Home - VIS Vatican - Réception du VIS - Contactez-nous - Calendrier VIS

Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

dernières 5 nouvelles

VISnews  Twitter Go to YouTube

vendredi 12 juillet 2013

SAISIE DES COMPTES I.O.R. DE MGR.SCARANO


Cité du Vatican, 12 juillet 2013 (VIS). Le Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège a indiqué ce midi que le Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican avait congelé les comptes détenus au IOR par Mgr.Nunzio Scarano, Responsable du département comptable de l'Administration du patrimoine du Siège apostolique (actuellement suspens). La mesure a été prise le 9 juillet par le Promoteur de justice dans le cadre de l'enquête vaticane sur des transactions suspectes signalées à l'Autorité de contrôle financier. Cette enquête pourrait s'élargir à d'autres personnes. Parallèlement le IOR a chargé le Promontory Financial Group de conduire un examen de la situation en pleine coopération avec l'AIF et les autorités judiciaires chargées d'élucider la question. Le PFG est d'ailleurs en train d'examiner toutes les transactions de la clientèle au regard des mesures anti-recyclage, tandis que le IOR procède depuis mai dernier à l'amélioration de ses propres structures et procédures. On prévoit pour la fin de l'année la conclusion de cette opération, d'autant que la gouvernance de l'institut a récemment nommé un Chief Risk Officer chargé d'appliquer le renforcement des contrôles. Ainsi que l'avait indiqué le Président Ernst von Freyberg, le IOR est engagé dans la chasse systématique aux activités illégales comme étrangères à ses statuts, qu'elle soient le fait de civils comme d'ecclésiastiques.


DIMANCHE DE LA MER

Cité du Vatican, 12 juillet 2013 (VIS). Voici le message que le Conseil pontifical pour la pastorale des migrations diffuse à l’occasion du Dimanche de la mer 2013 (14 juillet 2013):

"Le monde de la mer, avec la pérégrination continuelle des personnes, doit aujourd’hui tenir compte des effets complexes de la mondialisation et, malheureusement, doit affronter aussi des situations d’injustice, en particulier lorsque les équipages sont sujets à des restrictions pour descendre à terre, lorsqu’ils sont abandonnés avec les embarcations sur lesquelles ils travaillent, lorsqu’ils tombent sous la menace de la piraterie maritime ou subissent les préjudices de la pêche illégale. La vulnérabilité des marins, pêcheurs et navigateurs, doit rendre plus attentive encore la sollicitude de l’Eglise et stimuler le soin maternel qu’à travers vous, elle manifeste à tous ceux que vous rencontrez dans les ports ou sur les navires, ou que vous assistez à bord au cours de long mois de navigation. Ces paroles ont été adressées par Benoît XVI au XXIII Congrès mondial de l’apostolat de la mer (Vatican novembre 2012). En effet, depuis plus de 90 ans, l’Eglise catholique, à travers l’Œuvre de l’Apostolat de la Mer et son réseau d’aumôniers et de volontaires dans plus de 260 ports du monde, a manifesté son soin maternel en apportant un bien-être spirituel et matériel aux marins, aux pêcheurs et à leurs familles.

Ce Dimanche de la mer entend inviter chaque membre des communautés chrétiennes à prendre conscience et à reconnaître le travail des 1,2 à 1,5 millions de marins environ qui naviguent dans le cadre d’une flotte internationale mondialisée, composée de 100.000 navires transportant 90% des biens manufacturés. Très souvent, nous ne réalisons pas que la majorité des objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne sont transportés par des navires sillonnant les océans. Les équipages multinationaux sont soumis à des conditions de vie et de travail difficiles à bord, passent des mois entiers loin de leurs proches, font l’expérience de l’abandon dans des ports étrangers sans salaires, de la criminalisation et des catastrophes naturelles (tempêtes, typhons, etc) et humaines (piraterie, naufrages, etc).

