorités ethniques et religieuses, des peuples indigènes, des femmes et des enfants, et de tous ceux qui vivent dans des conditions de plus grande vulnérabilité. Parmi eux, il y a aussi beaucoup de prêtres et de missionnaires qui, comme des bons pasteurs, restent à côté de leurs fidèles et les soutiennent malgré les dangers et les difficultés, en particulier durant les conflits armés. Combien de familles, ensuite, au milieu de nombreuses difficultés sociales et de travail, s’engagent concrètement pour éduquer leurs enfants à contre-courant, au prix de beaucoup de sacrifices, aux valeurs de la solidarité, de la compassion et de la fraternité! Combien de familles ouvrent leurs cœurs et leurs maisons à celui qui est dans le besoin, comme aux réfugiés et aux migrants! Je veux remercier de façon particulière toutes les personnes, les familles, les paroisses, les communautés religieuses, les monastères et les sanctuaires, qui ont répondu rapidement à mon appel à accueillir une famille de réfugiés. Enfin, je voudrais mentionner les jeunes qui s’unissent pour réaliser des projets de solidarité et tous ceux qui ouvrent leurs mains pour aider le prochain dans le besoin dans leurs villes, dans leurs pays ou dans d’autres régions du monde. Je veux remercier et encourager tous ceux qui s’engagent dans des actions de ce genre, même si elles ne font pas l’objet de publicité. Leur faim et soif de justice sera rassasiée, leur miséricorde leur fera trouver miséricorde et, en tant qu’artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu.
La paix dans le signe du Jubilé de la Miséricorde. Dans l’esprit du Jubilé de la Miséricorde, chacun est appeler à reconnaître comment l’indifférence se manifeste dans sa propre vie, et à adopter un engagement concret pour contribuer à améliorer la réalité dans laquelle il vit, à partir de sa propre famille, de son voisinage ou de son milieu de travail. Les états sont aussi appelés à des gestes concrets, à des actes de courage à l’égard des personnes les plus fragiles de leurs sociétés, comme les prisonniers, les migrants, les chômeurs et les malades. Pour ce qui concerne les détenus, dans beaucoup de cas, il semble urgent d’adopter des mesures concrètes pour améliorer leurs conditions de vie dans les prisons, accordant une attention spéciale à ceux qui sont privés de liberté en attente de jugement, ayant à l’esprit la finalité de rééducation de la sanction pénale et évaluant la possibilité d’insérer dans les législations nationales des peines alternatives à la détention carcérale. Dans ce contexte, je désire renouveler l’appel aux autorités étatiques pour l’abolition de la peine de mort, là où elle est encore en vigueur, et à considérer la possibilité d’une amnistie. En ce qui concerne les migrants, je voudrais inviter à repenser les législations sur les migrations, afin qu’elles soient animées par la volonté de l’accueil, dans le respect des devoirs et des responsabilités réciproques, et puissent faciliter l’intégration des migrants. Dans cette perspective, une attention spéciale devrait être portée aux conditions de séjour des migrants, se rappelant que la clandestinité risque de les entraîner vers la criminalité.

Je désire, en outre, en cette Année jubilaire, formuler un appel pressant aux responsables des états à accomplir des gestes concrets en faveur de nos frères et sœurs qui souffrent à cause du manque de travail, de terre et de toit. Je pense à la création de postes de travail décent, pour lutter contre la plaie sociale du chômage, qui écrase un grand nombre de familles et de jeunes et a des conséquences très importantes sur le maintien de la société tout entière. Le manque de travail entame lourdement le sens de la dignité et de l’espérance, et peut être compensé seulement partiellement par des subsides, également nécessaires, destinés aux chômeurs et à leurs familles. Une attention spéciale devrait être donnée aux femmes, malheureusement encore discriminées dans le domaine du travail, et à certaines catégories de travailleurs, dont les conditions sont précaires ou dangereuses et dont les rétributions ne sont pas proportionnées à l’importance de leur mission sociale. Enfin, je voudrais inviter à accomplir des actions efficaces pour améliorer les conditions de vie des malades, garantissant à tous l’accès à des soins médicaux et aux médicaments indispensables à la vie, y compris la possibilité de soins à domicile. Tournant leur regard au-delà de leurs propres frontières, les responsables des états sont aussi appelés à renouveler leurs relations avec les autres peuples, permettant à tous une participation effective et une inclusion à la vie de la communauté internationale, afin que la fraternité se réalise également à l'intérieur de la famille des nations. Dans cette perspective, je désire adresser un triple appel à s'abstenir d'entraîner les autres peuples dans des conflits ou des guerres qui en détruisent non seulement les richesses matérielles, culturelles et sociales, mais aussi et pour longtemps l'intégrité morale et spirituelle, à l'effacement ou à la gestion soutenable de la dette internationale des pays les plus pauvres, à l'adoption de politiques de coopération qui, au lieu de se plier à la dictature de certaines idéologies, soient respectueuses des valeurs des populations locales et qui, dans chaque cas, ne portent pas atteinte au droit fondamental et inaliénable des enfants à naître à la vie. Je confie ces réflexions, ainsi que mes meilleurs vœux pour la nouvelle année, à l'intercession de Marie, la Très Sainte, Mère attentive aux besoins de l'humanité, afin qu'elle obtienne de son Fils Jésus, Prince de la Paix, d’exaucer nos supplications et de bénir notre engagement quotidien pour un monde fraternel et solidaire".


