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lundi 12 janvier 2015

Audience annuelle au Corps Diplomatique


Ci du Vatican, 12 janvier 2015 (VIS). Comme à l'accoutumée en début d'année, le Pape s'est adressé ce matin au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège (180 états plus l'Union européenne, l'Ordre de Malte et l'OLP. Le Saint-Siège est observateur permanent près l'ONU et ses agences). Après les voeux exprimés par le Doyen, l'Ambassadeur de Monaco, le Saint-Père a prononcé le discours suivant:

"Aujourd’hui je désire faire résonner avec force un mot qui nous est cher, la paix! ... Mais, à côté de la paix, la crèche dit aussi une autre réalité dramatique, celle du refus. Dans certaines représentations iconographiques, tant de l’Occident que de l’Orient. Je pense à la splendide icône de la Nativité d’Andreï Rublev, où l’Enfant ne semble pas être étendu dans un berceau, mais déposé dans un tombeau. L’image, qui veut relier les principales fêtes chrétiennes de Noël et de Pâques montre qu’à côté de l’accueil joyeux d’une nouvelle naissance, il y a tout le drame dont Jésus est l’objet, méprisé et rejeté jusqu’à la mort sur la Croix. Les récits de la Nativité nous montrent le cœur endurci de l’humanité, qui a du mal à accueillir l’Enfant. Dès le début il est, lui aussi rejeté, laissé dehors au froid, contraint à naître dans une étable parce qu’il n’y avait pas de place dans la salle commune. Et si le Fils de Dieu a été traité ainsi, combien plus encore le sont tant de nos frères et sœurs! Il y a un caractère du refus qui nous rapproche, qui nous conduit à ne pas regarder le prochain comme un frère à accueillir, mais à le laisser hors de notre horizon personnel de vie, à le transformer plutôt en un concurrent, en un sujet à dominer. Il s’agit d’une mentalité qui engendre cette culture du déchet et n’épargne rien ni personne, des créatures en passant par les êtres humains et jusqu’à Dieu lui-même. Il en naît une humanité blessée et continuellement déchirée par des tensions et des conflits de toute sorte. Dans les récits évangéliques de l’Enfance, le roi Hérode en est l’emblème qui, en sentant son autorité menacée par l’Enfant Jésus, fait tuer tous les enfants de Bethléem. Ma pensée va tout de suite au Pakistan, où il y a un mois, plus de cent enfants ont été tués avec une férocité inouïe. Je souhaite renouveler à leurs familles mes condoléances personnelles et l’assurance de ma prière pour tant d’innocents qui ont perdu la vie.

A une dimension personnelle du refus s’associe ainsi inévitablement une dimension sociale, une culture qui rejette l’autre, brise les liens les plus intimes et les plus vrais, finissant par défaire et désagréger toute la société, et par engendrer la violence et la mort. Nous en avons un triste écho dans les nombreux faits de la chronique quotidienne, le moindre n’est pas le tragique massacre survenu à Paris, il y a quelques jours. Les autres ne sont plus perçus comme des êtres d’égale dignité, comme des frères et sœurs en humanité, mais sont vus comme des objets. Et l’être humain, de libre devient esclave, que ce soit des modes, du pouvoir, de l’argent, parfois même de formes déviantes de religion. Ce sont les dangers que j’ai voulu rappeler dans le Message pour la récente Journée mondiale de la paix, consacré au problème des multiples esclavages modernes. Ils naissent d’un cœur corrompu, incapable de voir et de faire le bien, de poursuivre la paix. Nous constatons avec douleur les conséquences dramatiques de cette mentalité du rejet et de la culture de l’asservissement dans le déferlement continuel des conflits. Comme une vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux, ils touchent, même si c’est sous des formes et avec des intensités variées, différentes zones de la planète, en commençant par la proche Ukraine devenue un théâtre dramatique d’affrontement, et pour laquelle je souhaite que, par le dialogue, se renforcent les efforts en cours pour faire cesser les hostilités, et pour que les parties en présence entreprennent dès que possible, dans un esprit renouvelé de respect de la légalité internationale, un chemin sincère de confiance réciproque et de réconciliation fraternelle qui permette de dépasser la crise actuelle.

Ma pensée va surtout au Moyen Orient, en commençant par la terre bien-aimée de Jésus, que j’ai eu la joie de visiter en mai dernier et pour laquelle nous ne nous lasserons jamais d’invoquer la paix. Nous l’avons fait, avec une intensité extraordinaire, avec le Président israélien d’alors, M.Shimon Peres, et le Président palestinien, M.Mahmud Abbas, animés de l’espérance confiante que les négociations entre les deux parties puissent reprendre, dans le but de faire cesser les violences et d’arriver à une solution qui permette, tant au peuple palestinien qu’au peuple israélien, de vivre enfin en paix, dans des frontières clairement établies et reconnues internationalement, de sorte que la solution de deux états devienne effective. Malheureusement, la région est également traversée par d’autres conflits, qui se prolongent depuis trop longtemps et dont les aspects sont effrayants, aussi par le déferlement du terrorisme d’origine fondamentaliste en Syrie et en Irak. Ce phénomène est une conséquence de la culture du déchet appliquée à Dieu. Le fondamentalisme religieux, en effet, plus encore que rejeter les êtres humains en perpétrant des massacres horribles, refuse Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique. Face à cette injuste agression, qui touche aussi les chrétiens et d’autres groupes ethniques et religieux, par exemple les Yazidis, une réponse unanime est nécessaire qui, dans le cadre du droit international, arrête le déferlement des violences, rétablisse la concorde et soigne les blessures profondes que la succession des conflits a provoquées. En ce lieu je fais donc appel à toute la communauté internationale, comme aussi à chacun des gouvernements concernés, pour qu’ils prennent des initiatives concrètes pour la paix, et pour la défense de tous ceux qui souffrent des conséquences de la guerre et de la persécution, et qui sont contraints de laisser leurs maisons et leur patrie. Dans une lettre envoyée un peu avant Noël, j’ai personnellement voulu manifester ma proximité et assurer de ma prière toutes les communautés chrétiennes du Moyen Orient qui donnent un témoignage précieux de foi et de courage, en jouant un rôle fondamental d’artisans de paix, de réconciliation et de développement dans leurs sociétés civiles respectives. Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient défiguré et mutilé. En demandant à la communauté internationale de ne pas être indifférente devant une telle situation, je souhaite que les responsables religieux, politiques, et intellectuels, en particulier musulmans, condamnent toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion visant à justifier de tels actes de violence.

Des formes semblables de brutalité, qui fauchent souvent des victimes parmi les plus petits et ceux qui sont sans défense, ne manquent pas non plus, malheureusement, dans d’autres parties du monde. Je pense en particulier au Nigeria, où les violences qui frappent sans discernement la population ne cessent pas, et où le phénomène tragique des séquestrations de personnes est en croissance continue, souvent des jeunes filles enlevées pour faire l’objet d’un trafic. C’est un commerce exécrable qui ne peut pas continuer. Un fléau qu’il faut éradiquer car elle nous concerne tous, depuis chaque famille jusqu’à la communauté mondiale tout entière. Je regarde ensuite avec appréhension les nombreux conflits de caractère civil qui concernent d’autres parties de l’Afrique, en commençant par la Lybie, déchirée par une longue guerre interne qui cause d’indicibles souffrances dans la population et qui a de graves répercutions sur les équilibres de la région. Je pense à la dramatique situation de la République Centrafricaine, au sujet de laquelle il est douloureux de constater comment la bonne volonté qui a animé les efforts de ceux veulent construire un avenir de paix, de sécurité et de prospérité, rencontre des formes de résistance et les intérêts égoïstes de partis, qui risquent de rendre vaines les attentes d’un peuple très éprouvé qui aspire à construire librement son avenir. Éveille une préoccupation particulière la situation au Sud Soudan et dans plusieurs régions du Soudan, de la Corne de l’Afrique et de la République Démocratique du Congo, où ne cesse de grandir le nombre de victimes dans la population civile, et où des milliers de personnes, parmi lesquelles beaucoup de femmes et d’enfants, sont contraintes de fuir et de vivre dans des conditions d’extrême dénuement. Par conséquent, je souhaite un engagement commun de tous les gouvernements et de la communauté internationale, pour que l’on mette fin à toute sorte de lutte, de haine et de violence, et pour que l’on s’engage en faveur de la réconciliation, de la paix et de la défense de la dignité transcendante de la personne. Ensuite, il ne faut pas oublier que les guerres apportent avec elles un autre horrible crime, qui est le viol. Celui-ci est une offense très grave à la dignité de la femme, qui non seulement est violée dans l’intimité de son corps, mais aussi dans son âme, avec un traumatisme qui pourra être difficilement effacé et dont les conséquences sont aussi de caractère social. Malheureusement, on vérifie que, même là où il n’y a pas de guerre, trop de femmes souffrent encore aujourd’hui de violence à leur encontre. Tous les conflits belliqueux révèlent le visage le plus emblématique de la culture du déchet par les vies qui sont délibérément piétinées par celui qui détient la force. Mais il y a des formes plus subtiles et sournoises de rejet, qui alimentent aussi cette culture. Je pense avant tout à la façon dont sont souvent traités les malades, isolés et marginalisées comme les lépreux dont parle l’Evangile. Parmi les lépreux de notre temps il y a les victimes de cette nouvelle et terrible épidémie d’Ebola, qui, surtout au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, à déjà fauché plus de six mille vies. Je désire aujourd’hui féliciter publiquement et remercier ces opérateurs sanitaires qui, avec les religieux, religieuses, et les volontaires, apportent tous les soins possibles aux malades et à leurs proches, surtout aux enfants restés orphelins. En même temps, je renouvelle mon appel à toute la communauté internationale pour que soit assurée une assistance humanitaire adéquate aux patients, et pour qu’il y ait un engagement commun pour vaincre la maladie.