Il y a maintenant une lueur d’espoir face à ces problèmes et difficultés auxquelles sont confrontés les marins. La Convention sur le travail maritime de l’Organisation internationale du travail 2006, après avoir été ratifiée par 30 pays membres de l’OIT, représentant près de 60% du tonnage brut mondial, doit entrer en vigueur en août 2013. Cette convention est le résultat de plusieurs années de débats tripartites sans relâche (entre gouvernements, employeurs et travailleurs) en vue de consolider et d’actualiser un grand nombre de conventions relatives au travail maritime et de recommandations adoptées depuis 1920. La Convention 2006 établit les conditions internationales minimales pour presque chaque aspect des conditions de travail et de vie des marins, y compris les conditions équitables d’emploi, les soins médicaux, la protection et la sécurité sociales, et l’accès aux installations de bien-être à terre. Tandis que nous saluons l’entrée en vigueur de cette convention et formons le vœu confiant de voir des améliorations dans la vie des marins, nous demeurons vigilants et exprimons notre sollicitude attentive en concentrant notre attention sur la Règle 4.4 de la Convention, dont l’objet est d'assurer aux gens de mer qui travaillent à bord d’un navire l’accès à des installations et services à terre afin d’assurer leur santé et leur bien-être.

Nous devons coopérer avec les autorités appropriées dans nos ports respectifs afin de permettre à tous les gens de mer d’aller à terre au plus tôt après l’arrivée du navire au port, au bénéfice de leur santé et bien-être. Nous devons également rappeler aux états dont dépendent les ports qu’ils doivent promouvoir le développement d’installations de bien-être à terre facilement accessibles aux gens de mer, quels que soient leur nationalité, race, couleur, sexe, religion, opinion politique ou origine sociale et l’état du pavillon sous lequel ils sont employés. Nous devons aider les autorités appropriées à établir des conseils de bien-être au niveau national et local qui servent d’intermédiaires pour améliorer le bien-être des marins dans les ports, en rassemblant des personnes de divers types d’organisation sous une même identité. Nous devons aussi encourager les autorités portuaires à mettre en place, à côté d’autres formes de financement, un système de taxe portuaire afin d’assurer un mécanisme fiable en vue de soutenir des services de bien-être durables dans le port.

Notre responsabilité finale s’adresse aux marins. Nous devrions les informer et les éduquer sur leurs droits et sur la protection offerte par cette Convention, qui est également considérée comme le quatrième et dernier pilier de la législation maritime internationale, les trois autres étant la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires 1973, la Convention internationale sur la sécurité en mer 1974, la Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille 1978. Une mise en place efficace sera possible et de réels changements auront lieu uniquement si les gens de mer connaissent les contenus de la Convention 2006. Prions Marie, étoile de la mer, d’éclairer et d’accompagner notre mission en vue de soutenir le travail des fidèles qui sont appelés à témoigner de leur vie chrétienne dans le monde maritime".


jeudi 11 juillet 2013

MOTU PROPRIO EN MATIERE PENALE

Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Aujourd'hui a été publié le Motu Proprio du Pape François relatif à la compétence pénales des organes judiciaires de l'Etat de la Cité du Vatican: "La société est de plus en plus menacée par une criminalité transnationale organisée, par un usage inapproprié de l'activité économique et par le terrorisme. Il est donc juste que la communauté internationale se dote d'instruments juridiques capables de prévenir et combattre ce type de criminalité et développe sa coopération en matière pénale. Agissant également au nom de l'Etat de la Cité du Vatican, le Saint-Siège a ratifié nombre de conventions internationales qui sont des outils de lutte contre une criminalité menaçant la dignité des personnes, le bien des gens et la paix générale. Pour renforcer l'engagement du Saint-Siège dans cette lutte, le Pape dispose Motu Proprio ce qui suit:

"1.Les organes judiciaires de l'Etat du Vatican exercent également leur juridiction pénale face
-aux délits contre la sécurité, les intérêts fondamentaux et le patrimoine du siège apostolique;
-aux délits prévus par la loi VIII (11 juillet 2013), contenant les normes pénales complémentaires, par la loi IX (11 juillet 2013), contenant les modifications du code pénal et du code de procédure pénale;
-à tout autre délit dont la répression serait requise par les accords internationaux ratifiés, au cas où son auteur se trouverait sur le territoire vatican et non extradé.