Promulgation de décrets


Cité du Vatican, 15 décembre 2015 (VIS). A la suite de l'audience accordée hier après-midi au Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le Pape a ordonné la promulgation des décrets relatifs:

Au miracle:

attribué à l’intercession de la bienheureuse Maria Elisabeth Hesselblad, religieuse suédoise fondatrice de l’ordre du St.Sauveur de Ste.Brigitte (1870 - 1957).

attribué à l’intercession du serviteur de Dieu Ladislaw Bukowiński, prêtre séculier ukrainien (1904 - 1974).

attribué à l’intercession de la servante de Dieu Maria Celeste Crostarosa (Giulia), moniale italienne fondatrice des Soeurs du Rédempteur (1696 - 1755).

attribué à l’intercession de la servante de Dieu Maria di Gesù (Carolina Santocanale), religieuse italienne fondatrice des Capucines de l’Immaculée de Lourdes (1852 - 1923).

attribué à l’intercession de la servante de Dieu Itala Mela, oblate bénédictine italienne (1904 - 1957).

Aux vertus héroïques:

du serviteur de Dieu Angelo Ramazzotti, Patriarche de Venise (Italie), fondateur du PIME (1800 - 1861).

du serviteur de Dieu Joseph Vithayathil, prêtre séculier indien, fondateur des Soeurs de la Ste.Famille (1865 - 1964).

du serviteur de Dieu José María Arizmendiarrieta, prêtre séculier espagnol (1915 - 1976).

du serviteur de Dieu Giovanni Schiavo, prêtre religieux italien (1903 - 1967).

du serviteur de Dieu Venanzio Maria Quadri (Antonio), religieux italien (1916 - 1937).

du serviteur de Dieu William Gagnon, religieux américain (1905 - 1972).

de la servante de Dieu Teresa Rosa Fernanda de Saldanha Oliveira Sousa, religieuse portugaise, fondatrice des Dominicaines de Ste.Catherine de Sienne au Portugal (1837 - 1916).

de la servante de Dieu María Emilia Riquelme Zayas, religieuse espagnole fondatrice des Missionnaires du St.Sacrement et de l'Immaculée (1847 - 1940).

de la servante de Dieu María Esperanza de la Cruz (Salustiana Antonia Ayerbe Castillo), religieuse espagnole cofondatrice des Missionnaires augustiniennes (1890 - 1967).

de la servante de Dieu Emanuela Maria Magdalena Kalb (Helena), religieuse polonaise (1899 - 1986).


du serviteur de Dieu Niklaus Wolf, père de famille suisse (1756 - 1832).

Audiences


Cité du Vatican, 15 décembre 2015 (VIS). Hier, le Saint-Père a reçu le Cardinal Walter Kasper.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 15 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé James Patrick Powers, Evêque de Superior (superficie 40.701, population 467.000, catholiques 77.800, prêtres 70, diacres 64, religieux 75), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1953 à Baldwin (USA) et ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Curé de la paroisse St.Joseph de Rice Lake. Il a été curé de paroisses, membre du Presbyterium et administrateur diocésain.


lundi 14 décembre 2015

Visite du Président srilankais


Cité du Vatican, 14 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président srilankais M.Maithripala Sirisena, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, accompagné par Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les états: Ces entretiens cordiaux ont d'abord permis d'évoquer la visite papale de janvier dernier, puis d'aborder certains aspects de l'histoire récente comme le processus de paix et de réconciliation en cours au Sri Lanka, dans l'espoir qu'il favorise et stabilise l'harmonie sociale. Les parties ont ensuite souligné le rôle positif joué par l'Eglise catholique dans divers secteurs sociaux, mais aussi l'importance du dialogue inter-religieux. Elles ont enfin échangé leurs points de vue sur les résultats de la Conférence climatique de Paris.


Projet Policoro: Un travail qui rend l'homme vraiment libre


Cité du Vatican, 14 décembre 2015 (VIS). Trouver des réponses à la question existentielle de nombreux jeunes qui risquent de passer du chômage de travail au chômage de la vie, est l'objectif du Projet Policoro, né il y a vingt ans, comme fruit de l'assemblée ecclésiale de Palerme. Ce matin, ses membres ont rencontré le Saint-Père qui a dit combien, dans son intention de conjuguer l'Evangile avec la réalité de la vie, ce projet avait aussitôt été une initiative de promotion des jeunes, une véritable occasion de développement local à dimension nationale. ''Ses idées forces, qui en ont assuré le succès, sont la formation des jeunes, le lancement de coopératives, la création de figures de médiation comme les animateurs de communauté, et une longue série de gestes concrets, signe visible de l'engagement de ces vingt années de présence active... Par son attention concrète au territoire et à la recherche de solutions partagées, le Projet Policoro a montré comment par la qualité du travail libre, créatif, participatif et solidaire, l'être humain exprime et accroît la dignité de sa vie. Ne perdons pas de vue la nécessité de réaffirmer cette dignité! Elle est le propre de tous et de chacun... Lorsque le travail manque la dignité est à risque. Trop de jeunes sont victimes de cela, de ne pouvoir nourrir une famille, de gagner sa vie. Beaucoup ne cherchent même plus d'emploi et se sont résignés devant l'indifférence d'une société de privilégiés et de corrompus qui barrent la route à qui mérite. Or les faveurs semblent toujours aller à qui est sur de soi parce qu'il a acquis un privilège grâce à la corruption. L'emploi n'est pas un privilège mais un droit... Vous représentez certainement un signe concret d'espérance pour ceux qui ne se sont pas résignés, mais ont décidé de s'engager avec courage pour créer ou améliorer leurs capacités de travail''. Le Pape les a invités à ''continuer de promouvoir des initiatives de participation des jeunes sous forme communautaire et participative'. Alors faîtes votre part. Souvent on entend dire: Mais en quoi cela concerne l'Eglise? En quoi mon cas l'intéresse? Oui, cela l'intéresse. La réponse à donner c'est de témoigner. Alors témoignez et allez au devant de qui est dans le besoin et soutenez le avec courage". Le Pape a conclu en soulignant que la mission du Projet n'était pas simplement d'aider les jeunes à trouver une occupation, mais qu'il s'agissait d'une ''responsabilité d'évangélisation, à travers la valeur sanctificatrice du travail. Non pas du travail qui exploite, qui écrase, qui humilie, qui mortifie, mais du travail qui rend l'homme vraiment libre, selon sa noble dignité''.