A côté des vies rejetées à cause des guerres ou des maladies, il y a celles des nombreuses personnes déplacées et réfugiées. Encore une fois on en comprend les aspects à partir de l’enfance de Jésus, qui témoigne d’une autre forme de la culture du déchet qui porte atteinte aux relations et défait la société. En effet, face à la brutalité d’Hérode, la Sainte Famille est contrainte à fuir en Egypte, d’où elle pourra revenir seulement quelques années plus tard. La conséquence des situations de conflit que nous venons de décrire est souvent la fuite de milliers de personnes de leur terre d’origine. Parfois on ne part pas tant pour chercher un avenir meilleur, mais tout simplement pour avoir un avenir, puisque rester dans son pays peut signifier une mort certaine. Combien de personnes perdent la vie dans des voyages inhumains, soumises aux brimades de véritables bourreaux avides d’argent? J’en ai fait mention au cours de ma récente visite au Parlement Européen, en rappelant qu’on ne peut tolérer que la Méditerranée devienne un grand cimetière. Un autre fait alarmant est que beaucoup de migrants, surtout dans les Amériques, sont des enfants seuls, proies plus faciles des dangers, et qui demandent davantage de soin, d’attention et de protection. Souvent arrivés sans papiers d’identité dans des contrées inconnues dont ils ne parlent pas la langue, il est difficile pour les migrants d’être accueillis et de trouver du travail. Au-delà des incertitudes de la fuite, ils sont contraints d’affronter aussi le drame du refus. Un changement d’attitude à leur égard est donc nécessaire, pour passer du désintérêt et de la peur à une acceptation sincère de l’autre. Cela requiert naturellement de mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens et garantir l’accueil des migrants. En remerciant tous ceux qui, même au prix de leur vie, s’emploient à porter secours aux réfugiés et aux migrants, j’exhorte aussi bien les états que les organisations internationales à s’engager activement pour résoudre ces graves situations humanitaires et à fournir aux pays d’origine des migrants des aides pour en favoriser le développement socio-politique et le dépassement des conflits internes, qui sont la principale cause de ce phénomène. Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets. Du reste, cela permettra aux migrants de retourner un jour dans leur patrie et de contribuer à sa croissance et à son développement.

Mais à côté des migrants, des déplacés et des réfugiés, il y a beaucoup d’autres exilés cachés, qui vivent à l’intérieur de nos maisons et de nos familles. Je pense surtout aux personnes âgées et aux personnes handicapées, comme aussi aux jeunes. Les premières sont objet de rebut quand elles sont considérées comme un poids et comme des présences encombrantes, tandis que les derniers sont mis à l’écart en niant leurs perspectives concrètes de travail pour construire leur avenir. D’autre part, il n’existe pas pire pauvreté que celle qui prive du travail et de la dignité du travail, et qui fait du travail une forme d’esclavage. C’est ce que j’ai voulu rappeler au cours d’une rencontre récente avec les mouvements populaires, qui s’emploient avec dévouement à rechercher des solutions adéquates à certains problèmes de notre temps, comme la plaie toujours plus étendue du chômage des jeunes et du travail au noir, et le drame de beaucoup de travailleurs, spécialement des enfants, exploités avec avidité. Tout cela est contraire à la dignité humaine et dérive d’une mentalité qui place au centre l’argent, les bénéfices et les profits économiques au détriment de l’homme lui-même. Ensuite, il n’est pas rare que la famille elle-même soit objet de rejet, à cause d’une culture individualiste et égoïste toujours plus répandue, qui abîme les liens et tend à favoriser le phénomène dramatique de la dénatalité, ainsi que de législations qui privilégient différentes formes de cohabitation plutôt que de soutenir convenablement la famille pour le bien de toute la société. Parmi les causes de ces phénomènes, il y a une mondialisation uniformisante qui rejette les cultures elles-mêmes, brisant ainsi les éléments propres de l’identité de chaque peuple qui constituent l’héritage incontournable à la base d’un sain développement social. Dans un monde uniformisé et privé d’identité, il est facile de saisir le drame et le découragement de nombreuses personnes, qui ont littéralement perdu le sens de leur vie. Ce drame est aggravé par la crise économique qui perdure, qui engendre de la méfiance et favorise un climat social conflictuel. J’ai pu en voir les revers ici aussi à Rome, en rencontrant beaucoup de personnes qui vivent des situations de détresse, comme aussi au cours des différents voyages que j’ai effectués en Italie. A la chère nation italienne, je désire justement adresser une pensée pleine d’espérance afin que, dans le climat persistant d’incertitude sociale, politique et économique, le peuple italien ne cède pas au désengagement et à la tentation du rejet, mais redécouvre ces valeurs d’attention réciproque et de solidarité qui sont à la base de sa culture et du vivre-ensemble civil, et sont sources de confiance aussi bien dans l’immédiat que dans l’avenir, spécialement pour les jeunes.

Pensant à la jeunesse, je désire mentionner mon voyage en Corée, où en août dernier, j’ai pu rencontrer des milliers de jeunes réunis pour la VI Journée de la jeunesse asiatique et où j’ai rappelé qu’il faut valoriser les jeunes en cherchant à leur transmettre l’héritage du passé et à les confronter aux défis présents. Il est donc nécessaire de réfléchir pour savoir si nous transmettons bien nos valeurs à la génération suivante, ainsi que sur le genre de société que nous nous préparons à lui léguer. Ce soir-même, j’aurai la joie de repartir pour l’Asie, afin de visiter le Sri Lanka et les Philippines et ainsi témoigner de l’attention et de la sollicitude pastorale avec laquelle je suis les vicissitudes des peuples de ce vaste continent. À eux et à leurs Gouvernements, je désire manifester une fois encore le désir du Saint-Siège d’offrir sa contribution au service du bien commun, de l’harmonie et de la concorde sociale. Je souhaite en particulier une reprise du dialogue entre les deux Corée, qui sont des pays frères qui parlent la même langue. Au début d’une nouvelle année nous ne voulons pas que notre regard soit dominé par le pessimisme, par les défauts et par les carences de notre temps. Nous voulons aussi remercier Dieu pour ce qu’il nous a donné, pour les bienfaits qu’il nous a accordés, pour les dialogues et les rencontres qu’il nous a permis et pour certains fruits de paix qu’il nous a donné la joie de goûter. Un témoignage éloquent que la culture de la rencontre est possible, je l’ai expérimenté au cours de ma visite en Albanie, un pays jeune, qui sont l’espérance pour l’avenir. Malgré les blessures endurées récemment, il est caractérisé par la cohabitation pacifique et la collaboration entre ceux qui appartiennent à différentes religions, dans un climat de respect et de confiance réciproque entre catholiques, orthodoxes et musulmans. C’est un signe important qu’une foi sincère en Dieu ouvre à l’autre, engendre dialogue et action pour le bien, alors que la violence naît toujours d’une mystification de la religion elle-même, adoptée en prétextant des projets idéologiques qui ont comme unique but la domination de l’homme sur l’homme. Également, au cours de mon récent voyage en Turquie, pont historique entre Orient et Occident, j’ai pu constater les fruits du dialogue œcuménique et inter-religieux, ainsi que l’engagement envers les réfugiés provenant des autres pays du Moyen Orient. J’ai retrouvé cet esprit d’accueil aussi en Jordanie, que j’ai visitée au début de mon pèlerinage en Terre Sainte, comme aussi dans le témoignage venu du Liban, à qui je souhaite de surmonter les difficultés politiques actuelles.

Un exemple qui m’est très cher de la manière dont le dialogue peut vraiment édifier et construire des ponts, vient de la récente décision des Etats Unis d’Amérique et de Cuba de mettre fin à un silence réciproque qui a duré plus d’un demi-siècle et de se rapprocher pour le bien de leurs citoyens. Dans cette perspective, j’adresse aussi une pensée au peuple du Burkina Faso, engagé dans une période de transformations politiques et institutionnelles importantes, afin qu’un esprit renouvelé de collaboration puisse contribuer au développement d’une société plus juste et plus fraternelle. Je relève, en outre, avec satisfaction la signature en mars dernier de l’accord qui met fin à de longues années de tensions aux Philippines. J’encourage également l’engagement en faveur d’une paix stable en Colombie, comme aussi les initiatives destinées à établir à nouveau la concorde dans la vie politique et sociale au Venezuela. Je souhaite aussi qu’on puisse bientôt parvenir à une entente définitive entre l’Iran et ce qui est appelé le Groupe des 5+1 sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des buts pacifiques, en appréciant les efforts accomplis jusqu’à maintenant. J’accueille, ensuite, avec satisfaction la volonté des Etats-Unis de fermer définitivement la prison de Guantánamo, soulignant la généreuse disponibilité de certains pays à accueillir les détenus. Et je remercie de tout cœur ces pays. Enfin, je désire exprimer mon appréciation et mon encouragement pour ces pays qui se sont activement engagés pour favoriser le développement humain, la stabilité politique et la cohabitation civile entre leurs citoyens.

Le 6 août 1945, l’humanité assistait à une des plus terribles catastrophes de son histoire. Pour la première fois, d’une façon nouvelle et sans précédents, le monde expérimentait jusqu’où peut aller le pouvoir destructeur de l’homme. Des cendres de cette effroyable tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale a surgi entre les Nations une volonté nouvelle de dialogue et de rencontre qui a donné naissance à l’Organisation des Nations-Unies, dont nous célébrerons cette année le 70 anniversaire. Au cours de la visite qu’il a accomplie au siège de l'ONU, il y a cinquante ans, mon Bienheureux prédécesseur, le Pape Paul VI, a rappelé que le sang de millions d’hommes, que des souffrances inouïes et innombrables, que d’inutiles massacres et d’épouvantables ruines sanctionnent le pacte qui vous unit, en un serment qui doit changer l’histoire future du monde, jamais plus la guerre, jamais plus la guerre! C’est la paix, la paix qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité! C’est aussi mon invocation confiante pour cette nouvelle année, qui verra par ailleurs la poursuite de deux importants processus : la rédaction de l’Agenda du développement post-2015, avec l’adoption des Objectifs du développement durable, et l’élaboration d’un nouvel Accord sur le climat. Et cela est urgent. Leur présupposé indispensable est la paix, qui jaillit de la conversion du cœur plus encore que de la fin de chaque guerre. C'est avec ces sentiments que je renouvelle à chacun de vous, à vos familles et à vos peuples, le souhait d’une année 2015 d’espérance et de paix".