2.Les délits ci-dessus évoqués seront poursuivis selon la législation vaticane en vigueur au moment de l'infraction, saufs les principes généraux d'application des mesures pénales.

3.La loi pénale vaticane considère officiers publics, les membres, officials et autres personnels des organismes de la Curie romaine et de ses institutions annexes, les nonces et l'ensemble du personnel diplomatique, toute autre personne ayant une fonction de représentation, d'administration ou de direction, ou même exerçant de facto une fonction de gestion ou de contrôle des organismes dépendants du Saint-Siège et inscrits au registre des personnes juridiques canoniques du Governorat de l'Etat du Vatican, mais aussi toute personne titulaire d'un mandat administratif ou judiciaire du Saint-Siège, qu'il soit permanent ou temporaire, rémunéré ou non, et quelque soit son statut hiérarchique.

4.Cette juridiction s'étend également aux responsabilités administratives des personnes juridiques découlant du délit selon la discipline législative vaticane.

5.Au cas où le même délit serait poursuivi dans d'autres états, on appliquera les normes de coopération judiciaire en cours dans l'Etat de la Cité du Vatican.

6.Etant sauf ce qu'établit l'article 23 de la loi CXIX du 21 novembre 1987 approuvant l'ordonnancement judiciaire de l'Etat du Vatican,

le Pape François décide et promulgue ce 11 juillet 2013 ce qui précède contre toute disposition pouvant être contraire, applicable à compter du 1 septembre prochain".


ACTUALISATION DE LA JUSTICE PENALE VATICANE

Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). La Salle de Presse du Saint-Siège a diffusé le communiqué suivant:

Aujourd'hui a été publié le Motu Proprio du Pape François relatif à la compétence pénale des organes judiciaires de l'Etat de la Cité du Vatican, ainsi que les lois approuvées par la Commission pontificale pour l'Etat de la Cité du Vatican, soit la loi VIII relative aux normes pénales complémentaires, la loi IX, contenant les modifications du code pénal et du code de procédure pénale, et la loi X sur les sanctions administratives. Ce Motu Proprio étend l'application de cette législation au Saint-Siège. Les lois pénales adoptées ce jour complètent la mise en adéquation de l'ordonnancement juridique vatican, dans le sillage de l'effort entrepris par Benoît XVI en 2010. Elles sont d'autant plus complètes qu'elles prennent en compte de multiples conventions internationales (les quatre Conventions de Genève de 1949 sur les crimes de guerre, la Convention internationale de 1965 sur l'élimination de la discrimination raciale, la Convention de 1984 contre la torture et les autres traitements inhumains, la Convention de 1989 sur les droits de l'enfant et ses protocoles). On note ainsi l'introduction du délit de torture et des délits contre les mineurs (trafic, prostitution, enrôlement forcé, violences sexuelles, exploitation, pornographie). Le crime contre l'humanité a également été introduit, inclus le génocide et la ségrégation raciale...définis par le Statut de la cour pénale internationale de 1998. La catégorie des délits contre l'administration a été révisée en fonction de la Convention des Nations-Unies de 2003 sur la corruption. On a aussi aboli la prison à vie contre une réclusion maximale de 35 ans. Toujours en conformité avec la tendance internationale, on a établi un système de sanctions contre les personnes juridiques en matière de profit criminel au titre de l'organisme dont elles dépendraient, considérant qu'elles sont redevables de sanctions personnelles administratives et pécuniaires. En matière de procédure pénale, on a introduit les principes du juste procès (dans des limites de temps raisonnables) ainsi que la présomption d'innocence. Ainsi ont été accrues les mesures conservatoires dont dispose la justice (la confiscation est désormais renforcée par la faculté du gel préventif des biens). La réforme revêt une grande importance en ce qu'elle reformule les normes relatives à la coopération judiciaire internationale, effectivement datées, par l'adoption des mesures prévues en la matière par les plus récents textes internationaux. La loi relative aux sanctions administratives revêt un caractère général au service de disciplines particulières. Dans les différentes catégories, les sanctions favoriseront l'efficacité et le respect des intérêts publics. Toutes ces interventions entrent dans le cadre d'une modernisation tendant à rendre le système vatican plus complet et plus efficace.


