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samedi 20 mars 2010

LETTRE PASTORALE AUX CATHOLIQUES D'IRLANDE


CITE DU VATICAN, 20 MAR 2010 (VIS). Voici le texte (original anglais) de la Lettre de Benoît XVI aux catholiques irlandais, rendue publique ce matin:

  "1. Chers frères et sœurs de l'Eglise en Irlande, c'est avec une profonde préoccupation que je vous écris en tant que Pasteur de l'Eglise universelle. Comme vous, j'ai été profondément bouleversé par les nouvelles apparues concernant l'abus d'enfants et de jeunes vulnérables par des membres de l'Eglise en Irlande, en particulier par des prêtres et des religieux. Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d'entre vous ont ressenti en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l'Eglise en Irlande les ont affrontés. Comme vous le savez, j'ai récemment invité les évêques irlandais à une rencontre ici, à Rome, pour rendre compte de la façon dont ils ont affronté ces questions par le passé et indiquer les mesures qu'ils ont prises pour répondre à cette grave situation. Avec certains prélats de la Curie Romaine, j'ai écouté ce qu'ils avaient à dire, tant individuellement qu'en groupe, tandis qu'ils présentaient une analyse des erreurs commises et des leçons apprises, et une description des programmes et des protocoles aujourd'hui mis en place. Nos réflexions ont été franches et constructives. Je nourris l'espoir que, par conséquent, les évêques se trouvent à présent dans une position plus forte pour accomplir le devoir de réparer les injustices du passé et pour affronter les thèmes plus vastes liés à l'abus des mineurs selon des modalités conformes aux exigences de la justice et aux enseignements de l'Evangile".

  "2. Pour ma part, compte tenu de la gravité de ces fautes, et de la réponse souvent inadéquate qui leur a été réservée de la part des autorités ecclésiastiques dans votre pays, j'ai décidé d'écrire cette Lettre pastorale pour vous exprimer ma proximité et vous proposer un chemin de guérison, de renouveau et de réparation. En réalité, comme de nombreuses personnes dans votre pays l'ont observé, le problème de l'abus des mineurs n'est pas propre à l'Irlande, ni à l'Eglise. Toutefois, le devoir qui se présente désormais à vous est celui d'affronter le problème des abus qui ont lieu au sein de la communauté catholique irlandaise et de le faire avec courage et détermination. Personne ne peut imaginer que cette situation douloureuse sera résolue dans de brefs délais. Des progrès positifs ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire. La persévérance et la prière sont nécessaires, ainsi qu'une grande confiance dans la force de guérison de la grâce de Dieu. Dans le même temps, je dois également exprimer ma conviction que, pour se reprendre de cette blessure douloureuse, l'Eglise qui est en Irlande doit en premier lieu reconnaître devant le Seigneur et devant les autres, les graves péchés commis contre des enfants sans défense. Une telle reconnaissance, accompagnée par une douleur sincère pour les préjudices portés à ces victimes et à leurs familles, doit conduire à un effort concerté afin d'assurer la protection des enfants contre de tels crimes à l'avenir. Tandis que vous affrontez les défis de ce moment, je vous demande de vous rappeler du rocher d'où l'on vous a taillés (Isaïe). Réfléchissez aux contributions généreuses, souvent héroïques, offertes à l'Eglise et à l'humanité tout entière par les générations passées d'hommes et de femmes irlandais, et faites en sorte que cela constitue un élan pour un examen de conscience honnête et un programme de renouveau ecclésial et personnel convaincu. Je forme la prière que, assistée par l'intercession de ses nombreux saints et purifiée par la pénitence, l'Eglise en Irlande surmontera la crise présente et redeviendra un témoin convaincu de la vérité et de la bonté de Dieu tout-puissant, manifestées dans son Fils Jésus-Christ".

  "3. Tout au long de l'histoire, les catholiques d'Irlande se sont révélés une immense force de bien tant dans leur patrie qu'à l'étranger. Des moines celtes comme saint Colomban, diffusèrent l'Evangile en Europe occidentale en jetant les fondements de la culture monastique médiévale. Les idéaux de sainteté, de charité et de sagesse transcendante découlant de la foi chrétienne, ont trouvé une expression dans la construction d'églises et de monastères et dans l'institution d'écoles, de bibliothèques et d'hôpitaux qui contribuèrent à renforcer l'identité spirituelle de l'Europe. Ces missionnaires irlandais ont tiré leur force et leur inspiration de la foi ferme, de la direction solide et des comportements moraux justes de l'Eglise dans leur terre natale. A partir du XVIe siècle, les catholiques d'Irlande ont subi une longue période de persécution, au cours de laquelle ils ont lutté pour maintenir vivante la flamme de la foi dans des circonstances dangereuses et difficiles. Saint Oliver Plunkett, l'archevêque martyr d'Armagh, est l'exemple le plus célèbre d'une multitude de fils et de filles courageux d'Irlande, prêts à donner leur vie pour la fidélité à l'Evangile. Après l'Emancipation catholique, l'Eglise fut libre de croître à nouveau. Des familles et d'innombrables personnes qui avaient préservé leur foi au cours de la période de l'épreuve, devinrent le moteur d'une grande renaissance du catholicisme irlandais au XIXe siècle. L'Eglise offrit l'éducation, en particulier aux pauvres, et cela devait apporter une contribution importante à la société irlandaise. Parmi les fruits des nouvelles écoles catholiques, figura une croissance des vocations: des générations de prêtres, de religieuses et de frères missionnaires quittèrent leur patrie pour servir sur chaque continent, en particulier dans le monde anglophone. Ils furent admirables non seulement en raison de leur grand nombre, mais également en raison de la force de leur foi et de la solidité de leur engagement pastoral. De nombreux diocèses, en particulier en Afrique, en Amérique et en Australie, ont bénéficié de la présence de clergé et de religieux irlandais qui prêchèrent l'Evangile et fondèrent des paroisses, des écoles et des universités, des cliniques et des hôpitaux, qui servirent tant les catholiques, que la société en général, avec une attention particulière pour les besoins des pauvres. Dans presque toutes les familles d'Irlande, il y a eu quelqu'un -un fils ou une fille, une tante ou un oncle- qui a donné sa vie à l'Eglise. Les familles irlandaises nourrissent à juste titre une grande estime et une grande affection pour leurs proches qui ont consacré leur vie au Christ, en partageant le don de la foi avec d'autres et en mettant en pratique cette foi dans le service généreux de Dieu et du prochain".

  "4. Au cours des dernières décennies, toutefois, l'Eglise dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l'adhésion traditionnelle des personnes à l'égard de l'enseignement et des valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées. Au cours de cette période, apparut également la tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, d'adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l'Evangile. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, visant à éviter les approches pénales à l'égard de situations canoniques irrégulières. C'est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l'abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l'affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l'Eglise et pour ses enseignements. Ce n'est qu'en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu'il est possible d'entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer: des procédures inadéquates pour déterminer l'aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d'autres figures d'autorité, ainsi qu'une préoccupation déplacée pour la réputation de l'Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont assombri la lumière de l'Evangile à un degré tel que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre".

  "5. En plusieurs occasions depuis mon élection au Siège de Pierre, j'ai rencontré des victimes d'abus sexuels, de même que je suis disposé à le faire à l'avenir. Je me suis arrêté pour parler avec eux, j'ai écouté leurs récits, j'ai pris acte de leur souffrance, j'ai prié avec eux et pour eux. Auparavant, au cours de mon pontificat, soucieux d'affronter ce thème, j'avais demandé aux évêques d'Irlande, à l'occasion de leur visite Ad Limina de 2006, d'établir la vérité sur ce qui est arrivé par le passé, de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l'avenir, d'assurer que les principes de justice soient pleinement respectés et, surtout, de soutenir les victimes et tous ceux qui sont victimes de ces crimes monstrueux (28 octobre 2006). Avec cette Lettre, mon intention est de vous exhorter tous, en tant que peuple de Dieu qui est en Irlande, à réfléchir sur les blessures infligées au Corps du Christ, sur les remèdes, parfois douloureux, nécessaires pour les panser et les guérir, et sur le besoin d'unité, de charité et d'aide réciproque dans le long processus de reprise et de renouveau ecclésial. Je m'adresse à présent à vous avec des paroles qui me viennent du cœur, et je désire parler à chacun de vous individuellement et à vous tous en tant que frères et sœurs dans le Seigneur".

  "6. Aux victimes d'abus et à leurs familles: Vous avez terriblement souffert et j'en suis vraiment désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez supporté. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d'entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l'expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d'entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir ressenti qu'il n'y avait pas moyen d'échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l'Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous. Dans le même temps, je vous demande de ne pas perdre l'espérance. C'est dans la communion de l'Eglise que nous rencontrons la personne de Jésus Christ, lui-même victime de l'injustice et du péché. Comme vous, il porte encore les blessures de sa souffrance injuste. Il comprend la profondeur de votre peine et la persistance de son effet dans vos vies et dans vos relations avec les autres, y compris vos relations avec l'Eglise. Je sais que certains d'entre vous trouvent également difficile d'entrer dans une église après ce qui s'est passé. Toutefois, les blessures mêmes du Christ, transformées par ses souffrances rédemptrices, sont les instruments grâce auxquels le pouvoir du mal s'est brisé et nous renaissons à la vie et à l'espérance. Je crois fermement dans le pouvoir de guérison de son amour sacrificiel -également dans les situations les plus sombres et sans espérance- qui apporte la libération et la promesse d'un nouveau début. En m'adressant à vous comme pasteur, préoccupé par le bien de tous les fils de Dieu, je vous demande avec humilité de réfléchir sur ce que je vous ai dit. Je prie afin que, en vous approchant du Christ et en participant à la vie de son Eglise -une Eglise purifiée par la pénitence et renouvelée dans la charité pastorale- vous puissiez parvenir à redécouvrir l'amour infini du Christ pour chacun de vous. Je suis confiant dans le fait que, de cette manière, vous serez capables de trouver la réconciliation, une guérison intérieure profonde et la paix".

  "7. Aux prêtres et aux religieux qui ont abusé des enfants: Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l'estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d'entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l'Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l'Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse. Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu".

  "8. Aux parents: Vous avez été profondément bouleversés en apprenant les choses terribles qui eurent lieu dans ce qui aurait dû être le milieu le plus sûr de tous. Dans le monde d'aujourd'hui, il n'est pas facile de construire un foyer domestique et d'éduquer les enfants. Ils méritent de grandir dans un milieu protégé, aimés et désirés, avec un profond sens de leur identité et de leur valeur. Ils ont le droit d'être éduqués aux valeurs morales authentiques, enracinés dans la dignité de la personne humaine, à être inspirés par la vérité de notre foi catholique et à apprendre des manières de se comporter et d'agir qui les conduisent à une saine estime de soi et au bonheur durable. C'est à vous, leurs parents, qu'est confié en premier lieu ce devoir noble et exigeant. Je vous exhorte à accomplir votre part pour assurer le meilleur soin possible des enfants, que ce soit à la maison ou dans la société en général, alors que l'Eglise, pour sa part, continue à mettre en œuvre les mesures adoptées ces dernières années pour protéger les jeunes dans les milieux paroissiaux et éducatifs. Alors que vous exercez vos importantes responsabilités, soyez certains que je suis proche de vous et que je vous assure du soutien de ma prière".

  "9. Aux enfants et aux jeunes d'Irlande: Je désire vous offrir une parole particulière d'encouragement. Votre expérience d'Eglise est très différente de celle de vos parents et de vos grands-parents. Le monde a beaucoup changé depuis qu'ils avaient votre âge. Malgré cela, tous, à chaque génération, sont appelés à parcourir le même chemin de vie; quelles que puissent être les circonstances. Nous sommes tous scandalisés par les péchés et les échecs de certains membres de l'Eglise, en particulier de ceux qui furent choisis de manière particulière pour guider et servir les jeunes. Mais c'est dans l'Eglise que vous trouverez Jésus-Christ qui est le même hier, aujourd'hui et à jamais. Il vous aime et c'est pour cela qu'il s'est offert lui-même sur la Croix. Recherchez une relation personnelle avec lui dans la communion de son Eglise, car il ne trahira jamais votre confiance! Lui seul peut satisfaire vos attentes les plus profondes et donner à vos vies leur signification la plus pleine, en les orientant au service des autres. Gardez les yeux fixés sur Jésus et sur sa bonté et protégez dans votre cœur la flamme de la foi. Avec vos frères catholiques en Irlande, je me tourne vers vous pour que vous soyez de fidèles disciples de notre Dieu et que vous contribuiez, avec votre enthousiasme et votre idéalisme si nécessaires, à la reconstruction et au renouveau de notre Eglise bien-aimée".

  "10. Aux prêtres et aux religieux d'Irlande: Nous souffrons tous à la suite des péchés de nos confrères qui ont trahi une consigne sacrée ou qui n'ont pas affronté de la manière juste et responsable les accusations d'abus. Face à l'outrage et à l'indignation que cela a provoqué, non seulement parmi les laïcs mais également parmi vous et vos communautés religieuses, un grand nombre d'entre vous se sentent personnellement découragés et même abandonnés. En outre, je suis conscient qu'aux yeux de certains vous apparaissez coupables par association, et que vous êtes vus comme si vous étiez en quelque sorte responsables des méfaits d'autres personnes. En ce temps de souffrance, je veux rendre acte du dévouement de votre vie de prêtres et de religieux et de vos apostolats, et je vous invite à réaffirmer votre foi en Christ, votre amour envers son Eglise et votre confiance dans la promesse de rédemption, de pardon et de renouveau intérieur de l'Evangile. De cette manière, vous démontrerez à tous que, là où le péché abonde, la grâce surabonde. Je sais qu'un grand nombre d'entre vous sont déçus, déconcertés et fâchés pour la manière dont ces questions ont été affrontées par certains de vos supérieurs. Malgré cela, il est essentiel que vous collaboriez de près avec ceux qui représentent l'autorité et que vous vous prodiguiez pour faire en sorte que les mesures adoptées pour répondre à la crise soient vraiment évangéliques, justes et efficaces. Je vous exhorte en particulier à devenir de manière toujours plus claire des hommes et des femmes de prière, en suivant avec courage la voie de la conversion, de la purification et de la réconciliation. De cette manière, l'Eglise en Irlande tirera une nouvelle vie et vitalité de votre témoignage au pouvoir rédempteur du Seigneur rendu visible dans votre vie".