Ouverture par le Pape de la Porte Sainte du Latran


Cité du Vatican, 13 décembre 2015 (VIS). En ce troisième dimanche de l'avent, le Pape a ouvert la troisième Porte Sainte de l'Année jubilaire de la miséricorde. Après la Porte de la cathédrale de Bangui en République Centrafricaine, le 29 novembre, et celle de la basilique vaticane, le 8 décembre, aujourd'hui c'est la Porte de la cathédrale de l'évêque de Rome, St.Jean-de-Latran. En ce dimanche De Gaudete (de la joie), le Pape François a réaffirmé que la raison de cette joie, exprimée dans les lectures par des mots qui insufflent l'espérance, et permettent de regarder l'avenir avec sérénité, est que ''le Seigneur a aboli toute condamnation et a décidé de vivre parmi nous''. Alors que notre regard se tourne vers la Nativité désormais proche, a-t-il dit dans son homélie au cours de la messe, ''nous ne pouvons pas nous laisser prendre par la fatigue; aucune forme de tristesse ne nous est permise, même si nous en aurions de bonnes raisons vu les nombreuses préoccupations et les multiples formes de violence qui blessent notre humanité. La venue du Seigneur doit remplir notre cœur de joie''. Le Pape a cité la première lecture du prophète Sophonie où, dans un contexte d'abus et de violences, surtout dû aux hommes de pouvoir, Dieu fait savoir que lui-même régnera sur son peuple, qu'il ne le laissera plus en proie à l'arrogance de ses gouvernants, et qu'il le libérera de toute angoisse. Il nous est demandé aujourd'hui de ne pas baisser les bras face au doute, à l'impatience ou à la souffrance. L'apôtre Paul reprend avec force l'enseignement du prophète Sophonie et le répète: Le Seigneur est proche. C'est pourquoi, nous devons toujours nous réjouir, et avec affabilité donner à tous le témoignage de la proximité et du soin que Dieu a pour chaque personne'... Nous avons ouvert la Porte sainte, ici et dans toutes les cathédrales du monde. Même ce simple signe est une invitation à la joie. Le temps du grand pardon commence. C'est le Jubilé de la miséricorde. C'est le moment de découvrir la présence de Dieu et sa tendresse de Père. La rigidité ne plaît pas à Dieu. C'est un Père tendre; Il fait tout avec la tendresse d'un père. Nous sommes, nous aussi, comme les foules qui interrogeaient Jean: Que devons-nous faire? Et la réponse du Baptiste ne se fait pas attendre: Il invite à agir avec justice et à pourvoir aux nécessités de ceux qui sont dans le besoin. Ce que Jean exige de ses interlocuteurs, se trouve déjà de toutes façons dans la loi. En ce qui nous concerne, un engagement plus radical nous est demandé. Devant la Porte sainte que nous sommes sur le point de passer, il nous est demandé d'être des instruments de miséricorde, conscients que nous serons jugés sur cela. Qui est baptisé sait qu'il a un engagement plus grand. La foi dans le Christ est un chemin qui dure toute la vie: celui d'être miséricordieux comme le Père. La joie de passer la Porte de la miséricorde s'accompagne de l'engagement d'accueillir et de témoigner d'un amour qui va au-delà de la justice, d'un amour qui ne connaît pas de limite. Nous sommes responsables de cet amour infini, malgré nos contradictions. Prions pour nous et pour tous ceux qui passent la Porte de la miséricorde, pour qu'ils puissent comprendre et accueillir l'amour infini de notre Père céleste, qui recrée, transforme et réforme la vie'', a conclu le Pape.


Parallèlement, le Cardinal James M.Harvey, Archiprêtre de St.Paul-hors-les-murs, a procédé à l'ouverture de la Porte Sainte de cette basilique papale, alors que dans le reste du monde s'ouvraient, à la demande du Pape, toutes les portes saintes des cathédrales et églises de sanctuaires pour l'Année de la miséricorde.