IMPORTANCE DES NOUVELLES LOIS VATICANES


Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Voici la présentation par Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les relations avec les états, des nouvelles lois vaticanes:

Les lois approuvées ce jour par la Commission pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican constituent une intervention normative de large portée, nécessaire en raison du service que cet Etat, particulier et unique en son genre, est appelé à accomplir au bénéfice du Siège apostolique. La finalité originelle et fondamentale du Vatican, consistant à garantir la liberté d’exercice du ministère pétrinien, requiert en effet un réajustement institutionnel faisant davantage abstraction de son exiguïté territoriale pour revêtir une complexité qui, par certains traits, est semblable à celle des états contemporains.

Né avec les Accords du Latran de 1929, l’Etat adopta en bloc le système juridique, civile et pénal du Royaume d’Italie, convaincu que cette dotation était suffisante pour régler les rapports de droit commun à l’intérieur d’un Etat dont la raison d’être réside dans le support de la mission spirituelle du Successeur de Pierre. Le système pénal originel, constitué du code pénal italien du 30 juin 1889 et du code de procédure pénale italien du 27 février 1913 (entrés en vigueur le 7 juin 1929) n’a ensuite connu que des modifications marginales. La nouvelle loi sur les sources du droit (N. LXXI, du 1 octobre 2008) a même confirmé la législation pénale de 1929 bien qu’en attente d’une redéfinition complète de la discipline.

Bien que ne réformant pas en profondeur le système pénal vatican, les récentes lois le révisent par certains aspects et le complètent par d’autres, pour répondre à une pluralité d’exigences. Ces lois poursuivent et développent, d’une part, l’ajustement du système juridique du Vatican aux paramètres internationaux, en continuité avec l’action entreprise par Benoît XVI à partir de 2010, en vue de la prévention et de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Dans cette perspective, il a notamment été prévu de réaliser les propositions de la Convention des Nations-Unies de 2000 contre la criminalité organisée transnationale, celles de la Convention des Nations-Unies de 1988 contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, celles de la Convention internationale de 1999 pour la répression du financement du terrorisme, ainsi que d’autres conventions qui définissent et caractérisent les pratiques terroristes.

D’autre part, les nouvelles lois introduisent d’autres délits criminels mentionnés dans diverses conventions internationales déjà ratifiées par le Saint-Siège et qui sont désormais aussi mises en application dans le système interne. On peut mentionner parmi celles-ci la convention de 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la Convention internationale de 1965 sur l’élimination de toute forme de discrimination raciale, la Convention de 1989 sur les droits de l’enfant et ses protocoles facultatifs de 2000, les conventions de Genève de 1949 contre les crimes de guerre, etc. Un titre à part a été consacré aux délits contre l’humanité, parmi lesquels le génocide et les autres crimes prévus par le droit international coutumier, sur l’exemple des dispositions du statut de Rome de la Cour pénale internationale de 1998. D’un point de vue substantiel, enfin, on peut encore souligner la révision des délits contre l’administration publique, dans la ligne des prévisions contenues dans la Convention des Nations-Unies de 2003 contre la corruption, de même que l’abolition de la peine de prison à perpétuité, remplacée par la peine de réclusion criminelle de 30 à 35 ans.