Le Pape baptise trente-trois nouveaux-nés dans la Chapelle Sixtine


Cité du Vatican, 11 janvier 2015 (VIS). Ce matin, dans la Chapelle Sixtine, le Saint-Père a célébré la messe au cours de laquelle il a baptisé trente-trois nouveaux-nés, enfants d'employés du Vatican. Dans son homélie, citant la première lecture, le Pape a rappelé que le Seigneur se préoccupe de ses enfants comme un père, en leur donnant une nourriture substantielle: "Comme un bon père ou une bonne mère, Dieu veut donner de bonnes choses à ses enfants. Et l'aliment nourrissant qu'il donne est sa Parole". La Parole "nous fait grandir, nous fait porter de bons fruits dans la vie, comme la pluie et la neige font du bien à la terre et la rendent féconde. Ainsi vous, parents, et aussi vous, parrains et marraines, grands-parents, oncles et tantes, vous aiderez ces enfants à bien grandir si vous leur donnez la Parole de Dieu, l'Evangile de Jésus. Et donnez leur aussi par l'exemple! Tous les jours, prenez l'habitude de lire un passage de l'Evangile, petit, et emportez toujours avec vous un petit Evangile de poche, dans votre sac, pour le lire. Ce sera un exemple pour vos enfants, de voir leur papa, leur maman, leurs parrain et marraine, leurs grands-parents, leurs oncles et tantes, lire la Parole de Dieu... Vous, les mamans, donnez du lait à vos enfants, même maintenant, s'ils pleurent parce qu'ils ont faim, allaitez-les tranquillement. Remercions le Seigneur pour le don du lait, et prions pour les mamans, elles sont nombreuses malheureusement, qui ne sont pas en mesure de donner à manger à leurs enfants. Prions et cherchons à aider ces mamans. Donc, ce que fait le lait pour le corps, la Parole de Dieu le fait pour l'Esprit. La Parole de Dieu fait grandir la foi. Et grâce à la foi nous sommes engendrés par Dieu. C'est ce qui se passe dans le baptême. Nous avons écouté l'apôtre Jean: Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. C'est dans cette foi que vos enfants sont baptisés. Aujourd'hui c'est votre foi, chers parents, parrains et marraines. C'est la foi de l'Eglise dans laquelle ces petits reçoivent le baptême. Mais demain, avec la grâce de Dieu, ce sera leur foi, leur oui personnel à Jésus Christ qui nous donne l'amour du Père".

"Le baptême nous insère dans le corps de l'Eglise, dans le peuple saint de Dieu. Dans ce corps, dans ce peuple en chemin, la foi est transmise de génération en génération: c'est la foi de l'Eglise. C'est la foi de Marie, notre Mère, la foi de saint Joseph, de saint Pierre, de saint André, de saint Jean, la foi des apôtres et des martyrs, qui est arrivée jusqu'à nous, à travers le baptême, une chaîne de transmission de la foi... Il s'agit de se passer de main en main la lumière de la foi", a expliqué le Pape qui a évoqué la bougie que l'on allume au cierge pascal au cours du rite du baptême et qui représente le Christ ressuscité et vivant parmi nous. "Vous, les familles, vous prenez de Lui la lumière de la foi à transmettre à vos enfants. Cette lumière, vous la prenez dans l'Eglise, dans le corps du Christ, dans le peuple de Dieu qui marche en tous temps et en tous lieux. Enseignez à vos enfants que l'on ne peut être chrétiens en dehors de l'Eglise, que l'on ne peut suivre Jésus Christ sans l'Eglise, parce que l'Eglise est mère et nous fait grandir dans l'amour de Jésus Christ". Puis le Pape François a évoqué un autre aspect des lectures bibliques du jour: dans le baptême, nous sommes consacrés par l'Esprit Saint. "C'est ce que signifie le mot chrétien, consacré comme Jésus, dans le même Esprit dans lequel a été immergé Jésus dans toute son existence terrestre. Lui est le Christ, l'oint, le consacré, nous les baptisés nous sommes chrétiens, c'est-à-dire consacrés, oints. Alors chers parents, chers parrains et marraines, si vous voulez que vos enfants deviennent de vrais chrétiens, aidez-les à grandir immergés dans l'Esprit Saint, c'est-à-dire dans la chaleur de l'amour de Dieu, dans la lumière de sa Parole. C'est pourquoi, n'oubliez pas d'invoquer souvent l'Esprit, tous les jours... Souvent nous prions Jésus. Quand nous prions le Notre Père, nous prions le Père. Mais l'Esprit Saint nous ne le prions pas beaucoup. Il est si important de prier l'Esprit Saint, parce qu'il nous enseigne à faire avancer la famille, les enfants, pour que ces enfants grandissent dans l'atmosphère de la Trinité. C'est l'Esprit qui les fait avancer. C'est pourquoi n'oubliez pas d'invoquer souvent l'Esprit Saint, tous les jours".


La surdité à l'Esprit Saint conduit à un mutisme évangélique


Cité du Vatican, 11 janvier 2015 (VIS). La fête du baptême du Seigneur conclut le temps de Noël et le Pape, lors de l'angélus dominical, citant le passage de l'évangile de Marc, quand les cieux s'ouvrent au moment où Jean baptise Jésus dans le Jourdain, a dit que cet événement mettait fin "au temps des cieux fermés qui indiquaient la séparation entre Dieu et l'homme, conséquence du péché. Le péché nous éloigne de Dieu et brise le lien entre la terre et le ciel, déterminant ainsi notre misère et l'échec de notre vie. Les cieux ouverts indiquent que Dieu a donné sa grâce pour que la terre donne son fruit. Ainsi la terre est devenue la demeure de Dieu parmi les hommes, et chacun de nous a la possibilité de rencontrer le Fils de Dieu, en faisant l'expérience de tout son amour et son infinie miséricorde. Nous pouvons réellement le rencontrer dans le visage de nos frères, en particulier chez les pauvres, les malades, les prisonniers, les réfugiés qui sont la chair vivante du Christ souffrant et l'image visible du Dieu invisible". Avec le baptême de Jésus, ce ne sont pas seulement les cieux qui s'ouvrent, mais Dieu qui "parle de nouveau en faisant résonner sa voix: Tu es mon Fils bien aimé, tu as toute ma faveur. Et la descente de l'Esprit sous forme de colombe permet au Christ, le consacré du Seigneur, d'inaugurer sa mission qui est notre salut. L'Esprit Saint, le grand oublié de nos prières! Nous avons besoin de demander son aide, sa force, son inspiration. L'Esprit Saint qui a animé entièrement la vie et le ministère de Jésus, est le même Esprit qui aujourd'hui guide l'existence chrétienne, l'existence de tout homme et toute femme qui se dit et veut être chrétien. Mettre sous l'action de l'Esprit notre vie de chrétiens et la mission que nous avons tous reçu en vertu du baptême, signifie retrouver le courage apostolique nécessaire pour dépasser les arrangements mondains faciles... Un chrétien et une communauté sourds à la voix de l'Esprit, qui pousse à porter l'Evangile aux extrémités de la terre et de la société, deviennent aussi un chrétien et une communauté muets qui ne parlent ni n'évangélisent. Rappelez vous cela: priez souvent l'Esprit Saint pour qu'il nous aide, qu'il nous donne la force, l'inspiration, et qu'il nous fasse aller de l'avant", a conclu le Pape François qui, après l'angélus a demandé aux fidèles réunis Place St.Pierre, en particulier ceux provenant du Sri Lanka et des Philippines, de prier pour lui au cours du voyage apostolique qu'il entreprendra le lendemain dans ces pays.

Haïti: Reconstruite le pays, reconstruire les personnes


Cité du Vatican, 10 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les participants à la conférence sur l'Eglise et Haïti à cinq ans du séisme qui a dévasté l'île caraïbe, organisée par le Conseil pontifical Cor Unum, la Commission pontificale pour l'Amérique latine et la Conférence épiscopale haïtienne. Saluant les organisateurs et le travail accompli, le Pape a également eu une pensée pour "tous les fidèles qui ont voulu, de multiples façons, secourir le peuple haïtien après une tragédie qui a laissé derrière elle mort, destruction et désespoir. Avec l’aide apportée à nos frères et sœurs en Haïti, nous avons manifesté que l’Eglise est un grand corps, où les différents membres ont soin les uns des autres. C’est dans cette communion, animée par l’Esprit, que notre service de charité trouve sa raison profonde".

Beaucoup a été réalisé durant ces cinq années, a-t-il poursuivi, "pour reconstruire le pays. Toutefois bien du travail reste encore à faire. Et aussi bien ce qui s’est fait que ce qui, toujours avec l’aide de Dieu, pourra se faire, s’appuie sur trois piliers fondamentaux: La personne humaine, la communion ecclésiale et l’Eglise locale. La personne est au centre de l’action de l’Eglise. Nous venons de célébrer Noël, et l’Incarnation nous dit justement combien l’homme est important pour Dieu, qui a voulu assumer la nature humaine. Notre première préoccupation doit donc être d’aider l’homme, chaque homme, à vivre pleinement comme personne. Il n’y a pas de véritable reconstruction d’un pays sans reconstruction de la personne dans sa plénitude. Cela comporte de faire en sorte que chaque personne en Haïti ait le nécessaire au point de vue matériel, mais aussi en même temps qu’elle puisse vivre sa liberté, ses responsabilités et sa vie spirituelle et religieuse. La personne humaine a un horizon transcendant qui lui est propre, et l’Eglise la première ne peut délaisser cet horizon, qui a pour but la rencontre avec Dieu. C’est pourquoi, également en cette phase de reconstruction, l’action humanitaire et l’action pastorale ne sont pas concurrentes, mais complémentaires. Elles ont besoin l’une de l’autre car elles contribuent ensemble à former en Haïti des personnes mûres et des chrétiens qui à leur tour pourront se dépenser pour le bien de leurs frères. Que chaque type d’aide offert par l’Eglise à ce pays puisse avoir ce souci du bien intégral de la personne".

La communion ecclésiale s'est exprimée en Haïti dans la pluralité des acteurs et des approches de l’assistance et du développement. "C'est un facteur positif, un signe de la vitalité de l’Eglise et de la générosité de beaucoup... Mais la charité est encore plus vraie et plus incisive si elle est vécue dans la communion. La communion témoigne que la charité n’est pas seulement d’aider l’autre, mais c’est une dimension qui imprègne toute la vie et abat toutes ces barrières de l’individualisme qui nous empêchent de nous rencontrer. La charité est la vie intime de l’Eglise et elle se manifeste dans la communion ecclésiale. Communion entre les évêques et avec les évêques, qui sont les premiers responsables du service de la charité. Communion entre les différents charismes et les institutions de charité, parce que personne d’entre nous ne travaille pour soi-même, mais au nom du Christ, qui nous a montré le chemin du service. Ce serait une contradiction de vivre séparés la charité. C’est pourquoi je vous invite à renforcer toutes les méthodes qui permettent de travailler ensemble. La communion ecclésiale se reflète aussi dans la collaboration avec les pouvoirs publics et avec les institutions internationales, pour que tous recherchent le progrès authentique du peuple haïtien, dans l’esprit du bien commun".
"Enfin, je voudrais souligner l’importance de l’Eglise locale, parce c’est en elle que l’expérience chrétienne se fait tangible. Il est nécessaire que l’Eglise en Haïti devienne toujours plus vivante et féconde, pour témoigner du Christ et pour donner sa contribution au progrès de ce pays". Le clergé doit susciter "chez les fidèles un engagement redoublé dans la formation chrétienne et dans l’évangélisation joyeuse et féconde. Le témoignage de la charité évangélique est efficace lorsqu’il est soutenu par la relation personnelle avec Jésus dans la prière, dans l’écoute de la parole de Dieu et dans la réception des sacrements. Là se trouve la force de l’Eglise locale". Poursuivez donc "le chemin que vous avez entamé... Que Marie notre Mère vous guide et vous protège".