  "11. A mes frères évêques: On ne peut pas nier que certains d'entre vous et de vos prédécesseurs ont manqué, parfois gravement, dans l'application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d'abus sur les enfants. De graves erreurs furent commises en traitant les accusations. Je comprends combien il était difficile de saisir l'étendue et la complexité du problème, d'obtenir des informations fiables et de prendre des décisions justes à la lumière de conseils divergents d'experts. Malgré cela, il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu. Tout cela a sérieusement miné votre crédibilité et efficacité. J'apprécie les efforts que vous avez accomplis pour porter remède aux erreurs du passé et pour assurer qu'elles ne se répètent pas. Outre à mettre pleinement en œuvre les normes du droit canonique en affrontant les cas d'abus sur les enfants, continuez à coopérer avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence. Les supérieurs religieux doivent clairement en faire tout autant. Ils ont, eux aussi, participé aux rencontre récentes, ici à Rome, pour établir une approche claire et cohérente de ces questions. Il est nécessaire que les normes de l'Eglise en Irlande pour la protection des enfants soient constamment revues et mises à jour et qu'elles soient appliquées de manière totale et impartiale, conformément au droit canonique. Seule une action ferme menée de l'avant de manière pleinement honnête et transparente pourra rétablir le respect et l'affection des Irlandais envers l'Eglise, à laquelle nous avons consacré notre vie. Cela doit naître, avant tout, de l'examen de vos propres personnes, de la purification intérieure et du renouveau spirituel. La population irlandaise attend à juste titre que vous soyez des homme de Dieu, que vous soyez saints, que vous viviez avec simplicité, que vous recherchiez chaque jour la conversion personnelle. Pour elle, selon l'expression de saint Augustin, vous êtes des évêques, et pourtant avec eux vous êtes appelés à être des disciples du Christ. Je vous exhorte donc à renouveler votre sens des responsabilités devant Dieu, à croître dans la solidarité avec votre peuple et à approfondir votre sollicitude pastorale pour tous les membres de votre troupeau. Soyez en particulier sensibles à la vie spirituelle et morale de chacun de vos prêtres. Soyez un exemple à travers vos vies elles-mêmes, soyez proches d'eux, écoutez leurs préoccupations, offrez-leur votre encouragement en ce moment de difficulté et nourrissez la flamme de leur amour pour le Christ et leur engagement dans le service à leurs frères et sœurs. Les laïcs doivent eux aussi être encouragés à jouer leur rôle dans la vie de l'Eglise. Faites en sorte qu'ils soient formés de telle manière qu'ils puissent rendre raison, de manière articulée et convaincante, de l'Evangile dans la société moderne, et qu'ils coopèrent plus pleinement à la vie et à la mission de l'Eglise. Cela vous aidera également à recommencer à être des guides et des témoins crédibles de la vérité rédemptrice du Christ".

  "12. A tous les fidèles d'Irlande: L'expérience qu'un jeune fait de l'Eglise devrait toujours porter du fruit dans une rencontre personnelle et vivifiante avec Jésus-Christ dans une communauté qui aime et qui offre une nourriture. Dans ce domaine, les jeunes doivent être encouragés à croître jusqu'à leur pleine stature humaine et spirituelle, à aspirer aux idéaux élevés de sainteté, de charité et de vérité et à tirer inspiration des richesses d'une grande tradition religieuse et culturelle. Dans notre société toujours plus sécularisée, dans laquelle nous aussi chrétiens nous trouvons difficile de parler de la dimension transcendante de notre existence, nous avons besoin de trouver de nouveaux chemins pour transmettre aux jeunes la beauté et la richesse de l'amitié avec Jésus-Christ dans la communion de son Eglise. En affrontant la crise présente, les mesures pour faire face de manière juste aux crimes individuels sont essentielles, toutefois elles ne sont pas suffisantes à elles seules: il y a besoin d'une nouvelle vision pour inspirer la génération présente et les générations futures à tirer profit du don de notre foi commune. En marchant sur la voie indiquée par l'Evangile, en observant les commandements et en conformant votre vie de manière toujours plus proche à la personne de Jésus-Christ, vous ferez l'expérience du renouveau profond dont il y a aujourd'hui un besoin si urgent. Je vous invite tous à persévérer le long de ce chemin".

  "13. Chers frères et sœurs dans le Christ, c'est avec une profonde préoccupation envers vous tous en ce temps de douleur, dans lequel la fragilité de la condition humaine a été aussi clairement révélée, que j'ai souhaité vous offrir ces paroles d'encouragement et de soutien. J'espère que vous les accueillerez comme une signe de ma proximité spirituelle et de ma confiance dans votre capacité à répondre aux défis du temps présent en tirant une inspiration renouvelée et une force des nobles traditions de l'Irlande de fidélité à l'Evangile, de persévérance dans la foi et de fermeté dans le recherche de la sainteté. Avec vous tous, je prie avec insistance qu'avec la grâce de Dieu, les blessures qui ont frappé un grand nombre de personnes et de familles puissent être guéries et que l'Eglise qui est en Irlande puisse faire l'expérience d'une saison de renaissance et de renouveau spirituel".

14. Desidero proporvi alcune iniziative concrete per affrontare la situazione.
Al termine del mio incontro con i vescovi dell'Irlanda, ho chiesto che la quaresima di quest'anno sia considerata tempo di preghiera per una effusione della misericordia di Dio e dei doni di santità e di forza dello Spirito Santo sulla Chiesa nel vostro Paese. Invito ora voi tutti a dedicare le vostre penitenze del venerdì, per un intero anno, da ora fino alla Pasqua del 2011, per questa finalità. Vi chiedo di offrire il vostro digiuno, la vostra preghiera, la vostra lettura della Sacra Scrittura e le vostre opere di misericordia per ottenere la grazia della guarigione e del rinnovamento per la Chiesa in Irlanda. Vi incoraggio a riscoprire il sacramento della Riconciliazione e ad avvalervi con maggiore frequenza della forza trasformatrice della sua grazia.

Particolare attenzione dovrà anche essere riservata all'adorazione eucaristica, e in ogni diocesi vi dovranno essere chiese o cappelle specificamente riservate a questo fine. Chiedo che le parrocchie, i seminari, le case religiose e i monasteri organizzino tempi per l'adorazione eucaristica, in modo che tutti abbiano la possibilità di prendervi parte. Con la preghiera fervorosa di fronte alla reale presenza del Signore, potete compiere la riparazione per i peccati di abuso che hanno recato tanto danno, e al tempo stesso implorare la grazia di una rinnovata forza e di un più profondo senso della missione da parte di tutti i vescovi, i sacerdoti, i religiosi e i fedeli.

Sono fiducioso che questo programma porterà ad una rinascita della Chiesa in Irlanda nella pienezza della verità stessa di Dio, poiché è la verità che ci rende liberi (cfr Gv 8, 32).
Inoltre, dopo essermi consultato e aver pregato sulla questione, intendo indire una Visita Apostolica in alcune diocesi dell'Irlanda, come pure in seminari e congregazioni religiose. La Visita si propone di aiutare la Chiesa locale nel suo cammino di rinnovamento e sarà stabilita in cooperazione con i competenti uffici della Curia Romana e la Conferenza Episcopale Irlandese. I particolari saranno resi noti a suo tempo.

Propongo inoltre che si tenga una Missione a livello nazionale per tutti i vescovi, i sacerdoti e i religiosi. Nutro la speranza che, attingendo dalla competenza di esperti predicatori e organizzatori di ritiri sia dall'Irlanda che da altrove, e riesaminando i documenti conciliari, i riti liturgici dell'ordinazione e della professione e i recenti insegnamenti pontifici, giungiate ad un più profondo apprezzamento delle vostre rispettive vocazioni, in modo da riscoprire le radici della vostra fede in Gesù Cristo e da bere abbondantemente dalle sorgenti dell'acqua viva che egli vi offre attraverso la sua Chiesa.

In questo Anno dedicato ai Sacerdoti, vi do in consegna in modo del tutto particolare la figura di San Giovanni Maria Vianney, che ebbe una così ricca comprensione del mistero del sacerdozio. "Il sacerdote, scrisse, ha la chiave dei tesori del cielo: è lui che apre la porta, è lui il dispensiere del buon Dio, l'amministratore dei suoi beni". Il Curato d'Ars ben comprese quanto grandemente benedetta è una comunità quando è servita da un sacerdote buono e santo: "Un buon pastore, un pastore secondo il cuore di Dio, è il tesoro più grande che il buon Dio può dare ad una parrocchia e uno dei doni più preziosi della divina misericordia". Per intercessione di San Giovanni Maria Vianney possa il sacerdozio in Irlanda riprendere vita e possa l'intera Chiesa in Irlanda crescere nella stima del grande dono del ministero sacerdotale.

Colgo questa opportunità per ringraziare fin d'ora tutti coloro che saranno coinvolti nell'impegno di organizzare la Visita Apostolica e la Missione, come pure i molti uomini e donne che in tutta l'Irlanda stanno già adoperandosi per la tutela dei ragazzi negli ambienti ecclesiali. Fin da quando la gravità e l'estensione del problema degli abusi sessuali dei ragazzi in istituzioni cattoliche incominciò ad essere pienamente compreso, la Chiesa ha compiuto una grande mole di lavoro in molte parti del mondo, al fine di affrontarlo e di porvi rimedio. Mentre non si deve risparmiare alcuno sforzo per migliorare ed aggiornare procedure già esistenti, mi incoraggia il fatto che le prassi vigenti di tutela, fatte proprie dalle Chiese locali, sono considerate, in alcune parti del mondo, un modello da seguire per altre istituzioni.

Desidero concludere questa Lettera con una speciale Preghiera per la Chiesa in Irlanda, che vi invio con la cura che un padre ha per i suoi figli e con l'affetto di un cristiano come voi, scandalizzato e ferito per quanto è accaduto nella nostra amata Chiesa. Mentre utilizzerete questa preghiera nelle vostre famiglie, parrocchie e comunità, possa la Beata Vergine Maria proteggervi e guidarvi lungo la via che conduce ad una più stretta unione con il suo Figlio, crocifisso e risorto. Con grande affetto e ferma fiducia nelle promesse di Dio, di cuore imparto a tutti voi la mia Benedizione Apostolica come pegno di forza e pace nel Signore.

Dal Vaticano, 19 marzo 2010, Solennità di San Giuseppe
BXVI-LETTRE PASTORALE/IRLANDE                                       VIS 20100320 (4830)

RESUME DE LA LETTRE AUX IRLANDAIS


CITE DU VATICAN, 20 MAR 2010 (VIS). Voici le résumé de la Lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques irlandais, dans laquelle il exprime "sa consternation face aux abus sexuels commis sur mineurs par des membres du clergé, et expose la manière dont la question a été traitée part les évêques et les supérieurs religieux. Le Pape, qui demande que cette lettre soit l'objet d'une grande attention, exprime sa solidarité priante à toute la communauté catholique et encourage un processus de guérison, de réparation et de renouveau".

  "Le Saint-Père demande aux fidèles de ne pas oublier de quel rocher ils ont été tirés, en particulier de la place importante des missionnaires irlandais dans la civilisation européenne et dans la diffusion du christianisme dans les divers continents. La foi a fait face ces derniers temps en Irlande à de nouveaux défis dus à un rapide changement social et au déclin de la pratique traditionnelle des sacrements et de la dévotion. C'est dans ce contexte que l'Eglise doit régler la question des abus sexuels. Il y a de nombreux facteurs ayant favorisé le phénomène: une insuffisante formation morale et spirituelle dans les séminaires et noviciats, une tendance sociale à surévaluer le prêtre comme figure de l'autre, une préoccupation abusive à protéger la réputation de l'Eglise des scandales, jusqu'à la non application des peines canoniques nécessaires. L'examen attentif de tout ce qui a porté à l'actuelle crise permet d'identifier les causes et d'avancer les mesures à prendre".

  "Lors de leur visite Ad Limina de 2006, le Pape avait encouragé les évêques irlandais à faire la lumière sur ce qui s'était produit et à prendre toutes les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise pas, à s'assurer que la justice soit entièrement faite, et surtout à assiste les victimes et tous ceux qui sont frappés par des crimes abominables. Parallèlement, j'ai désiré rencontrer plusieurs fois des victimes, entendre leurs témoignages, prier avec elles et pour elles. Je suis prêt à le refaire. En février dernier, j'ai appelé à Rome les évêques d'Irlande pour examiner ensemble les mesures prises, notamment les procédures de protection des mineurs dans le milieu ecclésial et les dispositions relatives à la juste dénonciation des cas. Dans la présente lettre, il s'adresse aux différentes composantes de la communauté catholique face à la situation".

  "S'adressant d'abord aux victimes, il prend acte de la trahison dont ils ont souffert de leurs et se désole de ce qu'ils ont subit. Il constate que dans la plupart des cas personne n'a été disposé à écouter ceux qui avaient eu le courage de parler; mais aussi que dans les internats les victimes n'avaient aucun moyen d'échapper à leur sort. Reconnaissant combien il est pour beaucoup difficile de pardonner et de se réconcilier avec l'Eglise, il exhorte les victimes à ne pas perdre l'espérance. Ayant été victime, Jésus comprend la profondeur de leur souffrance et le poids dont elle grève leur vie et leurs relations. Transformées en souffrance rédemptrice, les blessures du Christ sont devenues les armes avec lesquelles le pouvoir du mal est anéanti pour que nous renaissions. Le Saint-Père encourage aussi les victimes à rencontrer Jésus-Christ dans l'Eglise et à y trouver la paix et la réconciliation dans son amour infini pour chacun de nous".