Malgré l’incontestable nouveauté de nombreuses normes incriminantes contenues dans ces lois, il ne serait toutefois pas correct de penser que les conduites sanctionnées par elles étaient auparavant pénalement licites. Celles-ci étaient en effet punies de la même façon, sur le fondement de crimes plus génériques et larges. Cependant, l’introduction de nouvelles dispositions revient à identifier de façon plus certaine et plus précise les faits incriminés, répondant ainsi aux paramètres internationaux par une adéquation des sanctions à la gravité spécifique des faits.

Certaines nouvelles formes criminelles introduites (on pense aux délits contre la sécurité de la navigation maritime ou aérienne ou contre la sécurité des aéroports ou des plateformes fixes) pourraient aussi apparaître excessives vu la réalité géographique de l’Etat de la Cité du Vatican. De telles dispositions remplissent cependant, d’une part, la fonction de respecter les paramètres internationaux établis en matière de lutte contre le terrorisme, et, d’autre part, sont nécessaires, par respect de la condition de la double punibilité”, afin de permettre l’extradition de ceux qui, accusés ou condamnés pour de tels délits commis à l’étranger, se seraient éventuellement réfugiés dans l’Etat de la Cité du Vatican.

La “Responsabilité administrative des personnes juridiques découlant de crime” (art. 46-51 de la loi apportant des normes complémentaires en matière pénale) mérite une attention particulière car elle introduit des sanctions à la charge des personnes juridiques impliquées dans des activités criminelles, selon la tendance normative aujourd’hui courante dans le domaine international. A ce propos, on est parvenu à concilier le traditionnel adage, observé aussi dans le système canonique, selon lequel Societas Puniri Non Potest avec l’exigence, toujours plus perceptible dans le domaine international, d’établir des sanctions adéquates et dissuasives à charge également des personnes juridiques qui tirent profit de la commission de délits. La solution adoptée a donc été d’établir la responsabilité administrative des personnes juridiques, dans les hypothèses bien entendu où l’on peut démontrer que le délit a été commis dans l’intérêt ou à l’avantage de la personne juridique même.

D’importantes modifications sont aussi introduites en matière de procédure. On peut mentionner parmi elles: la mise à jour de la confiscation développée par l’introduction de la mesure du blocage préventif des biens (gel des biens); l’énonciation explicite des principes du juste procès dans un délai raisonnable et de la présomption d’innocence du prévenu; la reformulation de la norme relative à la coopération judiciaire internationale avec l’adoption de mesures établies par les conventions internationales plus récentes.

Du point de vue de la technique normative, la pluralité des sources à disposition des experts a été organisée par leur combinaison dans un ensemble législatif harmonieux et cohérent qui, dans le cadre du magistère de l’Eglise et de la tradition juridico-canonique, est considérable. Comme source principale du droit du Vatican (art.1, al. 1, Loi n. LXXI sur les sources du droit, du 1 octobre 2008), elle tient compte également des normes établies par les conventions internationales et par la tradition juridique italienne auquel le système du Vatican a toujours fait référence.

Afin de mieux organiser et discipliner une intervention normative aux contenus si larges, deux lois distinctes ont donc été rédigées. Dans l’une, ont été rassemblées toutes les normes portant modifications du code pénal et du code de procédure pénale, dans l’autre, ont été insérées les normes dont les caractéristiques ne permettaient pas leur placement homogène à l’intérieur de la structure du code et qui ont donc été placées dans une loi pénale a latere, qui pour cette raison peut être considérée comme complémentaire.

La réforme pénale exposée jusqu’ici est enfin complétée par l’adoption par le Pape François d’un Motu Proprio particulier, daté d’hier lui aussi, qui étend la portée des normes contenues dans ces lois pénales aux membres, officials et employés des différents organismes de la Curie Romaine, des institutions qui lui sont liées, des administrations dépendant du Saint-Siège et des personnes juridiques canoniques, ainsi qu’aux légats pontificaux et au personnel diplomatique du Saint-Siège. Cette extension a pour but de rendre passible de poursuite les crimes et délits prévus dans ces lois par les organismes judiciaires de l’Etat de la Cité du Vatican, même dans le cas où l’infraction a été commise en dehors des frontières de l’Etat.