Rencontre des Présidents des Conférences épiscopales européennes


Cité du Vatican, 10 janvier 2015 (VIS). Les Présidents des Conférences épiscopales européennes et les Supérieurs de la Congrégation pour la doctrine de la foi se réuniront du 13 au 15 janvier à Esztergom (Hongrie). Par l'Instruction du 23 février 1967, la Congrégation pour la doctrine de la foi, à la demande de Paul VI, avait demandé aux conférences épiscopales d'instituer en leur sein une Commission doctrinale, comme organe de conseil pour elles et pour les évêques dans leur sollicitude pour la doctrine de la foi. En vue de renforcer la collaboration entre la Congrégation et les Commissions doctrinales, il a été décidé en 1982 de réunir périodiquement les présidents de ces commissions au niveau continental. Une des caractéristiques originales de ces réunions est que les supérieurs de la Congrégation se déplacent d'un continent à l'autre, soulignant ainsi l'importance de maintenir les instances locales et régionales et leurs responsabilités dans le traitement des questions doctrinales. La première de ces réunions, à l'époque où le Cardinal Joseph Ratzinger était Préfet de la Congrégation, a eu lieu en Amérique latine, à Bogota (1984), et fut suivie des rencontres au Kinshasa, en Afrique (1987), à Vienne, en Europe (1989), à Hong Kong, en Asie (1993), à Guadalajara, en Amérique latine (1996) et à San Francisco, aux Etats-Unis (1999). Au cours du mandat du Cardinal William Levada une autre réunion a eu lieu à Dar es Salaam en Afrique (2009). Aujourd'hui, le Cardinal Peter Erdö, Archevêque d'Esztergom - Budapest qui est le Président du Conseil des Conférences épiscopales d'Europe (CCEE), a répondu à la demande du Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation, de soutenir les épiscopats locaux, comme l'a souligné le Pape François, dans son engagement pour la promotion et la protection de la doctrine de la foi, en tenant compte des nouveaux défis du continent européen

Note à propos de la sécurité du Vatican


Cité du Vatican, 12 janvier 2015 (VIS). Sollicité par des journalistes, le Directeur de la Salle de Presse a déclaré ce midi: "Contrairement à ce qu'ont publié certains media, le Saint-Siège n'a reçu aucune indication des services de sécurité étrangers à propos d'un risque d'attentat. Comme à l'habitude, il reste en contact avec ces services qui, vu le contexte, invitent à la prudence et à la vigilance, même si il n'existe pas de signal d'un risque. Il n'y a donc pas lieu d'alimenter une préoccupation qui, n'étant pas d'actualité, pourrait seulement troubler la sérénité de qui travaille comme la tranquillité des pèlerins et touristes fréquentant chaque jour le Vatican".

Audiences


Cité du Vatican, 10 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 12 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le P.Fernand J.Cheri, OFM, Auxiliaire de l'Archevêque de New Orleans (USA). L'Evêque élu, né en 1952 à New Orleans (USA) et ordonné prêtre en 1978, a émis ses vœux religieux en 1996. Il était jusqu'ici directeur de campus près la Qincy University. Licencié en théologie, il a été curé et administrateur de paroisses, aumônier d'université, et a occupé de nombreuses fonctions au sein de son ordre.

Mgr.Janusz Urbanczyk, Représentant permanent près l'AIEA, près l'OSCE et près la Commission préparatoire de la CTBTO, Observateur permanent près l'ONUDI et près le Bureau des Nations-Unies de Vienne.

Samedi dernier, 10 janvier, il avait nommé:

Mgr.Juan Barros Madrid, Evêque d'Osorno (superficie 9.236, population 241.000, catholiques 125.000, prêtres 204, diacres 23, religieux 97), au Chili. Il était jusqu'ici Ordinaire militaire pour le Chili.

Mgr.Nicolò Anselmi, Auxiliaire de l'Archevêque de Gênes (Italie). L'Evêque élu, né en 1961 à Gênes (Italie) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Vicaire épiscopal, curé de paroisse et membre du Presbyterium de ce même diocèse. Licencié en théologie, il a été enseignant, responsable régional de la pastorale, Vice Directeur du centre diocésain pour les vocations.

Mgr.Guglielmo Borghetti, Coadjuteur de l'Evêque d'Albenga - Imperia (Italie). Il était jusqu'ici Evêque de Pitigliano - Sovana - Orbetello (Italie).

Mgr.Eugene Martin Nugent, Nonce apostolique en Haïti, jusqu'ici Nonce à Madagascar, à Maurice et aux Seychelles, Délégué apostolique pour les Comores et faisant office de Délégué pour La Réunion (France).


In memoriam


Cité du Vatican, 12 janvier 2015 (VIS). Voici les données relatives aux prélats décédés ces derniers mois et semaines:

Mgr.Sofron Stefan Wasyl Mudry, OSBM, Evêque émérite d'Ivano - Frankivsk (Ukraine), le 31 octobre 2014 à 90 ans.

Mgr.Alberto Johannes Först, O.Carm, Evêque émérite de Dourados (Brésil), le 1 novembre 2014 à 87 ans.

Mgr.James Mwewa Spaita, Archevêque émérite de Kasama (Zambie), le 4 novembre 2014 à 80 ans.

Mgr.Juan Antonio Flores Santana, Archevêque émérite de Santiago de los Caballeros (République Dominicaine), le 9 novembre 2014 à 87 ans.

Mgr.Caetano Antônio Lima dos Santos, OFM.Cap, Evêque émérite d'Ilhéus (Brésil), le 11 novembre 2014 à 98 ans.

Mgr.Henri Brincard, CRSA, Evêque du Puy-en-Velay (France), le 14 novembre 2014 à 74 ans.

Mgr.Javier Azagra Labiano, Evêque émérite de Cartagena (Espagne), le 16 novembre 2014 à 91 ans.

Mgr.Jeremiah Joseph Coffey, Evêque émérite de Sale (Australie), le 19 novembre 2014 à 81 ans.

Mgr.Leonard James Olivier, SVD, Auxiliaire émérite de Washington (USA), le 19 novembre 2014 à 91 ans.

Mgr.Sebleio Peralta Alvarez, Evêque de San Lorenzo (Paraguay), le 19 novembre 2014 à 75 ans.

Le Cardinal Fiorenzo Angelini (Italie), Président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, le 22 novembre 2014 à 98 ans.

Mgr.Joseph Francis Maguire, Evêque émérite de Springfiled (USA), le 23 novembre 2014 à 95 ans.

Mgr.Joseph Thomas Dimino, Ordinaire militaire émérite pour les Etats-Unis, le 25 novembre 2014 à 91 ans.

Mgr.Alfredo Ernest Novak, CSSR, Evêque émérite de Paranaguá (Brésil), le 3 décembre 2014 à 84 ans.

Mgr.Patrick Edward O’Connor, Evêque émérite de Tokelau (Nouvelle Zélande), le 3 décembre 2014 à 82 ans.
Le Cardinal Jorge Mejía (Argentine), Archiviste Bibliothécaire émérite, le 9 décembre 2014 à 91 ans.

Mgr.Georges Lagrange, Evêque émérite de Gap (France), le 11 décembre 2014 à 85 ans.

Mgr.Anthony Edward Pevec, Auxiliaire émérite de Clevleand (USA), le 14 décembre 2014 à 89 ans.

Mgr.Stephen Hector Youssef Doueihi, Evêque émérite de Saint Maron de Brooklyn (USA), le 17 décembre 2014 à 87 ans.

Mgr. Claude Frikart, CIM, Auxiliaire émérite de París (France), le 18 décembre 2014 à 92 ans.

Mgr.Giuseppe Pittau, SJ (Italie), Secrétaire émérite de la Congrégation pour l'éducation catholique, le 26 décembre 2014 à 86 ans.

Mgr.Géry Leuliet, Evêque émérite d'Amiens (France), le 1 janvier 2015 à 104 ans.

Mgr.Paulinus Costa, Archevêque émérite de Dhaka (Bangladesh), le 3 janvier 2015 à 78 ans.

Mgr.Natalino Pescarolo, Evêque émérite de Cuneo (Italie), le 4 janvier 2015 à 85 ans.

Mgr.Bernard Joseph McLaughlin, Auxiliaire émérite de Buffalo (USA), le 5 janvier 2015 à 102 ans.



Mgr.Joseph Djida, OMI, Evêque de Ngaoundéré (Cameroun), le 6 janvier 2015 à 69 ans.

vendredi 9 janvier 2015

Prochaine Conférence sur Haïti


Cité du Vatican, 9 janvier 2015 (VIS). Comme annoncé, s'ouvre demain au Vatican une conférence sur l'Eglise et Haïti à cinq ans du séisme qui a dévasté l'île caraïbe. Organisateurs, le Conseil Cor Unum, la Commission pour l'Amérique latine et la Conférence épiscopale haïtienne ont tenu à appliquer la recommandation du Saint-Père de rester attentifs aux conséquences de la catastrophe sur la population dans la phase de reconstruction en cours. Outre des dégâts très grands, le séisme avait provoqué 230.000 victimes et affecté la vie de trois millions de personnes, détruisant jusqu'aux hôpitaux. La conférence, qui permettra notamment de faire le point sur les aides financières et les projets lancés en 2010, réunira des représentants de l'épiscopat local, d'autres Eglises de la région, du Saint-Siège et du corps diplomatique accrédités auprès de lui. Les travaux seront ouverts par le Cardinal Ouellet, comme Président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine, suivi du Cardinal Sarah, Président de Cor Unum, qui a géré jusqu'à fin 2014 les aides du Pape à l'Eglise haïtienne. Il sera ensuite question du processus de restauration matériel et spirituel du pays, le débats étant animé par le Cardinal Langlois, Evêque des Cayes et Président de la Conférence épiscopale, Mgr.Wenski, Archevêque de Miami, M.Alberto Piatti, Président de l'association des volontaires actifs à Haïti, et Eduardo Marques de Almeida, ancien représentant de la banque inter-américaine de développement pour Haïti. En fin de matinée, les participants seront reçu par le Pape. L'après-midi sera réservée aux interventions des acteurs de la reconstruction, qui échangeront leurs expériences et aborderont les questions de coopération internationale, les priorités et les critères d'action pour la phase suivante. Le Secrétaire du Conseil pontifical, Mgr.Dal Toso proposera en conclusion un éventail des problématiques ouvertes. Une messe de clôture sera célébrée par le Cardinal Secrétaire d'Etat, à 18 h 30' en l'église de la Traspontina.