Joie et conversion


Cité du Vatican, 13 décembre 2015 (VIS). Ce midi, le Pape a récité l'angélus avec les fidèles rassemblés Place St.Pierre, rappelant la triple demande que la foule faisait au Baptiste: Et maintenant que devons-nous faire? Outre les gens communs, il y avait là des publicains et même des soldats, et chacun questionnait le Précurseur sur le comment mettre en acte la conversion qu'il prêchait. La réponse fut triple: Partager avec qui a besoin, ne rien exiger de plus que ce qui est du, ne rien prendre à quiconque et se contenter de ce à quoi on a droit. De ce qu'a répondu Jean-Baptiste "découle un chemin de conversion unique, qui se caractérise par des gestes concrets de justice et de solidarité. Il s'applique à toutes les catégories sociales. C'est celui que Jésus indiquera tout au long de sa prédication, la voie de l'amour effectif pour l'autre... Dieu n'exclut personne de la possibilité de se sauver. Il accueille chacun à bras ouvert et pardonne... La liturgie du jour nous redit à travers les paroles du Baptiste qu'il faut se convertir, changer de direction pour suivre la voie de la justice, de la solidarité et de la sobriété...afin de conduire une existence vraiment chrétienne. Convertissez -vous, telle est en synthèse la recommandation du Précurseur... Qui se convertit et se rapproche du Seigneur connaît la joie... Il faut du courage pour parler aujourd'hui de la joie. Et plus encore avoir la foi. Le monde est assailli par tant de problèmes, et l'avenir obscurci par tant d'inconnu... Notre joie ne peut découler que de la certitude de la proximité du Seigneur, de sa tendresse, de sa miséricorde et de son amour. Puisse la Vierge renforcer notre foi, afin que nous sachions accueillir le Dieu de la joie, le Dieu de la miséricorde, qui veut habiter au milieu de ses enfants. Puisse notre mère nous enseigner à partager ses larmes pour partager son sourire".

S'engager tous ensemble à sauvegarder le climat


Cité du Vatican, 13 décembre 2015 (VIS). Après la prière mariale, le Saint-Père a déclaré historique l'accord de la Conférence de Paris sur le climat, encourageant tous les pays à s'engager à son application. Il faut espérer que l'on porte une attention toute particulière aux populations les plus vulnérables. "J'encourage la communauté internationale à poursuivre avec constance le chemin ouvert dans un esprit croissant de solidarité. Mardi à Nairobi s'ouvrira la Conférence ministérielle de l'OIC. J'en appelle au participants afin que leurs décisions prennent en compte les plus pauvres et vulnérables, ainsi que les justes aspirations des pays en voie de développement... Aujourd'hui, dans toutes les cathédrales, s'ouvrent les portes saintes du Jubilé de la miséricorde afin que cette période soit pleinement vécue par les Eglises particulières...mais aussi dans des lieux de détresse et de marginalisation. Je salue ainsi les détenus de la prison de Padoue...qui prient avec nous".  

Le Pape se rendra au sanctuaire de Guadalupe le 13 février


Cité du Vatican, 13 décembre 2015 (VIS). Hier après-midi, en la solennité de la bienheureuse Vierge de Guadalupe, Patronne de l'Amérique latine, le Saint-Père a célébré une messe, précédée d'un chapelet, dans la basilique vaticane. Quelques centaines de personnes ont participé à ces deux moments, provenant pour la majeure partie du continent américain, où la dévotion de la Vierge de Guadalupe s'étend de l'Alaska jusqu'à la Terre de feu. Dans son homélie, le Pape a souligné la miséricorde de Marie, demandant qu'à travers elle, nous entendions ce que Dieu nous demande. Il a d'abord cité les paroles du prophète Sophonie de la première lecture: Le Seigneur aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête. ''Ces paroles adressées à Israël peuvent aussi être rapportées à la Vierge Marie, à l'Eglise, et à chacun de nous, à notre âme aimée par Dieu d'un amour misécordieux. Oui, Dieu nous aime tant qu'il se réjouit et se complaît en nous. Il nous aime d'un amour gratuit, sans limite, sans rien attendre en retour. Le pélagianisme ne lui plaît pas. Cet amour miséricordieux est l'attribut le plus surprenant de Dieu, la synthèse où se trouve condensé le message évangélique, la foi de l'Eglise''. Il a aussi expliqué que le terme miséricorde est formé de deux mots: misère et cœur. Le cœur ''indique la capacité d'aimer; la miséricorde est l'amour qui embrasse la misère de la personne. C'est un amour qui sent notre indigence comme s'il s'agissait de la sienne, pour nous en libérer... Le Verbe s'est fait chair, le gnosticisme ne plaît pas davantage à Dieu qui a voulu partager toutes nos fragilités. Il a voulu expérimenter notre condition humaine, prenant sur sa Croix toutes les douleurs de l'existence humaine. Telle est la profondeur de sa compassion et de sa miséricorde... Aucun péché ne peut effacer sa proximité miséricordieuse, ni l'empêcher de mettre en œuvre sa grâce de conversion, à condition que nous l'invoquions. Plus encore, le péché fait resplendir avec une plus grande force l'amour de Dieu le Père qui, pour racheter l'esclave, a sacrifié son Fils. Cette miséricorde de Dieu nous parvient par le don de l'Esprit Saint... Si grands et graves que puissent être les péchés du monde, l'Esprit, qui renouvelle la face de la terre, rend possible le miracle d'une vie plus humaine, pleine de joie et d'espérance''.

Commentant la deuxième lecture, où l'apôtre Paul affirme: Le Seigneur est proche... ne soyez inquiets de rien, le Pape a ajouté: ''Il est proche ainsi que sa Mère. La miséricorde la plus grande du Seigneur réside en ce qu'il est au milieu de nous, en sa présence et compagnie. Il marche avec nous, nous montre le sentier de l'amour, nous relève quand nous tombons -et avec quelle tendresse le fait-il-, nous soutient dans nos peines, nous accompagne dans toutes les circonstances de notre existence. Il nous ouvre les yeux pour voir nos propres misères et celles du monde, mais en même temps nous comble d'espérance.... C'est la source de notre vie pacifiée et heureuse; rien ni personne ne peut nous voler cette paix et cette joie, malgré les souffrances et les épreuves de la vie. Le Seigneur, par sa tendresse, nous ouvre son cœur, nous ouvre son amour. Le Seigneur est allergique aux rigidités... Annoncer la Bonne nouvelle aux pauvres, comme Jean Baptiste, en accomplisant des œuvres de miséricorde, est une bonne façon d'attendre la venue de Jésus dans la Nativité''.