  "Aux prêtres et religieux coupables de ces péchés et crimes, le Saint-Père rappelle qu'ils en répondront devant Dieu comme devant les tribunaux compétents. Ils ont trahi une confiance sacrée, jeté honte et déshonneur sur leurs confrères. Le mal causé dépasse celui infligé à leurs victimes car il touche à la perception du sacerdoce et de la vie religieuse. S'ils doivent se soumettre à la justice, ils ne doivent pas désespérer de la miséricorde divine, offerte aux plus grands des pécheurs qui se repentent humblement et demandent pardon".

  "Il encourage alors les parents dans leur mission éducative, à aimer et respecter leurs enfants, à leur enseigner l'amour propre. Ils ont la première responsabilité d'éduquer aux enfants et aux jeunes une morale essentielle à une société civile. Puis il invite les enfants et les jeunes à rencontrer le Christ au sein de l'Eglise sans se laisser freiner par les défaillances de quelques prêtres et religieux. Il compte sur eux pour le renouveau de l'Eglise et encourage également le clergé à ne pas se décourager mais au contraire à redoubler d'efforts apostoliques en harmonie avec leurs supérieurs, afin de redynamiser la communauté catholique irlandaise".

  "S'adressant aux évêques, Benoît XVI souligne les graves erreurs de jugement commises, l'échec de nombre d'entre-eux à ne pas avoir correctement appliqué les règles canoniques face aux abus dénoncés. Même s'il est souvent difficile de savoir comment traiter des situations complexes, de graves erreurs ont été commises qui leur ont fait perdre leur crédibilité. Il encourage l'épiscopat irlandais à poursuivre ses efforts pour corriger le passé et faire en sorte que de telles erreurs ne se reproduisent pas, en appliquant pleinement le droit canonique et en coopérant avec les autorités civiles compétentes. Les évêques sont invités à la sainteté et à l'exemplarité, mais aussi à encourager leurs prêtres à assumer pleinement leur part dans la vie et la mission de l'Eglise".

  "Enfin, le Pape propose des initiatives de relance de l'Eglise d'Irlande. Que tous offrent, durant un an, leurs pénitences du vendredi en réparation des crimes commis, qu'on recourre plus fréquemment à la confession et à l'adoration eucharistique. Il annonce la visite apostolique pour certains diocèses, séminaires et congrégations, une implication majeure de la Curie Romaine, une mission nationale. En cette Année sacerdotale, il rappelle la figure exemplaire du Curé d'Ars, qu'il propose aux prêtres comme intercesseur pour la revitalisation du ministère sacerdotal en Irlande. Remerciant tous ceux qui oeuvrent pour résoudre la crise, Benoît XVI propose à l'Eglise d'Irlande une prière à l'usage de tous les fidèles, destinée à invoquer la grâce de la guérison et du renouveau".
OP/RESUME LETTRE IRLANDE                                 VIS 20100320 (980)

jeudi 18 mars 2010

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 18 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a:

-Nommé Mgr.Franceso Panfilo, SDB, Coadjuteur de l'Archevêque de Rabaul (Papouasie-Nouvelle Guinée). Il était jusqu'ici Evêque de Alotau-Sideia (Papouasie-Nouvelle Guinée).

-Nommé l'Abbé Jacques Benoit-Gonnin, Evêque de Beauvais (superficie: 5.855, population: 784.087, catholiques: 698.000, prêtres: 153, diacres: 22, religieux: 243), en France. L'Evêque élu, né en 1952 à Thoiry  (France) et ordonné prêtre en 1985, était jusqu'ici Curé de la paroisse de la Ste.Trinité à Paris (France).

-Nommé le P.Ralph Heskett, CSSR, Evêque de Gibraltar (superficie: 6, population: 27.497, catholiques: 21.470, prêtres: 14, religieux: 10), à Gibraltar/GB. L'Evêque élu, né en 1953 à Sunderland (GB), a prononcé ses voeux religieux en 1971 et a été ordonné prêtre en 1976. Jusqu'ici Délégué aux vocations pour la province rédemptoriste de Grande-Bretagne, il succède à Mgr.Charles Caruana, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

-Accepté la renonciation pour limite d'âge de Mgr.Faustin Ngabu  à la charge pastorale du diocèse de Goma (République démocratique du Congo), auquel succède son Coadjuteur, Mgr.Théophile Kaboy Ruboneka.
NER:RE/.../....                                                  VIS 20100318 (180)

AUDIENCES


CITE DU VATICAN, 18 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu en audiences séparées:

-Mgr.Augustine Kasujja; Nonce apostolique au Nigeria.

-Cinq prélats de la Conférence épiscopale du Burkina Faso et Niger en visite Ad Limina (Burkina Faso):

    -Mgr.Philippe Ouédraogo, Archevêque de Ouagadougou, accompagné de son prédécesseur, Mgr.Jean-Marie Untaani Compaoré.

    -Mgr.Justin Kientega, Evêque d'Ouahigouya.

    -Mgr.Judes Bicaba, Evêque de Dédougou.

    -Mgr.Der Raphaël Dabiré Kusiélé, Evêque de Diébougou.
AP:AL/.../...                                               VIS 20100318 (70)

REPENSER LA FINANCE MONDIALE


CITE DU VATICAN, 18 MAR 2010 (VIS). Le Pape a reçu ce midi l'Union des industriels et entrepreneurs de Rome, devant lesquels il est revenu sur la crise qui, "au-delà de mettre à rude épreuve le système économique et productif des pays, doit être mise à profit pour revoir les modèles de développement et penser une réorganisation de la finance mondiale. Le moment est venu d'une restructuration en profondeur".

  Benoît XVI a rappelé que sa récente encyclique Caritas in Veritate place la personne au centre de l'économie et de la finance, et propose "que la politique ne soit pas subordonnée aux mécanismes financiers: "J'ai suggéré cette réforme et la création d'un ordre juridique et politique international adapté à la structure globale de l'économie et de la finance afin de mieux adhérer aux justes besoins de l'humanité. A la suite de mes prédécesseurs, j'ai redit que l'accroissement du chômage, des jeunes surtout, l'appauvrissement de nombre de catégories sociales actives et l'émergence de nouvelles formes d'esclavage exigent que l'objectif prioritaire soit un emploi digne pour chacun".

  Pour maintenir son entreprise sur le marché, a poursuivi le Saint-Père, la maintenir comme communauté de personnes produisant biens et services, et non comme simple outil de profit, l'entrepreneur est contraint à faire bien des sacrifices. "Il est important d'éradiquer l'individualisme et le matérialisme qui tendent à négliger les investissements de l'économie réelle au profit des investissements de capitaux sur les marchés financiers, en vue de gagner de l'argent plus facilement et plus vite. Je tiens à rappeler que le meilleur moyen de combattre le déclin du système de l'entreprise sur son territoire est la mise en réseau avec d'autres réalités sociales, l'investissement sur la recherche et l'innovation, le respect de la concurrence, des devoirs sociaux et d'une production utile et de qualité".

  Puis le Pape a rappelé le caractère vital de l'entreprise comme producteur de richesse sociale: "Si les entrepreneurs sont inspirés par une vision positive de l'avenir, ils préfèrent investir à long terme plutôt que la spéculation, promouvoir l'innovation plutôt qu'être fixés sur l'accumulation de la richesse pour elle même. L'entrepreneur attentif au bien général doit envisager son activité dans un cadre pluraliste. Une attitude qui, par le biais de l'engagement personnel et économiquement solidaire, génère des choix constructifs et un marché compétitif et juste, appliqués dans un esprit de service". Pour conclure il a affirmé que "le développement, quelque soit son champ d'application humaine, implique aussi une ouverture au transcendantal, à la dimension spirituelle de la vie, à la confiance en Dieu, en l'amour et la fraternité, en l'accueil, la justice et la paix".
AC/ENTREPRISE:EMPLOI/...                                     VIS 20100318 (440) 

mercredi 17 mars 2010

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 15 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-L'Abbé Valdemir Ferreira dos Santos, Evêque de Floriano (superficie: 60.930, population: 193.111, catholiques: 173.299, prêtres: 29, religieux: 51), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1960 à Itajaí de Nova Canaa (Brésil) et ordonné prêtre en 1987, était jusqu'ici Vicaire épiscopal du diocèse de Vitória de Conquista (Brésil). Il succède à Mgr.Augusto Alves de Rocha (Brésil), dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

-Mgr.Milan Sasik, CM, Evêque de Mukachevo (Ukraine), éparchie de rite byzantin dont il était jusqu'ici l'Administrateur apostolique (superficie: 12.000. population 1.272.000, catholiques: 371.000, prêtres: 232, religieux: 91).
NER:RE/.../FERREIRA:ALVES:SASIK VIS 20100317 (120)

AUDIENCES

CITE DU VATICAN, 17 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu en audience le Cardinal José T.Sánchez.
AP/.../... VIS 20100317 (20)

COMMISSION POUR MEDJUGORJE

CITE DU VATICAN, 17 MAR 2010 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège annonce la "constitution d'une commission d'enquête sur Medjugorje dans le cadre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle sera présidée par le Cardinal Camillo Ruini et comprendra Cardinaux, évêques et experts, qui travailleront sous le sceau du secret en remettant leur travail à ce dicastère".
OP/COMMISSION MEDJUGORJE/RUINI VIS 20100317 (70)

DISTINCTION POUR LE PAPE

CITE DU VATICAN, 17 MAR 2010 (VIS). A la fin de l'audience générale, le Saint-Père a reçu le diplôme de citoyen d'honneur de Romano Canavese, la commune natale du Cardinal Secrétaire d'Etat, visitée en juillet dernier. Rappelant la longue histoire de foi de la localité piémontaise, du martyr de saint Solutor à nos jours, Benoît XVI a renouvelé son invitation à "conserver et cultiver les bonnes traditions de cette culture enracinée dans l'Evangile, à témoigner avec toujours plus de ferveur de la foi dans le Ressuscité, à défendre la famille, à pratiquer la solidarité...de ne jamais perdre confiance en Dieu, lequel n'abandonne jamais ses fils et demeure au côté de qui recherche le bien, la paix et la justice".
AG/DISTINCTION/ROMANO CANAVESE VIS 20100317 (130)

LETTRE AUX CATHOLIQUES IRLANDAIS


CITE DU VATICAN, 17 MAR 2010 (VIS). Après la catéchèse, le Pape a salué les différents groupes et en particulier les irlandais, qui fêtent aujourd'hui leur patron saint Patrick: "En Irlande, l'Eglise a été secouée par la douloureuse question des abus sur mineurs. Pour manifester ma profonde préoccupation j'ai rédigé une lettre pastorale à ce propos, que je signerai en la solennité de saint Joseph, gardien de la Ste.Famille et patron de l'Eglise universelle. J'espère que cette lettre, bientôt diffusée, sera utile au processus de repentance, de résolution et de relance".
AG/LETTRE/IRLANDE                                     VIS 20100317 (100)

DEUX MAITRES DE LA THEOLOGIE


CITE DU VATICAN, 17 MAR 2010 (VIS). Lors de l'audience générale tenue Place St.Pierre, Benoît XVI a repris sa catéchèse sur saint Bonaventure, confrontant sa théologie à celle de son contemporain Thomas d'Aquin: "Tous deux ont exploré les mystères de la Révélation en utilisant les ressources de la raison humaine, dans un fécond dialogue entre foi et raison caractéristique du Moyen Age chrétien, période de grande vivacité intellectuelle et de renouveau ecclésial". Le franciscain Bonaventure et le dominicain Thomas appartenaient à des ordres mendiants dont la fraîcheur  spirituelle...raviva l'Eglise du XIII siècle en lui attirant de nombreux fidèles... Ces deux docteurs se posèrent la question de savoir si la théologie était une science pratique ou spéculative". Pour saint Thomas la théologie englobe l'aspect théorique, la recherche de la connaissance de Dieu, et l'aspect pratique dans la recherche d'une application du bien au mode de vie. Mais il y a un primat de la connaissance sur l'action, qui est fondamental pour se forger une conduite".

  Saint Bonaventure "élargit le dialogue entre connaissance et action en y ajoutant une dimension sapientiale, affirmant que la sagesse embrasse les deux aspects. La sagesse recherche la contemplation comme la forme la plus haute de la connaissance avec pour intention première...de devenir bons". Pour lui le primat de l'amour est déterminant. Mais Thomas et Bonaventure définissent diversement la finalité ultime de l'homme, sa parfaite félicité. Pour le premier il s'agit de voir Dieu en qui toutes les questions trouvent leur réponse. La félicité suffit. Tandis que pour Bonaventure il s'agit d'aimer Dieu, "de le trouver en unissant notre amour au sien... Ainsi pourrait-on dire que le vrai constitue la catégorie supérieure pour saint Thomas, qui est le bien pour Bonaventure. Il n'y a pas de contradiction entre ces deux réponses... Ces acceptations ont formé des traditions distinctes qui ont démontré la fécondité de la foi et la diversité de ses expressions".