Audiences


Cité du Vatican, 9 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

Le Cardinal Godfried Danneels (Belgique).


Mgr.Julio Murat, Nonce apostolique en Zambie et au Malawi.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 9 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Pietro Milite (Italie), Prélat Auditeur du Tribunal de la Rote Romaine, jusqu'ici Promoteur de Justice.

jeudi 8 janvier 2015

Le Directeur de la Salle de Presse réagit à l'attentat de Paris


Cité du Vatican, 8 janvier 2015 (VIS). Hier après-midi, le P.Federico Lombardi avait réagi à l'attentat ayant ensanglanté Paris en diffusant la note suivante: "Le Saint-Père exprime la plus ferme condamnation de l'horrible attentat ayant frappé ce matin la ville de Paris, qui a fait de nombreuses victimes, semant la mort et jetant dans la consternation la société française toute entière, scandalisant profondément toutes les personnes aimant la paix, et ce bien au-delà des frontières françaises. Le Pape François s'unit dans la prière aux souffrances des blessés et des familles des défunts, exhortant tout le monde à s'opposer par tous les moyens à la diffusion de la haine et de toute forme de la violence physique et morale qui détruit la vie humaine, viole la dignité des personnes, mine radicalement le bien fondamental de la coexistence pacifique entre personnes et peuples, malgré les différences de nationalité, de religion et de culture. Quelles que puisse être la motivation, la violence homicide est abominable, jamais justifiable. La vie et la dignité de tous doivent être garanties et défendues avec décision, toute instigation à la haine refusée, le respect de l'autre cultivé. Le Pape exprime sa proximité, sa solidarité spirituelle et son soutien à tous ceux qui, selon leurs responsabilités variées, continueront à s'engager avec constance en faveur de la paix, de la justice et du droit, afin de guérir en profondeur les sources et les causes de la haine en ce moment douloureux et dramatique, en France comme les parties du monde marquées par des tensions et des violences". 

Le Pape s'unit au deuil des français


Cité du Vatican, 8 janvier 2015 (VIS). Ce matin, la messe du Pape à Ste.Marthe a été célébrée en suffrage des victimes de l'attentat de Paris. C'est un acte, a-t-il dit à l'homélie, qui démontre une grande cruauté, "une cruauté humaine. Il nous rappelle tant d'actes terroristes isolés ainsi que le terrorisme d'état. De quelle cruauté l'homme est-il capable! Prions pour les victimes de cette dernière cruauté, mais aussi pour ses auteurs afin que le Seigneur convertissent leurs coeurs".
Par ailleurs, le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat, a adressé le télégramme suivant au Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris: "Apprenant le terrible attentat survenu à Paris au siège de Charlie Hebdo, faisant plusieurs victimes, Sa Sainteté le Pape François s’associe par la prière à la peine des familles endeuillées et à la tristesse de tous les Français. Il confie les victimes à Dieu, plein de miséricorde, le priant de les accueillir dans sa lumière. Il exprime sa profonde sympathie aux personnes blessées et à leurs familles, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans leur épreuve. Le Saint-Père condamne une nouvelle fois la violence qui génère tant de souffrances, et demandant à Dieu de faire le don de la paix, il invoque sur les familles éprouvées et sur les Français le bienfait des Bénédictions divines".


Visite d'une Délégation yazidite


Cité du Vatican, 8 janvier 2015 (VIS). Le Pape a reçu ce matin une délégation de la Communauté mondiale des Yazidites, conduite par leur chef suprême Mir Tashin Said Ali-beg et leur plus haute autorité religieuse SS Baba Sheik Khato. Elle comprenait des yazidis d'Irak du nord, de Géorgie et de la diaspora d'Allemagne. Ses hôtes, qui l'ont salué comme "père des pauvres", l'ont remercié de son soutien dans cette période de persécution des Yazidites. Ils l'ont ensuite informé de la situation dans laquelle se trouvent les 5.000 femmes yazidites réduites en esclavage par l'ISIS , soulignant la qualité des rapports et la solidarité entre les chrétiens irakiens et leur peuple. De son côté, il leur a renouvelé sa proximité spirituelle et espéré le rétablissement rapide de la justice à leur égard, mais aussi d'une existence libre et pacifique pour eux et les autres minorités persécutées et objet de violences. De part le monde, les Yazidites sont un million et demi, dont un demi million établi en Irak. D'autres communautés sont établies en Turquie, Géorgie et en Arménie, plus une diaspora en Occident.        

Déclaration du Conseil pour le dialogue inter-religieux


Cité du Vatican, 8 janvier 2015 (VIS). Voici la déclaration diffusée ce midi par le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux:"

Alors que prend fin la rencontre romaine de quatre Imams de France, qui ont participé avec une délégation de la Conférence épiscopale française à l'audience générale d’hier, les participants, choqués par l'odieux attentat qui a visé le siège de la publication Charlie Hebdo, désirent encore une fois s'associer aux paroles prononcées hier et ce matin par le Pape François pour dénoncer la cruauté et la violence aveugle. Comme lui, nous invitons les croyants à manifester par l'amitié et la prière leur solidarité humaine et spirituelle envers les victimes et leurs familles. Dans ces circonstances, il convient de rappeler que sans la liberté d'expression, le monde est en danger. Il est impératif de s'opposer à la haine et à toute forme de violence qui détruit la vie humaine, viole la dignité de la personne, mine radicalement le bien fondamental de la coexistence pacifique entre les personnes et les peuples, au-delà des différences de nationalité, de religion et de culture. Les responsables religieux sont appelés à promouvoir toujours davantage une culture de paix et d'espérance, capable de vaincre la peur et de construire des ponts entre les hommes. Considérant l'impact des moyens de communication, ils invitent leurs responsables à offrir une information respectueuse des religions, de leurs adeptes et de leurs pratiques, favorisant ainsi une culture de la rencontre. Le dialogue inter-religieux demeure la seule voie à parcourir ensemble pour dissiper les préjugés".


Ce document porte les signatures du Cardinal Jean-Louis Tauran, Président du dicastère, et de Mgr.Michel Dubost, Evêque d'Evry Corbeil -Essonnes et Président du Conseil épiscopal français pour les relations inter-religieuses, de MM.les Imams Tareq Oubrou, Azzedine Gaci, Mohammed Moussaoui et Djelloul Seddiki, et de l'Abbé Christophe Roucou (Mission de France), Directeur du Service national pour les relations avec l'Islam (France).

Audiences


Cité du Vatican, 8 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique.

Le Cardinal Raymond Leo Burke, Patron de l'Ordre de Malte.

Le Cardinal André Vingt-Trois, Achevêque de Paris (France).

Mgr.Santiago Olivera, Evêque de Cruz del Eje (Argentine).

M.Nicola Zingaretti, Président de la Région Latium (Italie).


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 8 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Joël Mercier, Secrétaire de la Congrégation pour le clergé, avec rang archiépiscopal. L'Evêque élu, né en 1945 à Chaudefonds-sur-Layon (France) et ordonné prêtre en 1970, était jusqu'ici Official de ce même dicastère. Docteur en droit canonique, il a été vicaire de paroisse et aumônier de lycée, secrétaire de l'Evêque d'Angers, juge ecclésiastique et professeur près la Faculté de théologie d'Angers, puis Directeur spirituel au séminaire français de Rome.


mercredi 7 janvier 2015

La place centrale de la mère dans la société et dans la communauté chrétienne


Cité du Vatican, 7 janvier 2015 (VIS). Durant la première audience générale de l'année, tenue Salle Paul VI, le Pape est revenu sur la fête de Marie Mère de Dieu et sur l'Epiphanie, reprenant le récit de l'adoration des Mages selon Mathieu. Tout être humain "doit la vie à une mère, qui marque souvent aussi le reste de son existence par l'éducation et la formation religieuse. Quoique souvent chantée, la vision poétique ou symbolique de la mère n'est généralement pas suivie par une reconnaissance pratique. Si son rôle central est peu considéré, elle est souvent exploitée comme pour économiser sur les frais sociaux". Il en va de même dans l'Eglise, alors que la mère de Jésus y occupe une place centrale. "Il conviendrait de mieux percevoir les efforts que les mères déploient en famille et les attentes légitimes de leur émancipation... Elles sont la meilleure antidote à l'individualisme et à l'égoïsme. Si individu signifie ce qu'on ne peut diviser, les mères se dédoublent dès qu'elles mettent au jour un enfant et le font grandir... Ce sont elles qui détestent le plus les guerres qui tuent leurs fils, et qui témoignent le mieux de la beauté de la vie. Oscar Arnulfo Romero parlait du martyre maternel. Lors des funérailles d'un prêtre assassiné par les Escadrons de la Mort, il se fit l'écho de Vatican II en rappelant que nous devons tous être prêts à mourir pour la foi même si le Seigneur ne nous fait pas l'honneur de nous y soumettre. Offrir sa vie ne signifie pas obligatoirement mourir. Avoir l'esprit du martyre signifie servir dans le silence et la prière, accomplir son devoir avec honnêteté... Comme une mère, qui vit petit à petit et sans crainte le martyre maternel...il s'agit d'un choix de vie. Une société sans mères serait inhumaine. Les mères sont présentes y compris dans les pires moments. Pleines d'attentions, elles sont une force morale qui transmet souvent aussi aux enfants le sens profond de la religion et de sa pratique... Il s'agit d'un message que les mères croyantes savent transmettre sans explications. Si celles-ci viendront après, elles font grandir le germe de la foi sans lequel il n'y aurait pas de nouvelles générations de fidèles. Sans les mères...la foi perdrait bonne part de sa chaleur et de sa profondeur... Or l'Eglise est notre mère. Nous avons une mère et ne sommes pas orphelins. Nous sommes fils de Marie et fils de l'Eglise Merci à vous les mères pour ce que vous êtes au sein de la famille, pour ce que vous offrez à l'Eglise et au monde. Merci à toi, Eglise, d'être notre mère, et à Marie d'être la mère de Dieu qui nous présente Jésus".