''Dans une des prières les plus chères au peuple chrétien, le Salve Regina, nous appelons Marie, mère de miséricorde -a ajouté le Saint-Père- Elle, qui a toujours vécu intimement unie à son Fils, sait mieux que personne ce qu'il veut: que tous les hommes se sauvent, et que personne ne manque jamais de la tendresse et de la consolation de Dieu. Confions à Marie les souffrances et les joies des peuples de tout le continent américain, qui l'aiment comme une mère, la reconnaissent comme patronne, sous le titre affectueux de Notre Dame de Guadalupe. Que la douceur de son regard nous accompagne en cette Année sainte, pour que tous nous puissions redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu -a conclu le Pape-. Demandons-lui que cette année jubilaire soit une semence d'amour miséricordieux dans le cœur des personnes, des familles et des nations. Que nous devenions miséricordieux, et que les communautés chrétiennes sachent être des oasis et des sources de miséricorde, des témoins d'une charité qui n'admet pas les exclusions. Pour lui demander cela, d'une manière forte, je me rendrai à son sanctuaire pour la vénérer, le 13 février prochain. Ainsi, je lui demanderai tout cela pour l'Amérique latine, dont elle est particulièrement la Mère. Je lui adresserai la supplique de guider les pas de son peuple américain, peuple pélerin qui cherche la Mère de miséricorde, et je lui demanderai seulement une chose: de lui montrer son Fils Jésus''. Par la suite, au cours de la prière des fidèles, le Pape a prié pour ses parents, Mario et Regina, ''qui me donnèrent la vie et me transmirent la foi'', -a-t-il dit- et ''qui se sont mariés il y a exactement quatre-vingts ans aujourd'hui''. Comme l'an passé, à la fin de la messe, fut chantée La Guadalupana, chant à la Vierge de Guadalupe connu dans le monde entier.

Voyage apostolique au Mexique


Cité du Vatican, 14 décembre 2015 (VIS). Voici le programme du voyage que le Saint-Père effectuera au Mexique du 12 au 18 février prochain:

L'arrivée de l'avion papal à México est prévue le vendredi 12 à 19 h 30' locales. Après la cérémonie d'accueil à l'aéroport, il gagnera le centre ville. Le lendemain 13 février aura d'abord lieu la cérémonie officielle au palais national. Après un entretien avec le chef de l'Etat, il s'adressera aux corps constitués et au corps diplomatique, puis rencontrera l'épiscopat en la cathédrale. A 17 h locales le Pape célébrera la messe en la basilique de la Guadalupe.

Dimanche 14 février, il se rendra en hélicoptère à Ecatepec pour célébrer une messe (homélie et angélus), puis regagnera México pour visiter un hôpital pédiatrique. A 18 h il s'adressera au monde de la culture à l'Auditorium national.

Lundi, le Saint-Père gagnera en avion Tuxtla Gutiérrez, puis de là San Cristobal de Las Casas pour célébrer une messe pour les communautés indigènes du Chiapas. Après un déjeuner avec les délégations de ces dernières et une visite à la cathédrale il rentrera à Tuxtla Gutiérrez pour une rencontre au stade avec les familles. Retour à México vers 20 h.

Le lendemain 16 février il se rendra par avion à Morelia pour célébrer une messe en présence des prêtres et des séminaristes, des religieux et des consacrés. Puis, après s'être rendu à la cathédrale, le Pape s'adressera à la jeunesse mexicaine au stade de la ville. Retour à México vers 20 h.


Mercredi sera le tour de Ciudad Juárez, où il visitera une prison avant de rencontrer le monde du travail et de célébrer la messe au centre des expositions. A 19 h locales aura lieu la cérémonie de congé, suivie de l'envol vers Rome où l'avion papal atterrira le lendemain 18 février vers 15 h heures locale.

Commission pontificale pour le secteur de la santé


Cité du Vatican, 14 décembre 2015 (VIS). Par rescrit du 7 décembre, le Saint-Père a décidé la constitution d'une Commission pontificale spéciale pour les activités du secteur de la santé des personnes juridiques publiques de l'Eglise. Ayant examiné les informations relatives aux difficultés particulières des personnes juridiques publiques de l'Eglise en matière de la santé, et afin de contribuer à une gestion plus efficace, tout en maintenant le charisme des fondateurs des congrégation religieuses opérant dans ce secteur, il a chargé le Secrétaire d'Etat d'instituer cet organisme spécial. Dotée d'un règlement propre, la Commission sera régie par les règles de la constitution apostolique Pastor Bonus et du règlement général de la Curie Romaine, à condition qu'elles soient applicables et compatibles. Composée d'un président et de six experts dans les disciplines de la santé, de l'immobilier, de la gestion économique, administrative et financière, la Commission peut déléguer certains de ses pouvoirs à un ou plusieurs membres. Elle sera assisté par un secrétariat. En ce qui concerne les nominations et la durée des mandat de ses membres et experts on appliquera les règles régissant les dicastères de la Curie. La Commission, qui fera référence directe au Secrétaire d'Etat, pourra procéder à toute action juridique ou financière nécessaire à l'accomplissement correct de la tâche qui lui est confiée. Elle accordera aux congrégations de la Curie Romaine où les personnes juridiques en dépendant, son consensus aux mesures canoniques permettant pour la cessation ou la réorganisation des activités et la vente de l'immobilier lié au secteur de la santé. La Commission dispose de pouvoirs d'accès aux documents et aux ressources utiles pour mener à bien ses activités. La Commission peut assigner des tâches à des entreprises, des professionnels et des consultants. Elle est chargée de l'étude générale de viabilité du système de santé des personnes morales de droit public de l'Eglise. Mais aussi de définir une stratégie d'exploitation à long terme dans le respect des principes de la doctrine sociale. Elle est en mesure d'avancer des proposition pour la résolution de situations de crise et d'activer toutes les ressources possibles en collaboration avec les gestionnaires des entités publiques concernées. Elle est chargée d'étudier et de proposer de nouveaux modèles d'activité pour les personnes morales opérant dans le secteur de la santé publique, qui soient capables de respecter le charisme original dans le contexte actuel. Ces dispositions doivent être considérées valables et en vigueur à partir du moment de leur publication.