  Puis le Pape a souligné l'influence qu'a exercé sur Bonaventure le Pseudo Denys, un théologien syrien du VI siècle: "Alors que pour saint Augustin l'Intellectus, le voir grâce à la raison et au coeur, constitue la catégorie suprême de la connaissance", pour le Pseudo Denys "la montée vers Dieu peut porter à l'aveuglement de la raison. Mais dans la nuit de l'Intellectus l'amour continue de voir, alors même que c'est impossible à la raison... Et c'est justement dans cette nuit obscure de la croix que se manifeste toute la grandeur de l'amour divin. Là où la raison ne voit plus, l'amour voit encore... Tout ceci n'est pas anti-intellectuel ni anti-rationnel, mais suppose un cheminement de la raison transcendée par l'amour du Christ crucifié". Saint Bonaventure a été à l'origine d'un grand courant mystique, "un sommet dans l'histoire de l'esprit humain... Notre vie toute entière est pour lui un cheminement...une montée vers Dieu. Or, avec nos seules forces, il est impossible de l'élever vers Dieu. Lui seul peut nous aider à monter vers lui".
AG/BONAVENTURE:THOMAS/...                                 VIS 20100317 (500)

mardi 16 mars 2010

JOURNEE MONDIALE DE LA JEUNESSE


CITE DU VATICAN, 16 MAR 2010 (VIS). Voici des extraits du Message de Benoît XVI pour la prochaine Journée mondiale de la jeunesse (28 mars, dimanche des rameaux), dont le titre est tiré de l'Evangile de Marc: "Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?":

  "Cette XXV Journée représente une étape vers la prochaine Rencontre mondiale des jeunes, qui aura lieu en août 2011 à Madrid, où j'espère que vous serez nombreux à vivre cet événement de grâce. Pour nous préparer à cette célébration, je voudrais vous proposer quelques réflexions sur le thème..., tiré de l'épisode évangélique de la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche, déjà été traité en 1985 par Jean-Paul II... Ce récit exprime d'une manière probante la grande attention de Jésus envers les jeunes...et montre combien son désir est grand de vous rencontrer personnellement et d'ouvrir un dialogue avec chacun de vous".

  "Dans le récit évangélique, saint Marc souligne que Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. C'est dans le regard du Seigneur que réside le cœur de cette rencontre très particulière et de toute l'expérience chrétienne. Le christianisme, en effet, n'est pas d'abord une morale, mais une expérience de Jésus-Christ, qui nous aime personnellement, jeunes ou vieux, pauvres ou riches. Il nous aime même quand nous lui tournons le dos... Savoir que le Père nous a toujours aimés en son Fils, que le Christ aime chacun en tout temps, écrivait Jean-Paul II, devient un solide point d'appui pour toute notre existence humaine... Il nous permet de surmonter toutes les épreuves, la découverte de nos péchés, la souffrance, le découragement".

  "Le jeune homme riche demanda à Jésus: Que dois-je faire? La période de la vie où vous vous trouvez est un temps de découverte : celle des dons que Dieu vous a accordés et de vos responsabilités. C'est également l'heure des choix fondamentaux pour construire votre projet de vie. C'est donc le moment de vous interroger sur le sens authentique de l'existence et de vous demander: Suis-je satisfait de ma vie? Quelque chose me manque-t-il?... N'ayez pas peur d'affronter ces questions. Loin de vous accabler, elles traduisent les grandes aspirations, qui sont présentes dans votre cœur. Par conséquent, il faut les écouter. Elles attendent des réponses non superficielles, mais capables de satisfaire vos authentiques attentes de vie et de bonheur. Pour découvrir le projet de vie qui peut vous rendre pleinement heureux, mettez-vous à l'écoute de Dieu, qui a son dessein d'amour sur chacun de vous".

  "La vocation chrétienne jaillit d'une proposition d'amour du Seigneur et ne peut se réaliser que grâce à une réponse d'amour... A l'exemple de nombreux disciples du Christ, vous aussi, chers amis, accueillez avec joie l'invitation à le suivre, pour vivre intensément et avec fécondité en ce monde... La tristesse du jeune homme riche de l'Evangile est celle qui naît dans le cœur de chacun quand on n'a pas le courage de suivre le Christ, d'accomplir le bon choix. Mais il n'est jamais trop tard pour lui répondre!".

  "En cette Année sacerdotale, je voudrais exhorter les jeunes et les adolescents à être attentifs au fait de savoir si le Seigneur les invite à un don plus grand, sur la voie du Sacerdoce ministériel, et à se rendre disponibles pour accueillir avec générosité et enthousiasme ce signe de prédilection particulière, en entreprenant avec un prêtre, avec leur directeur spirituel, un nécessaire chemin de discernement. N'ayez pas peur, chers jeunes gens et chères jeunes filles, si le Seigneur vous appelle, par ailleurs, à la vie religieuse, monastique, missionnaire ou de consécration spéciale. Il sait donner la joie profonde à ceux qui répondent avec courage. En outre, j'invite ceux qui ressentent la vocation au mariage à l'accueillir avec foi, en s'engageant à jeter des bases solides pour vivre un grand amour, fidèle et ouvert au don de la vie, qui est richesse et grâce pour la société et pour l'Eglise".

  "S'interroger sur l'avenir définitif qui attend chacun de nous donne un sens plénier à l'existence, car cela oriente le projet de vie vers des horizons ni limités ni passagers, mais immenses et profonds. Ces horizons nous portent à aimer le monde, tant aimé de Dieu, à nous consacrer à son développement, toujours avec la liberté et la joie qui naissent de la foi et de l'espérance. Ce sont des horizons qui aident à ne pas absolutiser les réalités terrestres, en sentant que Dieu nous prépare une perspective plus grande... Chers jeunes, je vous exhorte à ne pas oublier cette perspective dans votre projet de vie : nous sommes appelés à l'éternité".

  "A vous aussi, Jésus vous demande si vous connaissez les commandements, si vous vous souciez de former votre conscience selon la loi divine et si vous les mettez en pratique. Certes, il s'agit de questions à contre-courant par rapport à la mentalité actuelle, qui propose une liberté déliée des valeurs, des règles, des normes objectives et qui invite à réfuter tout ce qui limite les désirs du moment... Dieu nous donne les commandements parce qu'il veut nous former à la vraie liberté, parce qu'il veut construire avec nous un Royaume d'amour, de justice et de paix. Les écouter et les mettre en pratique ne signifie pas s'aliéner, mais trouver le chemin de la liberté et de l'amour authentiques, car les commandements ne limitent pas le bonheur, ils indiquent comment le trouver".

  "Ceux qui vivent aujourd'hui dans la condition de la jeunesse doivent affronter de nombreux problèmes provenant du chômage, du manque de références et d'idéaux certains, ainsi que de perspectives concrètes pour l'avenir... En dépit des difficultés, ne vous laissez pas décourager et ne renoncez pas à vos rêves!... Dans ma récente encyclique sur le développement intégral, Caritas in Veritate, j'ai dressé la liste de quelques grands défis qui sont urgents et essentiels pour la vie de ce monde : l'utilisation des ressources de la terre et le respect de l'écologie, la juste répartition des biens et le contrôle des mécanismes financiers, la solidarité avec les pays pauvres dans le cadre de la famille humaine, la lutte contre la faim dans le monde, la promotion de la dignité du travail humain, le service en faveur de la culture de la vie, la construction de la paix entre les peuples, le dialogue interreligieux, le bon usage des moyens de communication sociale. Ce sont des défis auxquels vous êtes appelés à répondre pour édifier un monde plus juste et fraternel. Ce sont des défis qui requièrent un projet de vie exigeant et passionnant, dans lequel investir toute votre richesse selon le dessein que Dieu a sur chacun de vous".

  "En cette Année sacerdotale, je vous invite à connaître la vie des saints, en particulier celle des saints prêtres. Vous verrez que Dieu les a guidés et qu'ils ont trouvé leur route jour après jour, précisément dans la foi, dans l'espérance et dans l'amour. Le Christ appelle chacun de vous à s'engager avec lui et à assumer ses responsabilités pour bâtir la civilisation de l'amour".
MESS/JOURNEE JEUNESSE/...                                               VIS 20100316 (1180)

lundi 15 mars 2010

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 15 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-Mgr.Zelimir Puljic, Archevêque de Zadar (superficie: 3.1009, population: 164.840, catholiques: 158.985, prêtres: 118, religieux: 184), en Croatie. Il était jusqu'ici Evêque de Dubrovnik (Croatie).

-L'Abbé Stanislav Lipovsek, Evêque de Celje (superficie: 1.711, population: 291.300, catholiques: 238.800, prêtres:  136, diacres: 2, religieux: 62), en Slovénie. L'Evêque élu, né en 1943 à Vojnik (Slovénie) et ordonné prêtre en 1968, était jusqu'ici Curé de la cathédrale de ce même diocèse.

-Le P.Vicente Bokalic Iglic, CM, Auxiliaire de l'Archevêque de Buenos Aires (argentine). L'Evêque élu, né en 1952 à Lanús (Argentine), a prononcé ses voeux religieux en 1976 et a été ordonné prêtre en 1978.

  Samedi dernier, 13 mars, il avait:

-Accepté la renonciation de Mgr.Ramón José Viloria Pinzón à la charge pastorale du diocèse de Puerto Cabello (Venezuela), présentée en conformité au canon 401,2 du CIC.

-Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Paul John Marx, MSC, à la charge pastorale du diocèse de Kerema (Papouasie-Nouvelle Guinée). Lui succède son Coadjuteur, Mgr.Patrick Tawal, MSC.

-Nommé Mgr.Ricardo Blázquez Pérez, Archevêque métropolitain de Valladolid (superficie: 8.172, population: 521.661, catholiques: 466.412, prêtres:  462, diacres: 9, religieux: 1.659), en Espagne. Il était jusqu'ici Evêque de Bilbao (Espagne).

-Mgr.Eugene Martin Nugent, Nonce apostolique à Maurice et aux Seychelles.

-Le Cardinal Claudio Hummes, OFM, Préfet de la Congrégation pour le clergé, son Envoyé spécial au XVI Congrès eucharistique du Brésil (Brasilia,13 - 16 mai).
NER:NEA:RE:NN:NA/.../...                                                   VIS 20100315 (250)

AUDIENCES


CITE DU VATICAN, 15 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu en audiences séparées:

-Le Cardinal Angelo Bagnasco, Archevêque de Gênes et Président de la Conférence épiscopale italienne.

-SB le Cardinal Lubomyr Husar, Archevêque majeur de Kiev des Ukrainiens (Ukraine).

-Mgr.Mieczyslaw Mokrzycki, Archevêque de Lviv des Latins (Ukraine).
 
-Quatre prélats de la Conférence épiscopale du Burkina Faso et Niger en visite Ad Limina (Burkina Faso):

    -Mgr.Anselme Titianma Sanon, Archevêque de Bobo-Dioulasso.

    -Mgr.Basile Tapsoba Evêque de Koudougou.

    -Mgr.Wenceslas Compaoré, Evêque de Manga.

    -Mgr.Lucas Kalfa Sanou, Evêque de Banfora.

  Samedi dernier, 13 mars, il avait successivement reçu:

-Quatre prélats de la Conférence épiscopale soudanaise en visite Ad Limina:

    -Le Cardinal Gabriel Zubeir Wako, Archevêque de Khartoum, accompagné de son Auxiliaire, Mgr.Daniel Marco Kur Awok.

    -Mgr.Macram Max Gassis, Evêque de El Obeid, accompagné de Mgr.Antonio Menegazzo, Administrateur "sede plena et ad nutum Sanctae Sedis.

-Le Cardinal Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, SDB, Archevêque de Tegucigalpa (Honduras).
AP:AL/.../...                                             VIS 20100315 (150)

VISITE A LA COMMUNAUTE LUTHERIENNE


CITE DU VATICAN, 14 MAR 2010 (VIS). Cet après-midi, Benoît XVI s'est rendu à l'église de la communauté luthérienne évangélique de Rome, fondée en 1922, où il a été accueilli par le Pasteur Jens-Martin Kruse. Jean-Paul II s'y était rendu en décembre 1983 pour le cinquième centenaire de la naissance de Luther. Le choeur, composé de fidèles luthériens et de séminaristes catholiques allemands ont entonné le Jubilate Deo de Mozart. Cette communauté de 350 fidèles est en majorité composée d'allemands.

  Après le Pasteur, le Pape ont prononcé une homélie improvisée, et Benoît XVI a tenu à "rendre grâce de pouvoir chanter ensemble ce dimanche, d'écouter ensemble la Parole et de nous écouter sous les yeux du Christ, témoignant ainsi de son unicité... On entend tant de reproches sur l'absence de nouvelles avancées oecuméniques, mais nous pouvons et devons dire que de nombreux éléments d'unité ont été atteints. Certes, on ne peut se contenter des résultats récents, on ne peut pas encore boire au même calice, ni monter ensemble à l'autel... On peut le regretter mais l'unité ne peut venir des seuls hommes. Nous devons nous recommander au Seigneur car lui seul peut nous donner l'unité. Mettons en lui nos attentes car il nous conduit à l'unité".

  Faisant écho au Pasteur Kruse, le Saint-Père a souligné que le premier point de rencontre entre luthériens et catholiques réside "dans la joie et dans l'espérance vécue ensemble, dans l'attente d'une unité plus profonde". Le Pape a offert à la communauté une reproduction de la mosaïque de la confession de la Basilique vaticane représentant un Christ en buste.
BXVI-VISITE EGLISE LUTHERIENS/...                             VIS 20100315 (280)

DIEU, PERE MISERICORDIEUX

CITE DU VATICAN, 14 MAR 2010 (VIS). A midi, Benoît XVI a récité l'angélus avec les personnes réunies Place St.Pierre. Avant la prière mariale, il a commenté l'Evangile du jour, la parabole du fils prodigue racontée par saint Luc, récit qui constitue un "sommet de spiritualité et de littérature de tous les temps. Effectivement, que seraient notre culture, l'art et plus généralement notre civilisation sans cette révélation d'un Dieu, Père plein de miséricorde?", a dit le Pape soulignant ensuite que "après que Jésus nous a parlé du Père miséricordieux, les choses ne sont plus comme avant, maintenant que nous connaissons Dieu... Ainsi notre relation avec Lui se construit à travers une histoire, de la même façon que ce qui arrive à chaque enfant avec ses parents: au début, il dépend d'eux; ensuite, il revendique sa propre autonomie; enfin, si les choses vont bien, il arrive à une relation mure, basée sur la reconnaissance et sur l'amour authentique".