Après la catéchèse, le Pape François a notamment salué des imans français engagés dans le dialogue islamo-chrétien, ainsi qu'un groupe de polonais survivants d'Auschwitz, camp l'extermination libéré in y a soixante-dix ans.

Après la catéchèse


Cité du Vatican, 7 janvier 2015 (VIS). Après la catéchèse, le Pape a notamment salué les artistes du Golden Circus ayant exécutés des numéros en sa présence, les qualifiant de créateurs de beauté: Et la beauté fait du bien à l'âme! La vie quotidienne est faite, a-t-il dit, d'automatismes, de gestes qu'il faut faire, mais aussi de pensée. Nous sommes des animaux pensants, même si nous ne pensons comme les animaux. La pensée, le langage de l'esprit, est important. Nous sommes des personnes et avons la capacité d'aimer, qui est le langage du coeur. Ces trois langages créent l'harmonie de la personne, la beauté comme celle que nous venons de voir exprimée à l'occasion de ce spectacle. Dieu est vérité et bonté, et plus encore beauté. Trop souvent nous oublions la beauté de Dieu, de la beauté du monde. L'humanité a un grand besoin de beauté. Souvenons-nous de cela et remercions ces artistes d'être des créateurs de beauté.    

Les Mages n'ont pas rejeté la faiblesse de l'Enfant


Cité du Vatican, 6 janvier 2015 (VIS). Le Pape a célébré ce matin en la Basilique vaticane la traditionnelle messe de l’Epiphanie, rappelant à l'homélie que le Christ, né de la Vierge Marie, "est venu non seulement pour le peuple d’Israël, représenté par les bergers de Bethléem, mais aussi pour l’humanité entière, représentée aujourd’hui par les Mages, venus d’Orient...à la recherche du Messie". Ils furent "les premiers de cette grande procession dont a parlé le prophète Isaïe... C'est une procession qui ne s’interrompt plus, et qui, à chaque époque, reconnaît le message de l’étoile et trouve l’Enfant qui nous indique la tendresse de Dieu. Il y a toujours de nouvelles personnes qui sont éclairées par la lumière de l’étoile, qui trouvent le chemin et arrivent jusqu’à lui. Les Mages...représentent les hommes et les femmes à la recherche de Dieu dans les religions et dans les philosophies du monde entier. une recherche qui n’a jamais de fin. Des hommes et des femmes sont dans une recherche qui n’aura jamais de fin. En cherchant la vérité véritable, ils nous indiquent la route sur laquelle marcher dans notre vie... En suivant une lumière ils cherchaient la Lumière. Ils allaient à la recherche de Dieu. Après avoir vu l’étoile, ils l’ont interprété ce signe et se sont mis en chemin pour un long voyage. C’est l’Esprit Saint qui les a appelés et qui les a poussés à partir...la rencontre personnelle avec le vrai Dieu.

En chemin, les Mages ont rencontré beaucoup de difficultés: Quand ils arrivent à Jérusalem, ils vont au palais du roi..., perdant de vue l’étoile. Que de fois l’étoile se perd de vue! Et ils rencontrent une tentation diabolique, la tromperie d’Hérode. Intéressé par l’enfant, le roi n'entend pas l’adorer mais l’éliminer. Hérode est l’homme de pouvoir, qui ne réussit à voir dans l’autre que le rival. Et au fond, il considère aussi Dieu comme un rival, même comme le rival le plus dangereux. Dans le palais, les Mages traversent un moment d’obscurité, de désolation, qu’ils réussissent à surmonter grâce à l’Esprit, qui parle par les prophéties annonçant que le Messie naîtrait à Bethléem, la cité de David. Reprenant leur route, ils voient à nouveau l’étoile et en éprouvent une très grande joie et une véritable consolation. Arrivés à Bethléem, ils trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère. Après celle de Jérusalem, ils eurent la grande tentation de refuser cette petitesse. Et au contraire, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui, lui offrant leurs dons précieux et symboliques. C’est toujours la grâce de l’Esprit qui les aide...et les fait entrer dans le mystère... Ils arrivent à reconnaître que les critères de Dieu sont très différents de ceux des hommes, que Dieu ne se manifeste pas dans la puissance de ce monde, mais s’adresse à nous dans l’humilité de son amour. L’amour de Dieu est grand, il est puissant, tellement humble! Les Mages sont ainsi des modèles de conversion à la vraie foi parce qu’ils ont cru davantage dans la bonté de Dieu que dans l’apparente splendeur du pouvoir.


Alors nous, que pouvons-nous demander? Quel est ce mystère dans lequel Dieu se cache? Où puis-je le rencontrer? Nous voyons autour de nous des guerres, l’exploitation des enfants, des tortures, des trafics d’armes, la traite des personnes…. Dans toutes ces réalités, dans tous ces frères et sœurs les plus petits qui souffrent à cause de ces situations, il y a Jésus. La crèche nous présente un chemin différent de celui rêvé par la mentalité mondaine, le chemin de l’abaissement de Dieu. C'est l'humilité de l’amour de Dieu qui s’abaisse, s’anéantit, sa gloire étant cachée dans la mangeoire de Bethléem, dans la croix sur le calvaire, dans le frère et dans la sœur qui souffrent. Les mages sont entrés dans le mystère, passant des calculs humains au mystère. Telle a été leur conversion. Et la nôtre? Demandons au Seigneur qu’il nous accorde de vivre le même chemin de conversion des Mages. Qu’il nous défende et nous libère des tentations qui nous cachent l’étoile... Demandons-nous sans cesse où est l’étoile?... Au milieu des tromperies mondaines, nous l’avons perdue de vue. Que nous apprenions à toujours mieux connaître le mystère de Dieu. Que nous ne nous scandalisions pas du signe donné par les anges: Un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Ayons aussi l’humilité de demander à notre Mère de nous le montrer. Que nous trouvions le courage de nous libérer de nos illusions, de nos présomptions, de nos lumières, et que nous cherchions ce courage dans l’humilité de la foi et que nous puissions rencontrer la Lumière... Comme les Mages, puissions-nous entrer dans le mystère". 

Un voyage de l'âme vers le Christ


Cité du Vatican, 6 janvier 2015 (VIS). La méditation du Pape, avant l'angélus récité avec les fidèles réunis Place St.Pierre, a porté sur le voyage des Mages qui, a-t-il dit, ont "témoigné par leur adoration que Jésus est venu au monde pour sauver tous les peuples, non un seul. En cette fête notre regard doit s'élargir au monde entier pour célébrer la manifestation du Seigneur, la manifestation de son amour universel et du salut qu'il offre à tous... Père et créateur de toute chose, il est aussi notre sauveur. C'est pourquoi nous devons être confiants...de tous, y compris de qui semble éloigné du Seigneur mais qui est objet de son amour fidèle. Le récit des Mages expose leur rencontre avec le Christ, grâce à la confiance placée dans le signe qui leur a indiqué sa présence... Leur expérience préfigure le cheminement de tout fidèle... L'étoile qui guide vers Jésus est la Parole, qui renouvelle sans cesse chacun de nous comme la communauté, qui nous régénère... C'est pourquoi il ne faut pas oublier de la lire et de la méditer quotidiennement. Cette flamme en nous guide nos pas et ceux de qui a du mal à trouver le chemin de Dieu". Ensuite, le Saint-Père a rappelé la Journée mondiale de l'enfance missionnaire, une "fête pour des enfants qui vivent la foi dans la joie et prient afin que la lumière de Jésus touche leurs contemporains et encourage les éducateurs à cultiver l'esprit missionnaire afin que naisse parmi eux des témoins de la tendresse de Dieu annonciateurs de son amour".

Renforcer la lutte contre l'épidémie Ebola


Cité du Vatican, 7 janvier 2015 (VIS). Le Conseil pontifical Iustitia et Pax publie un document sur le renforcement de l'engagement de l'Eglise catholique contre la grave épidémie d'Ebola, saluant d'emblée l'action des Eglises de Guinée, Liberia et Sierra Leone. Face à la crise, le Saint-Siège entend leur fournir une aide financière afin d'accroître l'assistance sanitaire et la cure pastorale des malades et du personnel de santé. Il entend également encourager les bienfaiteurs, privés comme publics, à soutenir les populations africaines frappées par cette crise. L'argent récolté servira aux fournitures de première nécessité, au transport des malades et à l'entretien des structures hospitalières. L'aide directe du Saint-Siège prendra en compte des populations périphériques à l'actuelle zone de crise de manière à lutter contre le risque d'extension géographique. Elle servira à soutenir les familles touchées par le virus et les enfants orphelins, mais aussi à offrir une meilleure formation au clergé, religieux et volontaires laïques engagés dans la pastorale. Ainsi les efforts du Saint-Siège se porteront-ils avant tout sur les paroisses qui forment le réseau de base d'information des survivants. Le document offre pour la première fois une réponse pastorale à une maladie ayant déjà décimé des ´regions entières d'Afrique occidentale.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 7 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.José Antônio Peruzzo, Archevêque de Curitiba (superficie 5.751, population 2.244.000, catholiques 1.821.000, prêtres 1.067, diacres 64, religieux 1.549), au Brésil. Il était jusqu'ici Evêque de Palmas - Francisco Beltrao (Brésil).


L'Abbé Leomar Antônio Brustolin, Auxilliare de l'Archevêque de Porto Alegre (Brésil). L'Evêque élu, né en 1967 à Caxias do Sul (Brésil) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Curé de la cathédrale de Caxias do Sul (Brésil). Docteur en théologie, il a été professeur près l'Université pontificale de Porto Alegre, directeur d'un cours de théologie pour laïcs et Directeur du Centre de théologie de Caxias do Sul.

lundi 5 janvier 2015

Il n'y a pas d'avenir sans paix!