Identité et mission du religieux dans l'Eglise


Cité du Vatican, 14 décembre 2015 (VIS). La Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique a présenté ce matin en Salle de Presse le document intitulé Identité et mission du religieux dans l'Eglise, ainsi que les manifestations conclusives de l'Année de la vie consacrée. Ont participé à cette conférence le Cardinal João Braz de Aviz, Préfet de la Congrégation, et Mgr.José Rodríguez Carballo, OFM, Secrétaire du même dicastère: Le document, a expliqué le Cardinal Braz de Aviz, entend "souligner la grande richesse et l'actualité de la vocation des frères, et son contenu est très valable et innovateur à la lumière du concile Vatican II. La vocation du frère religieux est, en premier lieu, la vocation chrétienne...et le trait de la personne du Christ que le religieux frère souligne spécialement par sa forme de vie, n'est autre que celui de la fraternité...qui reflète le visage du Christ-frère, sensible, bon, proche des gens, accueillant, généreux et serviteur''. L'identité et la mission du frère religieux, comme l'indique le texte, se résument dans la fraternité entendue comme don que le frère reçoit de Dieu Trinité, communion de personnes; don qu'il partage avec ses frères dans la vie fraternelle de la communauté et don qu'il offre au monde pour la construction d'un monde de fils de Dieu et de frères. Il a ensuite illustré le thème de la fraternité comme don que le frère religieux reçoit de Dieu un et trine. ''Le frère religieux arrive à être ainsi parce que l'Esprit lui fait connaître Dieu qui se révèle en Jésus comme un père plein d'amour, de tendresse et de miséricorde. Avec Jésus, il se sent un fils aimé et, avec lui, il s'offre pour être dans sa vie tout pour le Père et tout pour ses fils et filles de ce monde. L'identité du religieux frère est caractérisée par l'exigence de la fraternité comme confession de la Trinité; une fraternité ouverte à tous, spécialement aux plus petits, aux humbles, aux opprimés, à ceux qui ne sont pas aimés, en définitive aux plus pauvres pour se convertir en fraternité universelle''. Cette fraternité est un don que le frère religieux partage avec ses frères dans la vie de la communauté. ''Qui dit vie fraternelle en communauté, revient à dire relations harmonieuses entre frères, connaissance réciproque, acceptation...soutien mutuel...partage de talents..., oubli de soi, pardon, ...collaboration dans la mission ecclésiale, ouverture aux besoins de l'Eglise, du monde, et surtout des plus nécessiteux... Tout cela est très beau mais ne vient pas spontanément... L'aliment qui soutient la communauté est le don de la fraternité que reçoivent les frères religieux. Le frère a besoin d'appuyer ses relations fraternelles en développant sa dimension spirituelle, mystique et théologale''.

La fraternité est, enfin, un don que le frère religieux offre au monde et qui se transforme en mission. Ainsi, ''les frères réalisent leur mission de contribuer à la construction du Royaume de fraternité par la prière incessante, le témoignage de vie fraternelle et le dévouement communautaire au service de l'Eglise et du monde... La fraternité des frères religieux n'est pas autoréférentielle ou fermée sur elle-même; c'est une fraternité…. en parfaite syntonie... avec une Eglise en exode, en sortie vers les périphéries de ce monde, appelée à créer des ponts, ouverte à tous les frères d'aujourd'hui de toute race, culture ou credo''. L'amour fraternel se concrétise dans l'Eglise et dans la vie des frères religieux dans de nombreux services qui constituent de véritables ministères, de l'éducation à l'attention aux malades et aux prisonniers, en passant par l'accueil des réfugiés et la catéchèse, etc. ''De cette façon -a conclu le Préfet- le religieux frère indique la présence de Dieu dans les réalités séculaires comme la culture, la science, la santé, le monde du travail, le soin des plus faibles et des défavorisés. Et il indique en même temps qu'il faut sauver l'être humain, homme et femme, tout entier, corps, âme et esprit, du moment que tout ce qui concerne la personne humaine fait partie du plan salvifique de Dieu''.