Parmi les lois adoptées hier par la Commission pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican, se trouve la loi sur les normes générales en matière de sanctions administratives. Cette loi avait déjà été imaginée par l’art. 7 al. 4 de la Loi sur les sources du droit N. LXXI, du 1 octobre 2008, et porte sur la discipline générale et de principe pour l’application de sanctions administratives.

L’opportunité d’une telle discipline était évoquée depuis longtemps, en raison aussi de l’importance croissante du délit administratif, comme le Tertium Genus, intermédiaire entre l’infraction pénale et civile. Comme discipline de principe, il devra être fait référence aux dispositions de cette loi à chaque fois qu’une autre loi fixera l’application de sanctions administratives suite à une violation, sans précision d’ailleurs de la procédure de poursuite, de l’autorité compétente et des autres effets mineurs.

Un des pivots du système introduit par la présente loi est constitué par le principe de légalité, selon lequel les sanctions administratives peuvent être appliquées seulement dans les cas prévus par la loi. La procédure est articulée en une phase de vérification et de contestation de l’infraction de la part des bureaux compétents, et une phase d’application de la sanction remise par voie générale à la compétence de la Présidence du Gouvernorat. Est enfin prévu le droit au recours et la compétence par matière du Juge unique, sauf en cas de sanctions les plus graves qui relèvent de la compétence du Tribunal.

En conclusion de cette brève présentation, on peut observer combien les lois susmentionnées se distinguent non seulement par leur incontestable importance substantielle et systématique, mais aussi parce qu’elles constituent un autre pas significatif du législateur du Vatican vers une mise en ordre complète nécessaire du système pour assumer et promouvoir ce que la Communauté internationale propose de constructif et utile, en vue d’une plus grande coopération internationale et de la poursuite plus efficace du bien commun.

MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DU TOURISME

Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Voici le message que le Conseil pontifical pour la pastorale des migrations diffuse à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme 2013 (27 septembre), et intitulé: "Le tourisme et l’eau, protéger l'avenir de tous" en fonction du thème choisi par l’Organisation mondiale du tourisme: Le Saint-Siège désire s’unir à cette manifestation, en apportant sa contribution particulière, conscient qu'il est de l’importance que revêt le tourisme à l’heure actuelle et des défis et possibilités qu’il offre à l'action évangélisatrice. Le tourisme est l’un des secteurs économiques mondiaux qui connaît la croissance la plus vaste et rapide. Nous ne devons pas oublier que durant l’année dernière le cap du milliard de touristes a été franchi, auquel il faut ajouter les chiffres encore plus élevés du tourisme local.

Pour le secteur touristique, l’eau est d’une importance cruciale, un actif et une ressource. C’est un actif dans la mesure où les gens se sentent naturellement attirés par elle et des millions de touristes cherchent à profiter de cet élément durant leurs jours de repos, en choisissant comme destinations certains écosystèmes où l’eau est le trait le plus caractéristique (zones humides, plages, fleuves, lacs, cascades, îles, glaciers...) ou en cherchant à bénéficier de ses nombreux avantages (particulièrement dans des centres balnéaires ou thermaux). En même temps, l’eau est aussi une ressource pour le secteur touristique, notamment pour les hôtels, les restaurants et les activités de loisirs. A l'avenir, le tourisme sera un véritable avantage dans la mesure où il parviendra à gérer les ressources selon les critères de l’économie verte, c’est à dire une économie dont l’impact environnemental demeure dans des limites acceptables. Nous sommes donc appelés à promouvoir un tourisme écologique, respectueux et durable, qui peut certainement favoriser la création d’emplois, soutenir l’économie locale et réduire la pauvreté. Il ne fait aucun doute que le tourisme joue un rôle fondamental dans la protection de l’environnement, pouvant être un grand allié, mais aussi un féroce ennemi. Si, par exemple, en vue d’un bénéfice économique facile et rapide, on permet à l’industrie touristique de polluer un lieu, celui-ci cessera d’être une destination attirant les touristes.