Cité du Vatican, 4 janvier 2015 (VIS). "Les hommes parlent beaucoup de la lumière mais ils préfèrent souvent la tranquillité trompeuse de l'obscurité. Nous parlons beaucoup de la paix, mais nous recourons souvent à la guerre ou choisissons le silence complice, ou encore nous n'agissons pas concrètement pour construire la paix", a dit le Pape François aux fidèles réunis Place St.Pierre, lors du premier angélus dominical de l'année. "Le cœur de l'homme peut refuser la lumière et préférer les ténèbres, parce que la lumière met à nu ses œuvres mauvaises. Qui fait le mal déteste la lumière. Qui fait le mal déteste la paix. Nous venons de commencer il y a quelques jours une nouvelle année au nom de la Mère de Dieu et célébré la Journée mondiale de la paix sur le thème: Non plus esclaves mais frères. Mon souhait est que l'on dépasse l'exploitation de l'homme par l'homme. Cette exploitation est une plaie sociale qui mortifie les rapports interpersonnels et empêche une vie de communion imprégnée de respect, de justice et de charité. Tout homme et tout peuple a faim et soif de paix. Il est donc nécessaire et urgent de construire la paix! La paix n'est pas seulement l'absence de guerre mais une condition générale dans laquelle la personne humaine est en harmonie avec elle-même, en harmonie avec la nature et en harmonie avec les autres... Cependant, faire taire les armes et éteindre les foyers de guerre reste une condition indispensable pour envisager un chemin vers la paix sous ses différents aspects. Je pense aux conflits qui ensanglantent encore trop de régions de la planète, aux tensions dans les familles et dans les communautés, dans combien de familles, combien de communautés même paroissiales, y a-t-il la guerre!, ainsi qu'aux violentes oppositions dans nos villes et nos pays entre des groupes d'origines culturelle, ethnique et religieuse différentes. Nous devons nous convaincre, même si les apparences sont contraires, que la concorde est toujours possible, à tous les niveaux et dans toutes les situations. Il n'y a pas d'avenir sans propositions et projets de paix! Il n'y a pas d'avenir sans paix!".


Le Pape a ensuite souligné que la paix est annoncée comme un don spécial de Dieu, dans la naissance du Rédempteur: Paix sur terre aux hommes que Dieu aime. Ce don -a-t-il ajouté- doit être imploré chaque jour dans la prière... et accueilli chaque jour avec engagement dans les situations dans lesquelles nous nous trouvons. A l'aube de cette nouvelle année, nous sommes tous appelés à raviver dans notre cœur un élan d'espérance qui doit se traduire dans des œuvres concrètes de paix...dans ta maison, dans ta communauté, dans ton travail... des œuvres de paix, de réconciliation et de fraternité. Chacun d'entre nous doit accomplir des gestes de fraternité à l'égard du prochain, notamment de ceux qui sont éprouvés par des tensions familiales ou des désaccords en tous genres. Ces petits gestes ont beaucoup de valeur. Ils peuvent être des graines d'espérance, ils peuvent ouvrir des routes et des perspectives de paix". C'est pourquoi le Saint-Père a encouragé les fidèles à invoquer Marie, Reine de la Paix, qui "au cours de sa vie terrestre, a connu des difficultés liées à la fatigue quotidienne de l'existence. Mais elle n'a jamais perdu la paix du cœur, fruit de l'abandon confiant à la miséricorde de Dieu. Demandons à Marie notre tendre Mère d'indiquer au monde entier la voie sûre de l'amour et de la paix".

De nouveaux Cardinaux


Cité du Vatican, 4 janvier 2015 (VIS). A la fin de l'angélus, le Pape François a donné la liste des 20 Cardinaux (15 électeurs et 5 non électeurs) qui seront créés le 14 février. Provenant de 14 pays, ils représentent les liens entre l'Eglise de Rome et les Eglises répandues de par le monde. Le lendemain du consistoire, le Saint-Père concélébrera une messe avec eux. Parallèlement se déroulera sur deux jours une réunion du Sacré Collège consacrée à la réforme de la Curie Romaine. Voici la liste des nouveaux Cardinaux.

Cardinaux électeurs:

Mgr.Dominique Mamberti, Préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique (France).
Mgr.Manuel José Macário do Nascimento Clemente, Patriarche de Lisbonne (Portugal).
Mgr.Berhaneyesus Demerew Souraphiel, CM, Archevêque d'Addis Abeba (Ethiopie).
Mgr.John Atcherley Dew, Archevêque de Wellington (Nouvelle Zélande).
Mgr.Edoardo Menichelli, Archevêque d'Ancona - Osimo (Italie).
Mgr.Pierre Nguyên Văn Nhon, Archevêque de Hanoï (Vietnam).
Mgr.Alberto Suárez Inda, Archevêque de Morelia (Mexique).
Mgr.Charles Maung Bo, SDB, Archevêque de Yangon (Myanmar).
Mgr.Francis Xavier Kriengsak Kovithavanij, Archevêque de Bangkok (Thaïlande).
Mgr.Francesco Montenegro, Archevêque d'Agrigento (Italie).
Mgr.Daniel Fernando Sturla Berhouet, SDB, Archevêque de Montevideo (Uruguay).
Mgr.Ricardo Blázquez Pérez, Archevêque de Valladolid (Espagne).
Mgr.José Luis Lacunza Maestrojuán, OAR, Evêque de David (Panama).
Mgr.Arlindo Gomes Furtado, Evêque de Santiago de Cabo Verde (Cap Vert) .
Mgr.Soane Patita Paini Mafi, Evêque de Tonga (Tonga) .

Cardinaux non électeurs:

Mgr.José de Jesús Pimiento Rodríguez, Archevêque émérite de Manizales (Colombie).
Mgr.Luigi De Magistris, Archevêque titulaire de Nova, Pro Pénitencier Majeur émérite (Italie).
Mgr.Karl-Joseph Rauber, Nonce apostolique (Allemagne).
Mgr.Luis Héctor Villalba, Archevêque émérite de Tucumán (Argentine).
Mgr.Júlio Duarte Langa, Evêque émérite de Xai-Xai (Mozambique).


Note du Directeur de la Salle de Presse


Cité du Vatican, 5 janvier 2015 (VIS). Voici la note que le P.Federico Lombardi a diffusé hier à propos du prochain consistoire: "D'ici quelques mois les Cardinaux électeurs seront 108 sur 120 et le Saint-Père l'a dépassé de trois unités en nommant ce dimanche quinze nouveaux membres du Sacré Collège de moins de quatre-vingt ans. Si les cinq Cardinaux non électeurs ou émérites sont représentatifs de la sollicitude pastorale de tant d'évêques et du service rendu au Saint-Siège, son choix des nouveaux électeurs exprime bien l'universalité de l'Eglise avec quatorze pays représentés (18 avec les 5 émérites). Quatre de ces pays n'avaient jamais eu de cardinal: Le Cap Vert, Tonga, le Myanmar et Panama. Deux autres représenteront des pays qui n'ont pas actuellement de cardinal. On compte parmi les quinze, cinq européens, trois asiatiques, trois latino-américains, deux africains et deux océaniens. Leur nombre étant déjà conséquent, on ne compte pas de nouveaux cardinaux aux Etats-Unis et au Canada (un provient toutefois du Mexique). L'Evêque de Tonga est Président de la Conférence épiscopale du Pacifique, le diocèse de Santiago de Cabo Verde est l'un des plus anciens de l'Afrique, celui de Morelia (Mexique) dans une région marquée par la violence. Un seul des nouveaux Cardinaux", le français Dominique Mamberti, nouveau Préfet de la Signature, "appartient à la Curie Romaine, qui compte environ un quart du collège cardinalice. Comme on l'avait déjà remarqué, le Pape ne se considère pas lié à la catégorie des sièges cardinalices, dont le statut était historiquement lié à certains pays et dont l'attribution était traditionnelle. En Italie, en Espagne et au Mexique, il a élevé au cardinalat des pasteurs de diocèses qui n'ont jamais eu de cardinaux. Les cinq cardinaux émérites représentent aussi des pasteurs ayant servi l'Eglise en Curie ou dans la diplomatie. Le plus jeune des nouveaux Cardinaux est l'Evêque de Tonga, né en 1961, et le plus ancien des vingt l'Archevêque émérite de Manizales, né en 1919".  

vendredi 2 janvier 2015

Prier pour obtenir la paix


Cité du Vatican, 1 janvier 2015 (VIS). Pour l'angélus de la solennité de la Mère de Dieu, le Saint-Père a encouragé l'assistance à admirer avec foi et amour la mère du Sauveur. En elle, l'humble fille de Nazareth, "on ne peut séparer la contemplation de Jésus, le Verbe incarné venu habiter parmi nous les hommes, Verbe de le vie qui s'est fait visible et tangible, de celle de Marie, qui lui a donné son amour et son humanité... Il est bon en ce début d'année de nous rappeler de notre propre baptême, ce sacrement dans lequel nous avons été régénérés pour la vie nouvelle qu'est la vie divine... Grâce au baptême nous avons été introduits dans la communion avec Dieu et libérés du mal et du péché. Nous avons reçu en échange l'amour et la miséricorde du Père... Cette proximité de notre être avec Dieu nous donne la paix véritable, ce don divin que nous vouons évoquer ici et aujourd'hui... La paix est toujours possible et nos prières sont à sa racine. D'elle découle l'obtention de la paix... Oui, soyez-en assurés, la paix est possible!... Prions donc pour elle" et allons de l'avant en éduquant à la paix". Après la prière mariale, le Pape a signalé être en liaison avec Rovereto en Trentin, où se trouve la cloche Maria Dolens, fondue en souvenir des victimes de toutes les guerres, et bénie en 1965 par Paul VI. En l'écoutant sonner, exprimons l'espoir qu'il n'y ait jamais plus de guerre, et qu'elle soit remplacée par des efforts de paix et de fraternité entre les peuples".    

Jésus ne se comprend sans sa mère


Cité du Vatican, 1 janvier 2015 (VIS). En la solennité de Marie, Mère de Dieu, le Pape a célébré la traditionnelle messe pour la paix en la Basilique vaticane. Voici l'homélie prononcée pour cette XLVIII Journée mondiale de la paix:

"Les paroles par lesquelles Elisabeth prononça sa bénédiction sur la Vierge Marie nous reviennent aujourd’hui à l’esprit: Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? Cette bénédiction est en continuité avec la bénédiction sacerdotale que Dieu avait suggérée à Moïse pour qu’il la transmette à Aaron et à tout le peuple: Que le Seigneur te bénisse et te garde! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix! En célébrant la solennité de la Sainte Mère de Dieu, l’Eglise rappelle que Marie est la première destinataire de cette bénédiction. En Elle, celle-ci trouve son accomplissement car aucune créature n’a vu briller sur elle le visage de Dieu comme Marie, qui a donné un visage humain au Verbe éternel, de sorte que tous puissent le contempler. Outre la contemplation de Dieu, nous pouvons aussi le louer et le glorifier comme les bergers, qui sont repartis de Bethléem avec un chant d’action de grâces après avoir vu l’Enfant et sa jeune maman. Ils étaient ensemble, comme ils ont été ensemble au Calvaire, parce que le Christ et sa Mère sont inséparables. Il existe a entre eux une relation très étroite, comme entre tout fils et sa mère. La chair du Christ, le pivot de notre salut selon Tertullien, a été tissée dans le sein de Marie. Cette inséparabilité est signifiée aussi par le fait que Marie, choisie pour être la Mère du Rédempteur, en a partagé intimement toute la mission en restant auprès de son fils, jusqu’à la fin, sur le calvaire. Marie est ainsi unie à Jésus parce qu’elle a reçu de lui la connaissance du cœur, la connaissance de la foi, nourrie de l’expérience maternelle et du lien intime avec son Fils. La Vierge sainte est la femme de foi, qui a fait place à Dieu dans son cœur, dans ses projets. Elle est la croyante capable de recevoir dans le don du Fils l’avènement de cette plénitude des temps dans laquelle Dieu, en choisissant l’humble voie de l’existence humaine, est entré personnellement dans le sillon de l’histoire du salut. C’est pourquoi on ne peut pas comprendre Jésus sans sa Mère.