  Ces étapes, a observé le Saint-Père, peuvent être vues comme les différents moments du cheminement de l'homme dans son rapport avec Dieu, où l'on peut trouver une phase comme l'enfance c'est-à-dire "une religion mue par la nécessité, par la dépendance". Puis, à mesure que l'homme grandit, il veut "se dégager de cette soumission" et "être capable de se débrouiller tout seul et de faire ses choix de façon autonome, pensant parfois même qu'il peut se détacher de Dieu". C'est une phase délicate, a commenté le Saint-Père, "qui peut mener à l'athéisme mais qui cache aussi souvent l'exigence de découvrir le vrai visage de Dieu. Par chance pour nous, Dieu ne manque jamais à sa fidélité, et même si nous nous éloignons et nous perdons, il continue à nous suivre avec son amour en pardonnant nos fautes et en parlant intérieurement à nos consciences pour nous rappeler à lui... C'est seulement en faisant l'expérience du pardon, en nous sentant aimés d'un amour gratuit plus grand que notre misère mais aussi que notre justice -a conclu Benoît XVI- que nous entrons finalement dans un rapport vraiment filial et libre avec Dieu".
ANG/MISERICORDE DIVINE/...                            VIS 20100315 (360)

VACANCES A CASTELGANFOLFO


CITE DU VATICAN, 13 MAR 2010 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège fait savoir que le Saint-Père résiderait tout l'été à Castelgandolfo. "Appréciant les invitations à passer quelques semaines en montagne comme les années précédentes, et remerciant les évêques qui s'en sont fait les porteurs, le Pape préfère passer une période estivale de repos et d'étude sans autres déplacements".
OP/VACANCES/...                                           VIS 20100315 (70)

RECONCILIATION ET PARDON


CITE DU VATICAN, 13 MAR 2010 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu les évêques de la Conférence épiscopale soudanaise au terme de leur visite Ad Limina. Il a souligné que "leur fidélité au Seigneur et les fruits de leur travail face à nombre de difficultés et de souffrances rendent un témoignage éloquent du pouvoir de la Croix qui resplendit face à nos problèmes et nos limites humaines".

  "Je sais combien vous et les fidèles de votre pays souhaitez la paix -a-t-il poursuivi- et avec combien de patience vous travaillez à son rétablissement. Ancrés dans votre foi et dans votre espérance au Christ, Prince de la Paix, vous trouverez toujours dans l'Evangile les principes nécessaires à vos prédications et enseignements, à vos jugements et actions... Inspirés par ces principes et vous faisant écho des justes aspirations de toute la communauté catholique, vous avez manifesté à l'unisson le refus "d'un retour à la guerre" appelant au rétablissement de la paix dans tous les milieux de la vie nationale", a rappelé le Pape tout en ajoutant que pour que la paix soit profondément enracinée, il faut s'efforcer de "faire disparaître les facteurs de conflits, surtout la corruption, les tensions ethniques, l'indifférence et l'égoïsme". Il a aussi ajouté que ces initiatives ne seront fructueuses que si elles sont basées "sur l'intégrité, le sens de la fraternité universelle et les vertus de justice, responsabilité et charité".

  Il a ensuite invité les évêques à s'inspirer de la récente assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques, prêchant "la réconciliation et le pardon". "Les conséquences de la violence peuvent mettre des années à être réparées -a-t-il ajouté- mais le changement des cœurs qui est la condition indispensable à une paix juste et durable doit être implorée dès aujourd'hui comme un don de la grâce de Dieu... Vous vous efforcez, tels des hérauts de l'Evangile, d'inculquer à votre peuple et à la société, le sens de la responsabilité avec les générations actuelles et futures, en encourageant au pardon, à l'acceptation mutuelle et au respect des engagements pris. Vous avez aussi contribué au progrès des droits fondamentaux de l'homme à travers la loi et avez sollicité l'application d'un modèle intégral de développement économique et humain. J'apprécie tout ce que fait l'Eglise dans votre pays pour aider les pauvres à vivre avec dignité et respect, pour leur trouver un travail à long terme et pour les rendre capable d'apporter leur contribution à la société".

  Benoît XVI a ensuite évoqué les rapports des évêques avec leurs prêtres en insistant sur le fait qu'ils doivent être "les premiers maîtres et témoins de notre communion dans la foi et dans l'amour du Christ", et en les encourageant à "partager les initiatives, écouter leurs collaborateurs et aider les prêtres, religieux et fidèles à s'accepter mutuellement, comme des frères et sœurs, sans distinction de race ou de groupe ethnique, dans un échange généreux de leurs dons". Le Saint-Père a enfin remercié les évêques pour "leurs efforts en vue de maintenir de bonnes relations avec les adeptes de l'islam. "Tout comme vous encouragez la coopération dans des initiatives concrètes, je vous exhorte à souligner les valeurs que les chrétiens partagent avec les musulmans comme base de dialogue de la vie, premier pas essentiel vers une vraie compréhension et un respect interreligieux. Les personnes qui appartiennent aux religions traditionnelles doivent faire preuve d'une même ouverture et d'un même amour".
AL/.../SOUDAN                                    VIS 20100313 (570)

AUDIENCE AU PREMIER MINISTRE CROATE


CITE DU VATICAN, 13 MAR 2010 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège a publié ce midi le communiqué suivant:

  "Ce matin, le Saint-Père a reçu Mme Jadranka Kosor, Premier Ministre croate, qui a ensuite rencontré le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat, accompagné de Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les Rapports avec les Etats. Un fructueux échange d'opinions est ressorti de ces entretiens cordiaux, sur des thèmes d'actualité internationale et sur la situation dans la région. L'échange a porté en particulier sur la situation de la communauté croate en Bosnie Herzégovine, puisqu'elle constitue un des trois peuples de ce pays. La volonté commune de poursuivre un dialogue constructif sur des sujets communs à l'Eglise et à l'Etat croate a été réaffirmée. Enfin, certaines thématiques concernant le cheminement de la Croatie vers une pleine intégration dans l'Union européenne ont été examinées ".
OP/.../PREMIER MINISTRE CROATIE                        VIS 20100315 (130)

samedi 13 mars 2010

SUR LES "DELICTA GRAVIORA"

CITE DU VATICAN, 13 MAR 2010 (VIS). Voici l'interview accordée ce matin au journal italien L'Avvenire par Mgr.Charles J.Scicluna, Promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il est le Ministère public du tribunal de la congrégation en charge d'enquêter sur les Delicta Graviora, les crimes que l'Eglise considère comme les plus graves, ceux commis contre l'Eucharistie ou le secret de la confession, ou bien des viols sur mineurs de la part du clergé:

  "Le Motu Proprio de 2001 (Sacramentorum Sanctitatis Tutela) en a réservé la compétence à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ainsi son promoteur de justice doit-il traiter la terrible question des prêtres accusés d'actes pédophiles, qui fait périodiquement la première page des journaux. Il s'agit d'une personne très scrupuleuse et qui a la réputation de ne pas se laisser influencer.

  Question: Monseigneur Scicluna, vous avez une réputation de dur, et pourtant l'Eglise est systématiquement accusée d'être accommodante envers les prêtres pédophiles.

  Dans le passé, par une mauvaise interprétation de la défense de la réputation de l'institution, des évêques peuvent avoir fait preuve indulgents face à ces tristes affaires. Il l'ont été dans la pratique car au niveau des principes la condamnation des ces crimes a toujours été ferme et sans équivoque. Pour ce qui est du siècle dernier, il suffit de citer l'instruction Crimen Sollicitationis de 1922...

  Question: Mais ne s'agissait-il pas de 1962?

  Si la première édition de ces mesures remonte à Pie XI, le St.Office en fit une nouvelle version sous Jean XXIII, destinée aux Pères conciliaires. Mais les 2.000 copies ne suffisaient pas et la distribution fut renvoyée sine die. Quoiqu'il en soit, il s'agissait de normes à suivre en cas de révélations faites en confession de crimes plus graves et de type sexuel, comme les viols sur mineurs...
   
  Question: Ces normes recommandaient le secret.

  Une mauvaise traduction anglaise du texte a fait penser que le Saint-Siège imposait le secret pour occulter les faits, mais il n'en était pas ainsi. Le secret de l'instruction servait à protéger la réputation des personnes impliquées, les victimes comme aussi les prêtres accusés, qui ont eux aussi droit à la présomption d'innocence. L'Eglise n'aime pas la justice spectacle. Les normes relatives aux abus sexuels n'ont jamais été entendues comme une interdiction de leur dénonciation à la justice civile.

  Question: Ceci dit, ce document est souvent cité pour accuser le Pape actuel d'avoir été, comme Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le responsable d'une politique d'occultement des faits de la part du Saint-Siège...

  Cette accusation est sans fondement, et même calomnieuse. Quelques faits. Entre 1975 et 1985 aucune signalisation de cas de pédophilie cléricale n'est parvenu à la congrégation. Après la promulgation du Code canonique de 1983, il y a eu une période d'incertitude sur les Delicta Graviora qui devaient être de notre compétence. C'est seulement avec le Motu Proprio de 2001 que le crime pédophile est redevenu de notre exclusive compétence, et à partir de là le Cardinal Ratzinger a géré avec fermeté ces affaires. Il a en outre fait preuve de courage dans le traitement de cas extrêmement délicats. Accuser le Pape actuel d'avoir occulté la question est pure calomnie.

  Question: Que se passe-t-il lorsqu'un prêtre est accusé d'un Delictum Gravius?

  Si l'accusation est vraisemblable, son évêque est contraint d'enquêter tant sur l'objet de la démarche que sur  sa validité. Si l'enquête préliminaire confirme l'accusation, il n'a plus le pouvoir d'agir et doit transmettre le dossier au Bureau disciplinaire de notre congrégation.

  Question: Qui compose ce bureau?

  Etant un des supérieurs de la congrégation, j'en fait partie, avec un chef de bureau (P.Pedro Miguel Funes Diaz), sept autres ecclésiastiques et un pénaliste laïque en charge de ces questions. D'autres officials de la congrégation collaborent selon les exigences, notamment en matière linguistique.

  Question: Ce bureau a été accusé de peu fonctionner, et lentement...

  L'affirmer est injuste. En 2003 et 2004, il a eu une avalanche de cas soumis à notre examen, largement en provenance des Etats-Unis. Depuis, le phénomène s'est heureusement réduit et nous tentons de traiter les dossiers en temps réel.

  Question: Combien en avez-vous traité jusqu'ici?

  De 2001 à 2010 il s'est agi d'environ 3.000 accusations regardant des prêtres diocésains ou religieux, pour des crimes commis ces 50 dernières années.

  Question: Il s'agit donc de 3.000 cas de prêtres pédophiles?

  On ne peut pas dire ceci car, grosso modo, dans 60 % des cas on a affaire à des actes d' "éphébophilie", c'est-à-dire d'attraction physique pour des adolescents de même sexe. Dans 30 autres % il s'agit d'attirance hétérosexuelle, et pour les 10 derniers de véritable attraction physique envers des garçons impubères. En neuf ans, les cas de prêtres accusés de pédophilie sont donc environ 300. Trop certes, mais il faut constater que le phénomène n'est pas étendu comme on veut le faire croire.

Question: Combien de procès et de condamnation sur trois mille accusés?

  Tout d'abord, dans 20 % des cas le procès, pénal ou administratif, s'est déroulé sous notre supervision dans le diocèse de compétence. Très rarement il y a un procès au Vatican, ce qui permet aussi d'accélérer l'iter. Dans les 60 autres % , principalement à cause de l'âge avancé des accusés, on n'engage pas de procès mais des mesures disciplinaires sont prises à leur encontre, comme l'interdiction de célébrer la messe en public et de confesser, ou l'obligation de conduire une vie retirée et de pénitence. S'il y a eu dans cette catégorie des cas particulièrement médiatisés, il ne s'est absolument pas agi d'absolution. S'il n'y a pas eu de condamnation formelle, la réduction au silence et à l'obligation de prière a tout son sens.

  Question: Et les 20 derniers % ?

  On dira que pour la moitié, celle des cas particulièrement graves, agrémentés de preuves indubitables, le Pape a pris la douloureuse responsabilité de la réduction à l'état laïque. Il s'agit d'une mesure extrême mais inévitable. Pour l'autre moitié, ce sont les prêtres qui ont demandé à être relevé de leurs devoirs sacerdotaux. On compte parmi eux les prêtres trouvés en possession de matériel pédo-pornographique, condamnés pour ce délit par la justice civile.

  Question: D'où proviennent les 3.000 cas évoqués?

  Principalement des Etats-Unis qui, en 2003-2004 ont fourni environ 80 % des cas. En 2009 leur proportion est tombée à 25 % des 223 nouveaux dossiers en provenance du monde entier. En 2007-2009, la moyenne annuelle des cas signalés à notre congrégation a été de 250. Nombre de pays ne signalent qu'un ou deux cas, bien que s'accroisse le nombre des pays intéressés par un phénomène somme toute assez réduit. Rappelons qu'il y a 400.000 prêtres diocésains et religieux dans le monde, un nombre sans mesure par rapport à la perception que provoquent les cas exposés dans la presse.

  Question: Et en Italie?

  Jusqu'ici le problème ne semble pas revêtir de dimension dramatique, même si je suis préoccupé par une certaine culture du silence, encore trop diffuse. Par ailleurs, la Conférence épiscopale italienne assure une excellent service technico-juridique aux diocèses devant traiter ces affaires. On doit saluer l'engagement croissant des évêques à éclairer les cas qu'on leur signale.

  Question: Vous dites que les procès en règle ne sont que 20 % des 3.000 cas examinés ces neuf dernières années. Se sont-ils tous terminés par la condamnation des accusés?

  Si nombre des procès se sont conclus par une condamnation, dans certains cas le prêtre a été innocenté ou bien les accusations n'ont pu être suffisamment démontrées. Ceci dit, dans chaque cas, on évalue la culpabilité de l'accusé mais aussi sa capacité à remplir son ministère.

  Question: On accuse régulièrement la hiérarchie ecclésiastique de ne pas transmettre à la justice civile des cas de pédophilie du clergé qui lui sont signalés.