Nous savons que l’eau, clef du développement durable, est un élément essentiel pour la vie. Sans eau, il n’y a pas de vie. Malheureusement, les pressions qui s’exercent sur elle augmentent d’année en année. Une personne sur trois vit déjà dans un pays connaissant un stress hydrique modéré ou grave, et d’ici à 2030 près de la moitié de la population du globe pourrait souffrir de pénuries d’eau. On estime alors que la demande sera de 40 % supérieure à l’offre. Selon les données fournies par les Nations-Unies, environ un milliard de personnes n’a pas accès à l’eau potable. Et les défis liés à ce problème augmenteront de façon significative au cours des prochaines années, surtout parce qu’elle est mal distribuée, polluée, gaspillée ou parce que l’on donne la priorité à certains usages d’une manière erronée ou injuste. Sans compter les conséquences du changement climatique qui viendront s’y ajouter. Le tourisme rivalise souvent aussi avec d’autres secteurs pour son utilisation et, quelquefois, on constate que l’eau est abondante et gaspillée dans les structures touristiques, tandis qu’elle vient à manquer pour les populations environnantes. La gestion durable de cette ressource naturelle est un enjeu d’ordre social, économique et environnemental, mais surtout de nature éthique, à partir du principe de la destination universelle des biens de la terre, qui est un droit naturel, originel, auquel doit se soumettre tout l’ordre juridique concernant ces biens. La doctrine sociale de l’Eglise insiste sur la validité et l’application de ce principe, avec des références explicites à l’eau. Bien sûr, notre engagement en faveur du respect de la création naît de sa reconnaissance comme don de Dieu fait à toute la famille humaine et de l’écoute de l’indication du Créateur, qui nous invite à la garder, conscients d’être les administrateurs et non les maîtres du don qu’il nous fait.

Cette attention à l’environnement est important pour le Pape François qui y a fait de nombreuses allusions. Déjà, lors de la célébration eucharistique du début de son ministère pétrinien, il nous invitait à être des gardiens de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement. Ne permettons pas, disait-il, que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde, rappelant que tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Approfondissant cette invitation, le Saint-Père affirmait récemment que cultiver et protéger la création est une indication de Dieu donnée non seulement au début de l’histoire, mais à chacun de nous. Cela fait partie de son projet et cela signifie faire croître le monde avec responsabilité, en le transformant afin qu’il soit un jardin, un lieu vivable pour tous. Au contraire, nous sommes souvent guidés par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, d’exploiter... Nous sommes en train de perdre l’attitude de l’émerveillement, de la contemplation, de l’écoute de la création. En cultivant cette attitude, nous pourrons découvrir que l’eau nous parle aussi de son Créateur et nous rappelle son histoire d’amour pour l’humanité. La prière de bénédiction de l’eau, utilisée dans la liturgie romaine lors de la veillée pascale et pour le rituel du baptême, est éloquente car elle rappelle que le Seigneur s’en est servi comme signe et mémoire de sa bonté: la Création, le déluge qui met fin au péché, le passage de la Mer Rouge qui libère de l’esclavage, le baptême de Jésus dans le Jourdain, le lavement des pieds qui se transforme en précepte d’amour, l’eau qui coule du côté du Crucifié, le mandat du Ressuscité de faire des disciples et de les baptiser … ce sont des pierres milliaires de l’histoire du Salut, dans lesquelles l’eau revêt une haute valeur symbolique.
L’eau nous parle de vie, de purification, de régénération et de transcendance. Dans la liturgie, l’eau manifeste la vie de Dieu qui nous est communiquée dans le Christ. Jésus lui-même se présente comme celui qui apaise la soif, de son sein jaillissent des fleuves d’eau vive. Et dans son dialogue avec la Samaritaine, il affirme que celui qui boit de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. La soif évoque les désirs les plus profonds du cœur humain, ses échecs et sa recherche d’un bonheur authentique au-delà de soi-même. Or, le Christ est celui qui offre l’eau qui étanche la soif intérieure, il est la source de la renaissance, il est le bain qui purifie. Il est la source d’eau vive.