De même, le Christ et l’Eglise sont inséparables, parce que l’Eglise et Marie vont toujours ensemble et cela est justement le mystère de la femme dans la communauté ecclésiale, et on ne peut pas comprendre le salut opéré par Jésus sans prendre en compte la maternité de l’Eglise. Séparer Jésus de l’Eglise serait vouloir introduire une dichotomie absurde, comme l’a écrit Paul VI. Il n’est pas possible d’aimer le Christ mais sans l’Eglise, écouter le Christ mais non l’Eglise, être au Christ mais en dehors de l’Eglise. C’est en effet l’Eglise, la grande famille de Dieu, qui nous apporte le Christ. Notre foi n’est pas une doctrine abstraite ni une philosophie, mais elle est la relation vitale et pleine avec une personne: Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour nous sauver, et vivant au milieu de nous. Où pouvons-nous le rencontrer? Nous le rencontrons dans l’Eglise, dans notre sainte Mère l’Eglise hiérarchique. C’est l’Eglise qui dit aujourd’hui Voici l’agneau de Dieu. C’est l’Eglise qui l’annonce et c’est en elle que Jésus continue à accomplir ses gestes de grâce que sont les sacrements. Cette action et mission de l’Eglise exprime sa maternité. Elle est en effet comme une mère qui garde Jésus avec tendresse et le donne à tous avec joie et générosité. Aucune manifestation du Christ, pas même la plus mystique, ne peut jamais être séparée de la chair et du sang de l’Eglise, du réalisme historique du Corps du Christ. Sans l’Eglise, Jésus-Christ finit par se réduire à une idée, à une morale, à un sentiment. Sans l’Église, notre rapport avec le Christ serait à la merci de notre imagination, de nos interprétations, de nos humeurs. Le Christ est la bénédiction pour tout homme et pour l’humanité entière. L’Eglise, en nous donnant Jésus, nous offre la plénitude de la bénédiction du Seigneur. C’est précisément cela la mission du peuple de Dieu, d'irradier sur tous les peuples la bénédiction de Dieu incarnée en Jésus. Et Marie, la première et parfaite disciple de Jésus, la première et parfaite croyante, modèle de l’Eglise en chemin, est celle qui ouvre cette route de maternité de l’Eglise et en soutient toujours la mission maternelle adressée à tous les hommes. Son témoignage discret et maternel marche avec l’Eglise depuis les origines. Elle, la Mère de Dieu, elle est aussi la Mère de l’Eglise et, par l’Eglise, elle est la Mère de tous les hommes et de tous les peuples. Que cette Mère douce et prévenante nous obtienne la bénédiction du Seigneur pour toute la famille humaine. Spécialement aujourd’hui, Journée Mondiale de la paix, demandons son intercession pour que le Seigneur donne la paix à notre temps, la paix dans les cœurs, la paix dans les familles comme entre les peuples.

Cette année, le message pour la Journée de la paix, Non plus esclaves, mais frères, nous appelle tous appelés à être libres, tous à être fils et, chacun selon ses responsabilités, à lutter contre les formes modernes d’esclavage. Venant de tout peuple, culture et religion, unissons nos forces. Que celui qui pour nous rendre tous frères s’est fait notre serviteur, nous guide et nous soutienne. Tournons-nous vers Marie, contemplons la Mère de Dieu. Et saluons-la ensemble, comme l’a fait ce courageux peuple d’Ephèse, qui criait devant ses pasteurs quand ils entraient dans l’église, disant: Sainte Mère de Dieu! Quel beau salut pour notre mère… Une histoire dit, je ne sais pas si elle est vraie, que certains, parmi ces gens, avaient des bâtons en main, peut-être pour faire comprendre aux évêques ce qui leur serait arrivé s’ils n’avaient pas eu le courage de proclamer Marie Mère de Dieu. Je vous invite tous, sans bâtons, à vous lever et à la saluer par trois fois, debout, avec ce salut de la primitive Eglise: Sainte Mère de Dieu!".


Rendre grâce et demander pardon


Cité du Vatican 1 janvier 2015 (VIS). hier 31 décembre dernier, le Saint-Père a présidé en la Basilique vaticane les vêpres de la solennité de Marie Mère Dieu, rappelant à la suite de saint Pierre Favre le temps est le messager de Dieu. L'atmosphère et et le sens de la manifestation de Dieu annoncent son amour concret: La liturgie de ce jour, a-t-il dit, citant l'apôtre Jean annonçant l'arrivée de la dernière heure, et l'apôtre Paul parlant de la plénitude du temps, nous rappelle que ce moment "a pour ainsi dire été touché par le Christ, le Fils de Dieu et de Marie. De lui, il a reçu une signification nouvelle et surprenante, devenant le temps salvifique, un temps définitif de salut et de grâce. Ceci nous engage à réfléchir à la fin du chemin, à la conclusion de notre vie... Il est un temps pour naître et un autre pour mourir. Avec une telle vérité, aussi simple et fondamentale que négligée et oubliée, l'Eglise nous dit comment conclure l'année et nos journées par un examen de conscience... Remercions le Seigneur pour le bien reçu et celui que nous avons pu faire, tout en reconnaissant nos manquements et nos fautes. Rendre grâce et demander pardon, c'est ce que nous faisons aujourd'hui" par le Te Deum de fin d'année. "Etre dans ces dispositions nous porte à l'humilité, à reconnaître et à accepter les dons que le Seigneur nous accorde... Il a fait de nous des fils, il nous a adopté, ce qui nous remplit de gratitude et de surprise face à un don aussi immérité. Mais ne sommes-nous pas déjà ses enfants, du fait même que nous sommes hommes? Bien sûr, Dieu est père de toute personne venant au monde, mais se serait oublier que le péché nous a éloigné de lui". A cause de cette séparation, Dieu a envoyé son fils pour nous racheter au prix de son sang. Rachat va avec esclavage. De fils nous étions devenus esclaves du Malin. Or personne ne peut nous racheter de cet esclavage substantiel sinon Jésus, qui a prit chair de Marie et est mort en croix pour nous libérer de l'esclavage du péché et nous rendre notre condition filiale".

La liturgie rappelle aussi qu'avant le temps il y avait le Verbe. "Le Verbe s'est incarné, ce qui est selon saint Irénée la raison pour laquelle le Fils de Dieu est Fils de l'homme, entré en communion avec le Verbe pour recevoir sa filiation divine... Ce don reçu doit être aussi occasion d'un examen de conscience, de correction de notre mode de vie. Vivons-nous en fils ou en esclaves? En baptisés dans le Christ, en oints par l'Esprit, en personnes rachetées et libres? Ou bien vivons-nous selon la logique mondaine corrompue, par laquelle le Diable nous montre un intérêt personnel faux... Souvent nous avons peur de la Liberté en préférant paradoxalement un esclavage inconscient". Or, c'est l'esclavage qui "nous empêche de vivre pleinement et réellement un présent vidé du passé et clos face à l'avenir et à l'éternité. L'esclavage nous fait croire que nous pouvons voler!". Souvent dans nos coeurs "se maintient une certaine nostalgie de l'esclavage, plus rassurante en apparence qu'une liberté plus risquée. On se plaît à être enchaîné par tant de feux d'artifice, beaux extérieurement mais si brefs. Tel est le triomphe du moment. De notre examen de conscience dépend donc la qualité de vivre d'agir du chrétien, sa place dans la société au service du bien général, a participation aux institutions publiques et ecclésiales".


Puis le Saint-Père a réfléchi à la signification de la vie à Rome, qui est un grand don. "Pour un chrétien, habiter la ville éternelle signifie avant tout appartenir à l'Eglise fondée sur le témoignage et le martyre des apôtres Pierre et Paul... Les graves affaires de corruption qui viennent d'être révélées réclament une conversion sérieuse et réfléchie, un véritable renaissance spirituelle et morale, un engagement à bâtir une ville juste et solidaire, où les pauvres et les faibles soient au coeur des préoccupations quotidiennes. Pour ce il faut affirmer jour après jour la liberté chrétienne afin de proclamer dans Rome la nécessité d'aider les pauvres, non de s'en défendre, de servit les petits, non de s'en servir!... Lorsque pauvres et petits sont défendus, impliqués dans la société, ils se révèlent être un trésor pour la communauté et pour l'Eglise. Lorsqu'une société les ignore ou les persécute, les criminalise ou les force à devenir mafieux, la société s'appauvrit jusqu'à la misère. Elle devient esclave de son égoïsme... Elle cesse d'être chrétienne!... Rendre grâce et demander pardon nous protège de l'esclavage" et de ses maléfices. Puisse la sainte Vierge "nous aider à écouter le Verbe et de l'accueillir à bras ouverts afin de vivre vraiment libres, en fils de Dieu". 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 2 janvier 2015 (VIS). Le 31 décembre dernier, le Saint-Père a nommé l'Abbé Marcelino Antonio Maralit, Evêque de Boac (superficie 959, population 238.850, catholiques 222.130, prêtres 30, religieux 38), aux Philippines. L'Evêque élu, né en 1969 à Manilles (Philippines) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici Curé de la paroisse d'Alitatag (Philippines). Licencié en histoire de l'Eglise, il a été professeur puis recteur de séminaire, Directeur de la Commission diocésaine pour les vocations, membre du Presbyterium.


Avis


Cité du Vatican, 2 janvier 2015 (VIS). Tout en présentant à ses lecteurs de fervents voeux pour une année fructueuse, la rédaction francophone du Vatican Information Service tient à s'excuser du dysfonctionnement les ayant privés de l'actualité officielle vaticane entre le 24 et le 30 décembre dernier.
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