  Dans les pays de culture juridique anglo-saxonne , mais aussi en France, les évêques prennent généralement connaissance des crimes commis par leurs prêtres hors confession, ce qui les oblige à recourir à l'autorité judiciaire. C'est une situation grave car ces évêques sont comme un parent contraint à dénoncer son fils. Dans ces cas, nous recommandons de respecter la loi civile.

  Question: Et si l'évêque n'a pas cette obligation?

  Dans ces situations la congrégation n'oblige pas les évêques à dénoncer leurs prêtres, mais elle les encourage à inviter les victimes à dénoncer leur bourreaux. Nous encourageons les évêques à fournir à ces victimes toute l'assistance nécessaire, et pas strictement spirituelle. Dans le cas récent d'un prêtre condamné par un tribunal civil italien, c'est la congrégation qui a suggéré aux dénonciateurs réclamant une procédure canonique d'alerter la justice civile. Ceci dans l'intérêt des victimes et pour éviter de nouveaux actes délictueux.

  Question: La prescription est-elle prévue pour les Delicta Graviora?

  Vous touchez un point délicat. Avant 1889, le principe de la prescription pénale était étranger au droit de l'Eglise. C'est seulement avec le Motu Proprio de 2001 qu'on a introduit pour les crimes graves une prescription de dix ans. Pour les délits sexuels, la décennie commence au dix-huitième anniversaire de la victime.

  Question: Est-ce suffisant?

  La pratique a monté que ce terme décennal n'est pas adapté à ce type d'affaires. Il serait bon de retourner au système précédent fixant l'imprescriptibilité de ces Delicta Gravioa. Ceci dit, le 7 novembre 2002 Jean-Paul II a concédé à la Congrégation pour la doctrine de la foi une faculté de dérogation au cas par cas, à la demande motivé de l'évêque intéressé. Elle est généralement accordée".
CDF/DELICTA GRAVIORA/SCICLUNA                                   VIS 20100313 (1580)

NOTE DU DIRECTEUR DE LA SALLE-DE-PRESSE


CITE DU VATICAN, 13 MAR 2010 (VIS). Voici une note signée du P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, intitulée "marcher droit, y compris dans la tempête": "Je voudrais faire trois observations, à la fin d'une semaine où grand part de la presse européenne a point les réflecteurs sur la question des abus sexuels sur mineurs commis dans des institutions catholiques.

  La ligne adoptée par la Conférence épiscopale allemande s'est révélée juste pour affronter les divers aspects du problème. Les déclarations de son président, Mgr.Robert Zollitsch, après sa rencontre avec le Pape, ont confirmé les mesures prises lors de la récente assemblée des évêques: reconnaître la vérité, aider les victimes, renforcer la prévention, collaborer avec les autorités publiques et judiciaires. Hier Mgr.Zollitsch a réaffirmé l'opinion des experts selon lesquels la question du célibat ne doit en aucune manière être confondue avec celle de la pédophilie. Le Pape soutient la ligne de l'épiscopat allemand qui, au-delà des spécificités adaptées au contexte national- constitue un modèle, auquel pourraient s'inspirer d'autres conférences épiscopales face à la même problématique.

  L'importante interview accordée ce matin à L'Avvenire par le Promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi, détaille les normes canoniques fixées ces dernières années par l'Eglise pour juger les crimes commis sur mineurs par des ecclésiastiques. Il est absolument clair que ces normes n'ont pas été édictées en vue de couvrir ces affaires, pas plus qu'elles ne les ont pas favorisés. Au contraire, elles ont permis d'engager dans le contexte ecclésiastique une grande action de justice et de juste punition. Tout ceci a été mis au point et mis en oeuvre lorsque le Cardinal Ratzinger était Préfet de la congrégation, dont la ligne a toujours été rigoureuse et cohérente dans le traitement de ces affaires, notamment des plus difficiles.

  Pour sa part le diocèse de Munich a amplement répondu aux questions soulevées à propos d'un prêtre transféré de Essen à Munich sous l'épiscopat du Cardinal Ratzinger, qui s'est ensuite rendu coupable d'abus sexuels. Le communiqué de presse a montré que l'archevêque était totalement étranger aux décisions à la suite des quelles ces crimes ont été perpétrés. A l'évidence, on s'est acharné ces derniers jours, à Ratisbonne comme à Munich, à rechercher des éléments susceptibles de mettre en cause le Saint-Père dans ces affaires. Objectivement, ces tentatives ont échoué.

  Malgré la tempête, l'Eglise voit parfaitement la route à suivre, sous la conduite sûre et rigoureuse du Pape. Comme on l'a vu dans d'autres circonstances, il faut espérer que cette crise puisse finalement aider la société toute entière à mieux approcher la question de la protection et de la formation de l'enfance et de la jeunesse".
OP/ABUS/LOMBARDI                                     VIS 20100313 (460) 

vendredi 12 mars 2010

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 12 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Jean-Claude Boulanger, Evêque de Bayeux (superficie: 5.548, population: 647.933, catholiques: 460.110, prêtres: 236, diacres: 19, religieux: 617), en France. Jusqu'ici Evêque de Sées (France), il succède à Mgr.Pierre Pican, SDB, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.
NER:RE/.../BOULANGER:PICAN                                         VIS 20100312 (50)

AUDIENCES


CITE DU VATICAN, 12 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

-Quatre prélats de la Conférence épiscopale soudanaise en visite Ad Limina:

    -Mgr.Akio Johnson Mutek, Evêque de Torit, accompagné de son prédécesseur Mgr.Paride Taban.

    -Mgr.Rudolf Deng Majak, Evêque de Wau.

    -Mgr.Erkolano Lodu Tombe, Evêque de Yei.

-Mgr.Robert Zollitsch, Archevêque de Freiburg im Breisgau (Allemagne).

  En fin d'après-midi, il devrait recevoir le Cardenal William Joseph Levada, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

  Hier soir, il avait reçu le Cardinal Josef Cordes, Président du Conseil pontifical Cor Unum.
AL:AP/...                                                               VIS 20100312 (90)

ADHESION DES PRETRES AU CHRIST ET A L'EGLISE


CITE DU VATICAN, 12 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce midi les participants au Congrès théologique promu par la Congrégation pour le clergé qui se déroule les 11 et 12 mars à l'Université pontificale du Latran sur le thème: "Fidélité du Christ, fidélité du prêtre". Il leur a dit qu'aujourd'hui "il est important de reconnaître la particularité théologique du ministère ordonné pour ne pas céder à la tentation de le réduire aux catégories culturelles dominantes. Dans un contexte de sécularisation  généralisée qui exclut progressivement Dieu de la sphère publique et de la conscience sociale partagée, le prêtre est souvent perçu comme une personne étrangère... C'est pourquoi, il est important de dépasser les dangers du réductionnisme des dernières décennies, qui...ont présenté le prêtre comme un agent social, au risque de trahir le sacerdoce du Christ".

  "De même que l'herméneutique de la continuité est importante pour comprendre correctement les textes du Concile Vatican II, il faut une herméneutique que l'on pourrait appeler "de la continuité sacerdotale" qui, partant de Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, et traversant les deux mille ans d'histoire de la grandeur et de la sainteté, de la culture et de la piété, que le prêtre a écrit dans le monde, arrive jusqu'à aujourd'hui". Il "est particulièrement important que l'appel à participer à l'unique sacerdoce du Christ dans le ministère ordonné fleurisse dans le charisme de la prophétie: il y a  grand besoin de prêtres qui parlent de Dieu au monde et qui présentent Dieu au monde, des homes qui ne soient pas sujet à es modes culturelles éphémères, mais capables de vivre authentiquement cette liberté que seule la certitude de l'appartenance à Dieu est en mesure de donner... Aujourd'hui, la prophétie prioritaire est celle de la fidélité...qui porte à vivre le sacerdoce en totale adhésion au Christ et à l'Eglise".

  Après avoir souligné que le prêtre "doit être attentif à ne pas se laisser attirer par la mentalité dominante qui tend à dissocier la valeur du ministre de sa fonction et non à son existence", le Pape a jouté que "l'appartenance ontologique à Dieu constitue le cadre pour comprendre et réaffirmer encore aujourd'hui, la valeur sacrée du célibat qui est, dans l'Eglise latine, un charisme exigé par l'ordre sacré e que les Eglises orientales estiment beaucoup... c'est l'expression du don de soi à Dieu et aux autres. La vocation du prêtre est très grande et est toujours un grand mystère... Nos limites et nos faiblesses doivent nous encourager à vivre et à garder avec une foi profonde ce précieux don par lequel le Christ nous a identifié à lui, en nous rendant participants de sa mission salvifique. De fait, la compréhension du sacerdoce ministériel est unie à la foi et exige, chaque fois, avec plus de force, une continuité totale entre la formation au séminaire et la formation permanente".

  Le Saint-Père a conclu en disant que "les hommes et les femmes d'aujourd'hui nous demandent simplement d'être des prêtres à cent pour cent et rien de plus. Les fidèles laïcs trouveront chez tant d'autres ce dont ils ont besoin humainement, mais c'est seulement dans le prêtre qu'ils pourront trouver cette Parole de Dieu qui doit toujours être sur ses lèvres: la miséricorde du Père, abondante et gratuite, qui se transmet par le sacrement de la réconciliation, le pain de vie nouveau".
AC/SACERDOCE/...                                    VIS 20100312 (550)

jeudi 11 mars 2010

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 11 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-Mgr.Jorge Solórzano Pérez, Evêque de Granada (superficie: 7.453, population: 543.000, catholiques: 445.000, prêtres; 74, religieux: 191), au Nicaragua. Jusqu'ici Evêque de Matagalpa (Nicaragua), il succède à Mgr.Bernardo Hombach, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

-L'Abbé John Douglas Deshotel, Auxiliaire de l'Evêque de Dallas (USA). L'Evêque élu, né en 1952 à Kinder (USA) et ordonné prêtre en 1978, était jusqu'ici Vicaire général de ce même diocèse.

-Mgr.Mark Joseph Seitz, Auxiliaire de l'Evêque de Dallas (USA). L'Evêque élu, né en 1954 à Milwaukee (USA) et ordonné prêtre en 1980, était jusqu'ici Curé de la paroisse Ste.Rita de Dallas (USA).
NER:RE:NEA/.../...                                                           VIS 20100311 (130)

AUDIENCES


CITE DU VATICAN, 11 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu en audiences séparées:

-Le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

-Cinq prélats de la Conférence épiscopale soudanaise en visite Ad Limina:

    -Mgr.Paulino Lukudu Loro, MCCJ, Archevêque de Juba.

    -Mgr.Roko Taban Mousa, Administrateur apostolique "sede vacante et ad nutum Sanctae Sedis" du diocèse de Malakal, accompagné de l'Evêque émérite, Mgr.Vincent Mojwok Nyiker.

    -Mgr.Cesare Mazzolari, MCCJ,Evêque de Rumbek.

    -Mgr.Edward Hiiboro Kussala, Evêque de Tombura-Yambio.
AP:AL/.../...                                               VIS 20100311 (80)

DECES DU CHEIK TANTAWI


CITE DU VATICAN, 11 MAR 2010 (VIS). Le Pape a chargé le Secrétaire d'Etat de faire parvenir au Cheik Muhammad Abd al-Aziz Wasil, Gardien de Al-Azhar (Le Caire, Egypte), un télégramme de condoléances à l'occasion du décès subit du Grand Imam Muhammad Sayyed Tantawi, Recteur de Al-Azhar. Ce message s'adresse à sa famille et à sa communauté, que Benoît XVI assure de ses prières. Il y rappelle la grande distinction de ce dirigeant musulman, qui fut durant de longues années un soutien efficace du dialogue entre musulmans et catholiques. Le Cardinal Bertone se joint au Saint-Père, et rappelle avec gratitude l'élan donné par le défunt aux rencontres entre le Comité permanent de Al-Azhar et son homologue, le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux.  
MESS/DECES CHEIK TANTAWI/BERTONE                         VIS 20100311 (280)

PENITENCE ET DIALOGUE

CITE DU VATICAN, 11 MAR (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les participants au cours annuel de la Pénitencerie apostolique consacré au for interne, insistant devant eux sur "la forte exigence qu'il y a à approfondir un sujet essentiel du ministère comme de la vie du prêtre. Rappelant l'héroïcité en la matière du Curé d'Ars, référence de l'Année sacerdotale, il a estimé nécessaire de suivre son infinie confiance dans le sacrement de la pénitence, de le placer au coeur des préoccupations pastorales comme méthode de dialogue pour le salut. "La conscience des limites personnelles et la nécessité de recourir à la divine miséricorde pour sa conversion, pour être soutenus dans son cheminement vers la sainteté, sont fondamentales dans la vie de tout prêtre. Qui a connu la grandeur peut seul annoncer et administrer la miséricorde de Dieu".

  Puis Benoît XVI a dit qu'un contexte culturel "marqué par l'hédonisme et le relativisme, et qui tend à gommer Dieu de la vie, ne peut favoriser une claire vision des références permettant de discerner le bien et la mal, de percevoir le sens réel du péché. Il n'est pas très différent de celui dans lequel vivait Jean-Marie Vianney. Il existait de son temps une hostilité à la foi qui allait jusqu'à interdire l'exercice du culte... Lui fit de l'église sa maison pour mener les hommes vers Dieu...et apparaissait à ses contemporains comme un signe évident de la présence de Dieu, au point de pousser nombre de pécheurs vers le confessionnal". Aujourd'hui comme hier, les prêtres "doivent hautement vivre leur vocation car seul qui est jour après jour présence vive du Seigneur peut susciter le sens du péché, encourager les fidèles à se faire pardonner par Dieu".