Dans son intervention, Mgr.Rodríguez Carballo a exprimé un double remerciement au Pape émérite Benoît XVI qui en 2008 fut le premier à encourager la rédaction du document présenté aujourd'hui, et au Pape François qui a pris connaissance de l'ébauche du document alors qu'il était Cardinal Archevêque de Buenos Aires, et a encouragé devenu Pape en 2013, à le reprendre, le perfectionner et le publier. La conférence s'est conclue avec l'annonce des activités de clôture de l'Année de la vie consacrée. Du 28 janvier au 2 février 2016, aura lieu à Rome, une rencontre internationale de toutes les formes de la vie consacrée intitulée: Vie consacrée en communion, pour laquelle est prévue la participation de 6.000 consacrés et consacrées du monde entier, et qui se conclura par une messe célébrée par le Saint-Père en la basilique vaticane.

Conclusion de la XII réunion du Conseil des Cardinaux


Cité du Vatican, 12 décembre 2015 (VIS). Ce midi, le Directeur de la Salle de Presse a proposé un point de presse sur la XII réunion du Conseil des cardinaux (10 - 12 décembre): Les travaux, qui ont débuté jeudi 10, après la messe concélébrée avec le Saint-Père, ont pris fin dans la matinée. Y ont pris part tous les Membres. Le Saint-Père a participé à toutes les sessions.

Au cours de la première matinée, le Conseil a entendu le Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, qui a approfondi une réflexion sur son dicastère, ses activités, ses responsabilités et son rôle dans les relations œcuméniques.

Le Conseil a porté sa réflexion sur la synodalité, dont le Pape a récemment encore souligné l'importance, mais également sur la nécessité de procéder à une nécessaire décentralisation. Le Conseil a souligné la nécessité d'approfondir la signification de ce discours et son importance pour le processus de réforme de la Curie. En février prochain une session spécifique y sera consacrée.

Le Conseil a ensuite repris son travail sur les deux nouveaux dicastères. Celui pour les laïcs, la famille et la vie, annoncé par le Pape durant le Synode (22 octobre), a fait l'objet d'une proposition détaillée par le Conseil, en vue d'une décision finale du Saint-Père. Celui pour la justice, la paix et les migrations a fait l'objet d'un nouvel examen, en vue de parvenir aux propositions finales à remettre également au Saint-Père.

Vendredi, le Conseil a entendu deux rapports sur la réforme de l'économie, par le Cardinal Marx, Président du Conseil pour l'économie, et par le Cardinal Pell, Préfet du Secrétariat pour l'économie, qui ont exposé leurs activités et les résultats obtenus. Entre autres choses, le Cardinal Marx parlé du choix du Réviseur externe (la société PricewaterhouseCoopers PwC), récemment annoncé. Le Cardinal Pell a informé sur la mise en place d'un groupe de travail pour réfléchir à l'avenir de l'économie du Saint-Siège et l'Etat de la Cité du Vatican, le statut et le contrôle global des dépenses et des recettes. A ce groupe, ont été appelés à participer, conjointement avec le Secrétariat, des représentants de la Secrétairerie d'Etat, du Gouvernorat, de l'APSA, de la Congrégation Propaganda Fide, du Secrétariat pour la communications et du IOR. Il vient d'entamer ses travaux par une première réunion. Le Conseil des Cardinaux a reconnu l'importance du travail effectué par le Conseil et le Secrétariat pour l'économie et a encouragé sa poursuite.

Le Cardinal O'Malley a présenté le travail de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et de ses groupes de travail, notamment sur le développement de programmes d'éducation et de formation, l'assistance aux Conférences épiscopales pour la rédaction de leurs lignes directrices.


Dans la matinée du samedi, le Conseil a établi le calendrier des prochaines réunions et l'ordre du jour indicatif de celle des 8 et 9 février prochains. Les suivante pour 2016 sont fixées aux 11 - 13 avril, 6 - 8 juin, 12 - 14 septembre et 12 - 14 décembre.

Audiences


Cité du Vatican, 14 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin Mgr.Christophe Pierre, Nonce apostolique au Mexique.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 12 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Vito Rallo, Nonce apostolique au Maroc.



vendredi 11 décembre 2015

Rescrit relatif au nouveau procès en nullité matrimoniale


Cité du Vatican, 11 décembre 2015 (VIS). Le 7 décembre le Saint-Père a signé le rescrit suivant, relatif à la mise en oeuvre et au respect de la nouvelle législation canonique en matière de nullité matrimoniale.

L'entrée en vigueur, en heureuse coïncidence avec l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde, des Motu Proprio Mitis Iudex Dominus Iesus et Mitis et Misericors Iesus (15 août dernier), destinés à mettre en œuvre la justice et la miséricorde quant à la vérité du lien des personnes en échec matrimonial, nécessite notamment l'harmonisation des nouvelles procédures avec les normes propres à la Rote Romaine, dans l'attente de leur réforme. Le récent Synode des évêques a fortement encouragé l'Eglise à se pencher sur ses enfants les plus fragiles, marqués par l'amour blessé et perdu, et auxquels il fayt redonner confiance et espérance. Les lois qui entrent en vigueur veulent montrer la proximité de l'Eglise envers les familles blessées, en souhaitant que ceux qui vivent le drame de l'échec conjugal bénéficient de l'action réparatrice du Christ par le biais des structures ecclésiastiques... En reconnaissant à la Rote, outre son Munus propre d'être l'appel ordinaire du Siège apostolique, son rôle de tutelle de l'unité de la jurisprudence et d'assistance à la formation permanente des agents pastoraux dans les tribunaux des Eglises locales, je décrète ce qui suit:

La réforme des procédures en matière matrimoniale abroge ou déroge toute loi ou norme qui lui serait contraire, qu'elle soit générale, particulière ou spéciale, même si elle aurait été approuvé spécifiquement, comme par exemple Qua Cura de Pie XI.