  "La crise des confessions dont on parle tant, interpelle avant tout les prêtres chargés de l'éducation des fidèles aux exigences de l'Evangile. Ils doivent donc se consacrer sans réserve à l'écoute des confessions sacramentales, et à orienter avec courage les fidèles, afin qu'ils ne cèdent pas à la mentalité du monde et que leurs choix soient sans compromis, et à contre courant si nécessaire". Enfin le Pape a invité le clergé à conduire avec leurs pénitents le dialogue de salut préconisé par le Curé d'Ars, qui naît de la certitude d'être aimés de Dieu. Une certitude qui permet à l'homme de reconnaître ses fautes et d'avancer progressivement dans une dynamique de conversion du coeur, laquelle débouche sur la renonciation radicale au mal et à la vie que Dieu veut".
AC/CONFESSION/PENITENCERIE                                  VIS 20100311 (420) 

mercredi 10 mars 2010

CRISE ECONOMIQUE ET DROITS HUMAINS


CITE DU VATICAN, 10 MAR 2010 (VIS). Le 3 mars à Genève, l'Observateur permanent du Saint-Siège près les institutions spécialisées des Nations-Unies est intervenu lors de la XIII session du Conseil des droits de l'homme, qui débat de la crise économico-financière mondiale. Au début de son discours, Mgr.Silvano Tomasi a exprimé les condoléances et la solidarité du Saint-Siège avec le Chili, gravement affecté par un récent séisme. Il a ensuite redit que "l'essence des droits de l'homme doit contribuer à la résolution de cette crise... Pour ce il faut de nouvelles règles et un système global de gouvernance plus solide, capable de garantir la voie au développement soutenable".

  Evoquant les conséquences négatives du phénomène, Mgr.Tomasi a cité "le scandale de la faim, une inégalité croissante de par le monde, les millions de personnes sans emplois ou réduits à une pauvreté extrême... Le défaut de protection sociale pour les plus vulnérables, ainsi que l'a rappelé Benoît XVI dans Caritas in Veritate, réduit l'économie à la production de richesse ou au jeu politique. L'injustice dans la redistribution des bénéfices cause de graves déséquilibres. Notre objectif est la protection et le respect de la dignité de la personne partagé par la famille humaine toute entière... La réforme du Conseil des droits de l'homme doit également tendre à concrétiser les modifications programmées, avec comme priorité l'application des droits".

  "La doctrine sociale de l'Eglise a depuis toujours comme but l'attention aux plus faibles. En donnant la priorité aux membres les plus faibles de la société, et à l'ordre créé qui les accompagne dans leur vie terrestre, nous pouvons modifier les règles financières de manière concrète, en éliminant les mauvaises pratiques qui ont conduit à la crise actuelle, en favorisant le développement intégral et le respect des droits humains, vu que la personne dans son intégralité constitue le capital véritable".
DELSS/DROITS HUMAINS/TOMASI                             VIS 20100310 (310)

TURQUIE ET NIGERIA

CITE DU VATICAN, 10 MAR 2010 (VIS). Après la catéchèse, Benoît XVI a manifesté toute sa solidarité avec les victimes du récent séisme qui a frappé la Turquie orientale. Les assurant de ses prières il a lancé une appel à la générosité internationale. Puis il a évoqué les violences de ces derniers jours au centre du Nigeria: "Mes pensées vont aux victimes d'une violence atroce qui a ensanglanté le pays sans épargner de malheureux enfants. Une fois de plus j'affirme que la violence ne résout rien. Pire, elle aggrave les conséquences tragiques des conflits. J'en appelle à tous les responsables politiques et religieux afin qu'ils agissent en faveur de la sécurité des populations et de la coexistence pacifique entre communautés. Je suis proche des pasteurs et des fidèles nigérians et prie afin que, forts dans l'espérance, ils soient des agents de réconciliation".
AG/APPELS/TURQUIE:NIGERIA                                 VIS 20100310 (150)

UNICITE ET CONTINUITE DE L'EGLISE

CITE DU VATICAN, 10 MAR 2010 (VIS). Lors de l'audience générale Salle Paul VI, le Saint-Père a poursuivi son exposé de l'oeuvre de saint Bonaventure. "Interprète authentique et fidèle de saint François", il a réagi contre le courant interne à l'ordre franciscain fondé sur la pensé de Joachim de Flore, qui pensait qu'avec François avait marqué le début de la phase finale de l'histoire. Pour eux il fallait se préparer à une Eglise nouvelle de l'Esprit, libérée des structures hiérarchiques. Bonaventure a traité de la question dans sa dernière oeuvre, l'Hexaméron, affirmant que "Dieu est un pour toute l'histoire... Même si elle est un cheminement de progrès, Jésus-Christ est seul la parole ultime de Dieu... Il n'existe pas un autre Evangile, il n'y a pas d'autre Eglise à attendre. L'ordre franciscain doit donc prendre place dans cette Eglise, s'insérer dans sa foi et dans son système hiérarchique".

  Ceci ne signifie pas, a précisé le Saint-Père, que "l'église soit immobile, fixée dans le passé et sans perspective de nouveauté". Lorsque saint Bonaventure parle des "oeuvres du Christ, qui ne cessent...il formule l'idée du progrès... C'est une certitude, la richesse de la parole du Christ est inépuisable et elle peut éclairer les nouvelles générations. L'unicité du Christ garantie également le renouvellement continu de l'Eglise". Puis le Pape a rappelé qu'il existe une théorie selon laquelle l'Eglise serait en déclin constant depuis le début de son second millénaire. Certains le font remonter aux temps apostoliques... Que serait l'Eglise sans la nouvelle spiritualité cistercienne, franciscaine et dominicaine, celle de Thérèse d'Avila ou de saint Jean de la Croix? "Bonaventure a enseigné l'ouverture aux nouveaux charismes que le Christ offre à l'Eglise dans l'Esprit... Après Vatican II, certains ont cru que tout était nouveau, qu'il existait désormais une nouvelle Eglise, que l'Eglise d'avant le Concile était finie au profit d'une autre totalement différente. Grâce à Dieu la barque de l'Eglise était solidement conduite et, tout en défendant la nouveauté du Concile, Paul VI et Jean-Paul II ont défendu l'unicité et la continuité de l'Eglise qui, si elle est composée de pécheurs, demeure un lieu de grâce".Commentant les écrits théologiques et mystiques de Bonaventure, Benoît XVI a souligné l'importance de son Itinerarium Mentis in Deum exposant que la connaissance de Dieu est un voyage à étapes, qui culmine "dans l'union pleine avec la Trinité par le biais du Christ et à l'imitation de saint François".

  Avant l'audience, le Pape avait salué dans la Basilique vaticane le pèlerinage de la Fondation Don Carlo Gnocchi, "lumineuse figure du clergé milanais", béatifié en octobre dernier. Rappelant sa grande activité au service de l'enfance abandonnée, des personnes âgées et des malades graves. Il a encouragé ses disciples à poursuivre et accroître l'oeuvre du bienheureux Carlo Gnocchi. "En cette Année sacerdotale, l'Eglise voit en lui un modèle. Puisse son lumineux exemple de service aux plus faibles susciter chez les prêtres le désir de renforcer l'extraordinaire grâce qu'est le ministère ordonné, pour l'Eglise et le monde".
AG/SAINT BONAVENTURE/...                                 VIS 20100310 (510)

mardi 9 mars 2010

RESPECTER LA DIGNITE DE LA FEMME

CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Hier à New-Yok, l'Observateur permanent du Saint-Siège est intervenu dans le cadre de la LIV session de la Commission sur le statut de la femme du Conseil économique et social de l'ONU (faisant suite à la IV Conférence mondiale "Femme 2000. Egalité de genre, développement et paix pour le XXI siècle"). Mgr.Celestino Migliore a déclaré que si le débat présentait des éclaircissements, il montrait aussi des zones d'ombre inquiétantes: "Des progrès ont été obtenus de par le monde ces 15 dernières années sur le statut de la femme, dans l'éducation des filles et la promotion des femmes, comme agents fondamentaux d'éradication de la pauvreté et du développement, mais aussi par l'accroissement de leur participation à la vie sociale et politique en vue de supprimer les discriminations et les violences domestiques". Des lois spécifiques soulignent "le rôle indispensable que jouent les femmes dans la vie sociale, protègent leur dignité, leurs droits et devoirs. Malgré ce elles continuent de souffrir dans de nombreuses régions du monde". 

  Puis le représentant du Saint-Siège a dit qu'on ne pouvait sous-estimer la violence contre la femme que constituent l'avortement, l'infanticide ou l'abandon d'enfant, au même titre que la discrimination en matière sanitaire ou alimentaire, alors que les deux tiers des analphabètes sont des femmes à partir de 15 ans. "Il est triste de constater que les trois quarts des malades du SIDA sont des jeunes filles entre 15 et 24 ans, que la moitié des victimes du trafic international d'êtres humains est composée de mineurs, à 70% féminins". Tout cela résulte de dynamiques socio-culturelles arriérées, mais aussi des lenteurs politiques. "L'égalité hommes femmes dans l'éducation et l'emploi a aussi provoqué des manipulations du concept d'égalité des sexes en matière de défense des droits sociaux... Porté au niveau idéologique cette égalité conduit au contraire à une régression de la dignité féminine. D'autre part, les récents documents interprètent le genre au point de dissoudre toute spécificité, toute complémentarité entre femmes et hommes. Si ces théories ne peuvent changer la nature des choses, elles font obstacle à tout vrai progrès dans la reconnaissance de la dignité et des droits de la femme".

  Mgr.Migliore a ensuite rappelé que les documents des conférences internationales ou des comités insistent sur le "lien entre obtention des droits personnels, socio-économiques et politiques, et notion de santé sexuelle et de droits reproductifs. Ceci constitue une violence faite aux êtres en gestation tout en agressant les besoins réels des femmes et des hommes. Une solution respectueuse de la dignité de la femme ne faire fi du droit à la maternité, qu'il faut promouvoir et non compromettre en améliorant les systèmes de santé et, en particulier, les services maternité". En 1995, a-t-il conclu, "la Plateforme de Pékin avait proclamé l'inaliénabilité des droits de la femme, comme indivisibles des droits humains universels. C'est là une base pour comprendre la dignité spécifique des femmes et des filles, mais aussi pour en faire une réalité dans le monde entier".
DELSS/CONFERENCE FEMME/ONU:MIGLIORE                         VIS 20100309 (510) 

VIOLENCES AU NIGERIA

CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Hier, le Directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège a fait part de l'horreur et de la préoccupation face aux affrontements de ces derniers jours au centre du Nigeria, qui auraient entraîné la mort d'environ 500 chrétiens de l'ethnie berom, agressés par des fulani musulmans. Le P.Federico Lombardi a tenu à préciser qu'en réalité il ne s'agit pas d'une question religieuse mais sociale. Sur les ondes de Radio Vatican, Mgr.John Olorunfemi Onaiyekan, Archevêque d'Abuja, a expliqué qu'il s'agit d'un classique conflit entre pasteurs et agriculteurs, en l'occurrence les fulani étant musulmans et les berom chrétiens. "La presse a trop facilement présenté les faits comme un affrontement inter-religieux. Or il ne s'agit pas de revendications religieuses mais socio-économiques, tribales et culturelles. Les victimes sont de pauvres gens, ignorant de ces problématiques et sans responsabilités. Quant à elle, l'Eglise s'applique à maintenir de bonnes relations entre chrétiens et musulmans. Elle tente une médiation pour faire cesser la violence et aide à trouver une solution aux problèmes concrets, politiques et ethniques. Nous prions pour la paix, pour un bon gouvernement et la vérité, pour que tous les citoyens reconnaissent que la seule solution pour survivre est de se considérer frères".
../NIGERIA/LOMBARDI:OLORUNFEMI                               VIS 20100309 (210)

NOTE SUR LES CAS D'ABUS SEXUELS SUR MINEURS

CITE DU VATICAN, 9 MAR 2010 (VIS). Voici la note du père Federico Lombardi, SI, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, sur les cas d'abus sexuels commis sur des mineurs dans les institutions ecclésiastiques:

Depuis quelques mois, le grave problème des abus sexuels sur mineurs dans des institutions gérées par des organismes ecclésiastiques et par des personnes ayant des responsabilités dans l'Eglise, en particulier des prêtres, touche l'Eglise et la société irlandaise. Récemment, le Saint-Père a montré son intérêt, notamment au cours deux rencontres, d'abord avec les plus hauts représentants de l'épiscopat, ensuite avec tous les évêques ordinaires, et prépare la publication d'une lettre sur ce sujet pour l'Eglise en Irlande.

Toutefois, au cours de ces dernières semaines, le débat sur les abus sexuels sur mineurs touche aussi l'Eglise dans certains pays d'Europe centrale (Allemagne, Autriche, Pays Bas). Quelques simples considération peuvent être faites sur ce sujet.

Les principales institutions ecclésiastiques concernées (la Province des jésuites allemands -première à être concernée par le cas du Collège Casinius de Berlin-,la conférence épiscopale allemande, la conférence épiscopale autrichienne, la conférence épiscopale hollandaise...) ont décidé de réagir à ce problème avec rapidité et fermeté. Donnant la preuve d'une volonté de transparence, elles ont, dans un certain sens, accéléré la mise à jour du problème en invitant les victimes à parler, même dans des cas assez anciens. Elles ont ainsi affronté les questions de la bonne façon en commençant par reconnaître ce qu'il s'est passé, se préoccuper des victimes et des conséquences des actes accomplis contre elles. En outre, elles se sont basées sur les directives déjà existantes et ont prévu de nouvelles orientations pour décider d'une stratégie de prévention, afin de tout mettre en œuvre pour qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent plus.

Ces faits mobilisent l'Eglise dans l'élaboration de réponses appropriées et s'insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l'Eglise. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Eglise seulement. Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas avérés dans les institutions dirigées par l'Eglise étaient au nombre de 17, alors que 150 autres étaient recensés dans d'autres institutions. Il serait bon de se préoccuper aussi de ceux-là.

D'ailleurs, en Allemagne, des initiatives ont été prises, promues par le Ministère de la famille, pour convoquer une table ronde des divers pôles éducatifs et sociaux, pour affronter le sujet dans une perspective complexe et adéquate. L'Eglise est naturellement prête à y participer et à s'y engager. Sa douloureuse expérience peut être d'un apport utile pour les autres. Le Chancelier, Mme Merkel, a justement donné acte à l'Eglise en Allemagne pour son engagement sérieux et constructif.

En plus de ces considérations, rappelons encore que l'Eglise est insérée dans la société civile dans laquelle elle y assume ses responsabilités, mais qu'elle a aussi un ordonnancement spécifique distinct, canonique, qui répond à sa nature spirituelle et sacramentelle, et dont les procédures judiciaires et pénales sont d'une autre nature (par exemple, elle ne prévoit pas de peines pécuniaires ou de privation de liberté, mais l'empêchement d'exercer le ministère, la privation des droits dans le cadre ecclésiastique, etc). En droit canonique, le crime d'abus sexuels sur mineurs a toujours été considéré comme un des plus graves entre tous, ce que les normes canoniques ont constamment réaffirmé, en particulier la Lettre "De delictis gravioribus" de  2001, souvent citée de façon inopportune comme la cause d'une "culture du silence". Qui sait et comprend de quoi il s'agit, sait qu'elle a été un signal déterminant pour rappeler la gravité du problème à l'épiscopat et donner une impulsion réelle à l'élaboration de directives sur ce sujet.

En conclusion, il est évident que l'Eglise traverse actuellement un grave problème et il ne faut pas renoncer à faire tout ce qui est possible pour obtenir enfin des résultats positifs en vue d'une meilleure protection de l'enfance et de la jeunesse dans l'Eglise et dans la société et de purification pour l'Eglise.
OP/ABUS SEXUELS/LOMBARDI                                VIS 20100309 (720)

lundi 8 mars 2010

AUDIENCES


CITE DU VATICAN, 8 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu en audiences séparées:

-Le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

-Trois prélats de la Conférence épiscopale ougandaise en visite Ad Limina:

    -Mgr.Henry Apaloryamam Ssentongo, Evêque de Moroto.

    -Mgr.Emmanuel Obbo, Ap.JC., Evêque de Soroti.

    -Mgr.James Odongo, Ordinaire militaire.

  Samedi dernier, 6 mars, il avait reçu successivement:

-Le Cardinal Giovanni Battista Re, Préfet de la Congrégation pour les évêques.
 
-Deux prélats de la Conférence épiscopale ougandaise en visite Ad Limina:

    -Mgr.Joseph B.Willigers, MHM, Evêque émérite de Jinja.

    -Mgr.Giuseppe Filippi, MCCJ, Evêque de Kotido.
AP:AL/.../...                                             VIS 20100308 (110)

AVENIR DES CHRETIENS DE TERRE SAINTE


CITE DU VATICAN, 8 MAR 2010 (VIS). Le Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, a adressé une lettre à l'épiscopat mondial à l'occasion de la collecte du Vendredi Saint en faveur de la Terre Sainte. Co-signé par le Secrétaire du dicastère, Mgr.Cyril Vasil, SJ, le document s'inspire du pèlerinage accompli par Benoît XVI sur les pas de Jésus en mai dernier.

  Le Cardinal y rappelle le souci pastoral, œcuménique et interreligieux qui a animé les paroles et les gestes du Pape en cette occasion, ainsi que son appel à la fraternité et à la paix. Soulignant avec force le problème incessant de l'émigration, il a redit qu'il y a une place pour tous en Terre Sainte, exhorté les autorités à soutenir la présence chrétienne et assuré la solidarité de l'Eglise envers les chrétiens de cette région.

  L'Année sacerdotale, lit-on ensuite, engage évêques, prêtres et séminaristes en faveur des Lieux Saints. Tous doivent se donner entièrement pour garantir aux chrétiens un avenir là où la bonté et l'humanité du Père s'est manifestée. "Le Pape a confié à la Congrégation pour les Eglises orientales la mission de susciter un intérêt nouveau pour cette terre bénie. Je vous encourage donc à confirmer votre solidarité. Les chrétiens d'orient ont la responsabilité de protéger les origines chrétiennes, les lieux et les personnes qui en sont le signe, pour qu'elles demeurent références de la mission chrétienne, mesure de l'avenir de l'Eglise. C'est pourquoi, ces chrétiens méritent l'appui de l'Eglise toute entière".

  Un document joint illustre les œuvres réalisées avec la quête 2009 par la Custodie de Terre Sainte. Outre des bourses pour les prêtres et séminaristes de Terre Sainte étudiant dans les universités pontificales, on trouve des travaux d'entretien et de restauration au sanctuaire de la Visitation de Ain Karem, à Jérusalem, Béthanie, Béthléem, Haïfa, Magdala, Nazareth, au Mont Neo ou au Mont Tabor. D'autres aides vont aux paroisses et aux écoles, et au soutien familial. Des subventions sont également fournies par la Custodie à des institutions culturelles comme la Faculté de science et d'archéologie bibliques ou le Studium Biblicum franciscain de Jérusalem, le Franciscan Media Center, un nouvel apostolat chargé de diffuser sur les chaînes de télévision le message des Lieux saints et la vie des communautés chrétiennes locales.
.../COLLECTE TERRE SAINTE/SANDRI                                VIS 20100308 (390)

LIRE LES EVENEMENTS AVEC LA FOI

CITE DU VATICAN, 7 MAR 2010 (VIS). Après sa visite à la paroisse romaine St.Jean de la Croix, le Saint-Père a récité l'angélus de la fenêtre de son bureau avec les fidèles réunis Place St.Pierre. Commentant la première lecture de la liturgie du jour, le récit du Buisson Ardent vu par Moïse et depuis lequel Dieu l'appelle, le Pape a dit: "Dieu se manifeste aussi de différentes façons dans la vie de chacun de nous. Il est toutefois nécessaire, pour pouvoir reconnaître sa présence, que nous nous approchions de lui conscients de notre misère et avec un profond respect. S'il n'en est pas ainsi, nous serons incapables de le rencontrer et d'entrer en communion avec lui".

  Le Pape a ensuite expliqué le passage de l'Evangile dans lequel Jésus est interpelé sur de funestes faits: l'assassinat de galiléens dans le temple, sur ordre de Pilate, et l'effondrement d'une tour sur des passants. "Face à la conclusion facile de considérer le mal comme une conséquence de la punition divine, Jésus proclame l'innocence de Dieu qui est bon et ne peut vouloir le mal, et met en garde contre le fait de penser que les malheurs sont un effet direct des fautes personnelles de ceux qui les subissent". La réponse du Christ à ceux qui l'interrogent: "Croyez-vous que ces galiléens étaient plus pécheurs que les autres galiléens pour avoir subi un tel sort? Non, mais si vous ne vous convertissez-pas, vous subirez le même sort", nous invite à interpréter différemment ces faits "en les plaçant dans la perspective de la conversion: les malheurs et les deuils ne doivent pas susciter en nous la curiosité ou la recherche de coupables présumés, mais ils doivent être des occasions pour réfléchir, pour vaincre l'illusion de pouvoir vivre sans Dieu, et pour renforcer, avec l'aide du Seigneur, l'engagement de changer de vie".

  "Pour qu'une conversion soit possible, cela implique que nous apprenions à lire les évènements dans la perspective de la foi... En présence de souffrances et de deuils, la vraie sagesse est de se laisser interpeller par la précarité de l'existence et de lire l'histoire humaine avec les yeux de Dieu, qui, voulant toujours et seulement le bien de ses enfants, par un dessein indéchiffrable de son amour, permet alors qu'ils soient mis à l'épreuve pour les conduire vers un bien plus grand", a-t-il conclu. Après l'angélus, le Pape a salué, entre autres, un groupe de pèlerins français avec une pensée particulière pour les personnes victimes de la tempête qui a touché, la semaine passée, l'ouest du pays.
ANG/CONVERSION/...                                VIS 20100308 (420)

LE CAREME, TEMPS DE CONVERSION

CITE DU VATICAN, 7 MAR 2010 (VIS). Benoît XVI s'est rendu, ce matin, à la paroisse St.Jean de la Croix, dans le secteur nord du diocèse de Rome, pour y célébrer la messe. Dans son homélie, il a dit qu'"en carême, chacun de nous est invité par Dieu à changer son existence en pensant et vivant selon l'Evangile, en modifiant quelque chose dans notre façon de prier, d'agir, de travailler et dans nos relations avec les autres. Jésus ne nous adresse pas cet appel avec sévérité mais seulement parce qu'il se préoccupe de notre bien, de notre bonheur, de notre salut. Nous devons, quant à nous, lui répondre par un effort intérieur sincère, en lui demandant de nous faire comprendre sur quels points particuliers nous devons nous convertir".

  Evoquant la paroisse née il y a vingt-et-un ans, le Pape a souligné que dès le début "elle a été ouverte aux mouvements et communautés ecclésiales, élargissant ainsi l'esprit de l'Eglise et expérimentant de nouvelles formes d'évangélisation. Je vous encourage -a-t-il poursuivi- à continuer avec courage dans cette direction, en vous engageant toutefois à rassembler toutes les réalités présentes dans un projet pastoral unitaire". Il a aussi dit sa joie de voir cette communauté "promouvoir, dans le respect des vocations et du rôle des consacrés et des laïcs, la coresponsabilité de tous les membres du Peuple de Dieu... Cela exige un changement de mentalité, surtout concernant les laïcs, qui de collaborateurs du clergé deviennent coresponsables de l'existence et de l'action de l'Eglise, favorisant ainsi la promotion d'un laïcat mûr et engagé". Il a ensuite encouragé les familles et les jeunes du quartier qui fréquentent la paroisse à "annoncer l'Evangile de Jésus-Christ" sans attendre "que d'autres viennent apporter d'autres messages qui ne mènent pas à la vie. Devenez vous-mêmes -a-t-il ajouté- des missionnaires du Christ pour vos frères, là où ils vivent, travaillent, étudient et passent leur temps libre. Mettez-y ici aussi en marche une pastorale des vocations religieuse et organique, en vue d'éduquer les familles et les jeunes à la prière et à vivre leur vie comme un don venant de Dieu".

  "Ce temps fort de carême invite chacun de nous à reconnaître le mystère de Dieu dans notre vie... Sur le Golgotha, Dieu qui au cours de la fuite en Egypte s'est révélé comme celui qui libère de l'esclavage, se révèle comme celui qui embrasse tout homme avec la puissance salvifique de la croix et de la résurrection et qui le libère du péché et de la mort par son amour". Le Pape a conclu en encourageant les fidèles à contempler "ce mystère de Dieu pour mieux comprendre le mystère du Carême et vivre, individuellement et en communauté, en permanente conversion pour être, dans le monde, une constante épiphanie, témoignage du Dieu vivant qui libère et sauve par amour".
HML/CONVERSION/SAINT JEAN DE LA CROIX                VIS 20100308 (470)

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 6 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Valentino Di Cerbo, Evêque d'Alife-Caiazzo (superficie: 580, population: 70.000, catholiques: 69.759, prêtres; 63, diacres: 4, religieux: 56), en Italie. L'Evêque élu, né en 1943 à Frasso Telesino (Italie) et ordonné prêtre 1968, était jusqu'ici Chef de bureau près la Secrétairerie d'Etat.
NER/.../DI CERBO                                                               VIS 20100308 (60)

PROTECTION CIVILE, UNE VOCATION

CITE DU VATICAN, 6 MAR 2010 (VIS). Ce midi, le Pape a rencontré Salle Paul VI les dirigeants et 7000 volontaires de la Protection civile italienne, qu'il a félicité pour leur travail d'assistance lors du séisme d'avril 2009 dans les Abruzzes. Benoît XVI a repris ce qu'il avait dit lors de sa visite à Onna et L'Aquila: "Merci pour ce que vous avez fait et surtout pour l'amour avec lequel vous l'avez fait. Merci de l'exemple que vous avez donné". Il les a aussi remercié de l'assistance prêtée aux nombreux jeunes de la Journée mondiale de la jeunesse 2000 à Rome, comme durant les funérailles de Jean-Paul II en 2005.

  "Vous représentez une des plus expressions les plus récentes et matures de la longue tradition de solidarité qui prend racine dans l'altruisme et la générosité du peuple italien". Puis le Pape a souligné que "les termes protection et civil" expriment une vocation: "Protéger les personnes et leur dignité, biens fondamentaux de la société civile, lors de calamités qui menacent la vie et la sécurité de familles et de communautés entières. Cette mission ne consiste pas seulement à gérer des situations, mais à contribuer de façon ponctuelle et méritoire à la réalisation du bien commun... Cette double dimension de la protection qui s'exprime dans l'urgence et après, trouve une belle illustration dans la figure du Bon Samaritain...qui enseigne à aller au-delà de l'urgence et prévoir le retour à la normalité". Le Saint-Père a souligné que "l'amour du prochain ne peut pas être donné par procuration: l'Etat et la pouvoirs publics ne peuvent le remplacer, pas même avec les premières aides... Les volontaires ne sont pas des bouche-trous du réseau social, mais des personnes qui contribuent réellement à donner un visage humain et chrétien à la société. Sans volontariat, le bien commun et la société ne peuvent durer longtemps puisque leur développement et leur dignité dépendent, dans une large mesure, de ces personnes qui font plus que leur strict devoir".

  "En plus d'être des protecteurs du territoire, soyez encore plus des icônes vivantes du Bon Samaritain en portant attention à votre prochain, en rappelant la dignité de l'homme et en suscitant l'espérance. Lorsqu'une personne ne se limite pas seulement à accomplir son seul devoir dans son métier et sa famille, mais s'engage pour les autres, son cœur se dilate. Celui qui aime et sert gratuitement l'autre comme son prochain, vit et agit selon l'Evangile et prend part à la mission de l'Eglise qui considère l'homme dans son entier et veut lui faire percevoir l'amour de Dieu".
AC/.../PROTECTION CIVILE                            VIS 20100308 (440)
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