Dans les causes de nullités présentées au Tribunal de la Rote Romaine,
1.Le doute sera fixé selon l'ancienne formule: An constet de matrimonii nullitate, in casu.
2.Les décisions de la Rote en matière de nullité, sentences comme décrets, sont sans appel.
3.Si une des parties a contracté un nouveau mariage, à moins qu'il s'agisse d'une injustice manifeste de la décision, le recours à la Rote pour Nova causae propositio
n'est pas recevable.
4.Le Doyen de la Rote dispose du pouvoir de dispense pour grave défaut des critères du procès devant ce tribunal.
5.A la demande des Patriarches des Eglises orientales, la compétence sur les causes iurium liée aux causes matrimoniales soumises en appel à la Rote sont délégués aux tribunaux territoriaux.
6.La Rote Romaine juge les causes selon la gratuité évangélique, fournissant une défense ex officio, étant pour les fidèles aisés l'obligation morale de verser des honoraires en faveur de plus pauvres.


Puissent les fidèles, les plus touchés et les plus malheureux, considérer l'Eglise, nouvelle Jérusalem, comme paix de la justice et gloire de la piété, et d'y être accueillis de nouveaux à bras ouverts. 

Eclaircissements du Doyen de la Rote


Cité du Vatican, 11 novembre 2015 (VIS). Le Doyen du Tribunal de la Rote Romaine, Mgr.Pio Vito Pinto, a commenté dans la note reproduite (à publier cet après-midi dans L'Osservatore Romano) le Rescrit du Pape François:

A l'ouverture du Synode ordinaire, le Cardinal Erdö avait souligné l'un des principaux objectifs de ces assises. Le Rapporteur général avait en fait déclaré que si, en vertu du sacrement de mariage, la famille chrétienne devient un bien pour l'Eglise, son insertion dans le tissu de l'Eglise lui est bénéfique puisque aidée spirituellement par la communauté...à maintenir le mariage et à discerner obligations respectives comme manquements. Il était clair pour les pères du Synode comment la réalité et de la mission de l'Eglise sont définies par Jésus-Christ. L'Eglise, qui n'est pas composée de parfaits, est une communauté de fidèles qui se reconnaissent pécheurs et ont besoin de la conversion, point de force de l'ecclésiologie du Pape François. Le Synode a dit que le grand nombre de fidèles blessés par l'échec de leur mariage, et qui ont du mal à adhérer ou pratiquer la foi...ne sont pas un fardeau mais une opportunité pour l'Eglise... Une fois réconciliés et guéris, ils deviendront de vrais missionnaires de la beauté du sacrement du mariage et de la famille chrétienne.

Le rescrit du Saint-Père sur le processus de réforme introduite par le double Motu Proprio montre clairement que la réforme juridique est parfaitement cohérente avec la vision ecclésiologique de son pontificat, comme il l'a lui-même clairement démontré dans ses actes des dernières semaines... Dans l'homélie de la messe d'ouverture de l'année jubilaire, il a indiqué la pleine réalisation du concile Vatican II: Une vraie rencontre entre l'Eglise et les hommes de notre temps, une rencontre marquée par la puissance de l'Esprit qui a poussé son Eglise à sortir du marasme où elle était depuis longtemps enfermé, et à relever avec enthousiasme le voyage missionnaire... C'est sur cette base ecclésiologique que repose le rescrit papal qui publié aujourd'hui pour garantir l'interprétation des deux nouveaux Motu Proprio... Dans le premier, parce que toute loi de portée historique, en l'occurrence la réforme du procès en nullité matrimoniale, rencontre une résistance compréhensible, le Pape a voulu souligner, comme il l'avait fait Jean-Paul II lors de la promulgation du code de droit canonique de 1983, que la loi promulguée exige le respect. Le rescrit d'aujourd'hui...obéit à la loi suprême qu'est le salut des âmes, dont le Successeur de Pierre est le premier maître et serviteur. La deuxième partie du Rescrit se rapporte spécifiquement à la Rote Romaine, qui a toujours défendu le principe de sagesse dans ses décisions judiciaires... C'est un retour à la formule du doute spécifique, par exemple l'exclusion des enfants, qui manifeste...la préoccupation pour la justice à la double sacralité: Tout d'abord la défense de la vérité intrinsèque du lien de mariage, ensuite le droit du fidèle de recevoir de l'Eglise la libre déclaration de vérité sollicitée.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 11 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Rutilio del Riego Jánez à l'office d'Auxiliaire de l'Evêque de San Bernardino (USA).

Nommé Mgr.Rolf Steinhäuser, Auxiliaire de l'Archevêque de Cologne (Allemagne). L'Evêque élu, né en 1952 à Köln (Cologne, Allemagne) et ordonné prêtre en 1977, était jusqu'ici Directeur de la maison pour exercices spirituels Edith Stein et Responsable diocésain pour la nouvelle évangélisation. Il a occupé diverses responsabilités diocésaines, a été curé de paroisse et doyen de secteur, chanoine métropolitain.

Confirmé l'érection de l'éparchie ukrainienne de Kamyanets - Podilskyi (Ukraine), avec territoire démembré de celui de l'archi-éparchie de Ternopil - Zboriv (Ukraine), dont elle devient suffragante.


jeudi 10 décembre 2015

Conseil des Cardinaux


Cité du Vatican, 10 décembre 2015 (VIS). Ce matin s'est ouverte en présence du Saint-Père la XIX réunion du Conseil des Cardinaux. Ses sessions s'achèveront samedi 12 décembre.



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