Voilà pourquoi il est important de réaffirmer que tous ceux qui oeuvrent dans le tourisme ont une forte responsabilité dans la gestion de l’eau, de sorte que ce secteur soit effectivement une source de richesse au niveau social, écologique, culturel et économique. Tandis qu’il faut travailler pour réparer les dommages causés, il faut aussi favoriser son usage rationnel et réduire au minimum l’impact, en promouvant des politiques adéquates et en fournissant des équipements efficaces qui aident à protéger notre futur commun. Notre attitude envers la nature et la mauvaise gestion que nous pouvons faire des ressources ne doivent peser ni sur les autres, ni même et encore moins sur les générations à venir. Une plus grande détermination est nécessaire de la part des personnes engagées en politique et des entrepreneurs. Car, même si tous sont conscients des défis que nous pose le problème de l’eau, nous savons aussi que cela doit encore se concrétiser par des engagements précis, contraignants et vérifiables. Cette situation requiert surtout un changement de mentalité qui conduise à adopter un style de vie différent, caractérisé par la sobriété et par l’autodiscipline. Il faut faire en sorte que le touriste soit conscient et réfléchisse sur ses responsabilités et sur l’impact de son voyage. Il doit pouvoir arriver à la conviction que tout n’est pas permis, même si personnellement il pourrait en assumer le coût financier. Nous devons éduquer et encourager les petits gestes qui nous permettent de ne pas gaspiller ou contaminer l’eau et qui nous aident, en même temps, à apprécier davantage son importance. Faisons nôtre le désir du Saint-Père de prendre le ferme engagement de respecter et de garder la création, d’être attentifs à chaque personne, de combattre la culture du gaspillage et du rebut, pour promouvoir une culture de la solidarité et de la rencontre.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Miguel Angel Cabello Almada, Evêque de Concepción (superficie 30.984, population 406.000, catholiques 399.000, prêtres 34, religieux 66), au Paraguay. L'Evêque élu, né en 1965 à Piribebuy (Paraguay) et ordonné prêtre en 1991, était jusqu'ici directeur spirituel au séminaire national de Caacupé (Paraguay). Il succède à Mgr.Zacarías Ortiz Rolón, SDB, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en théologie, il a été curé de paroisse, vicaire diocésain et professeur de séminaire.

Mgr.Ján Orosch, Archevêque de Trnava (superficie 4.833, population 637.400, catholiques 462.046, prêtres 221, religieux 242), en Slovaquie. Auxiliaire de ce même diocèse, il en était d'Administrateur apostolique depuis 2012.

Mgr.Leo Boccardi, Nonce apostolique en Iran, jusqu'ici Nonce au Soudan et en Erythrée.

mercredi 10 juillet 2013

UNE EXPOSITION POUR LA J.M.J.

Cité du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). "Dans le sillage du Seigneur", tel est le titre de l'exposition organisée à l'occasion de la XXVIII Journée mondiale de la jeunesse de Rio de Janeiro par le Conseil pontifical pour les laïcs (Fondation Jean-Paul II pour la jeunesse). Du 9 juillet au 12 octobre près le musée national des beaux arts de Rio, elle propose des oeuvres et des documents regroupés en sections intitulées: Le Christ, chemin de salut, Vocation et mission des apôtres, Marie conduit au Christ, Les saints, modèles à suivre. La première présente des expressions de la vie de Jésus: La passion et la résurrection, l'incrédulité de Thomas, la parabole de l'adultère, le bon samaritain, l'iconographie du Christ. Au premier plan, le Mandylion d'Edesse et une reproduction photographique du Suaire de Turin, des portraits de Fra Angelico, Melozzo Da Forli, Mantegna, Léonard de Vinci, Correggio, Bernin, Le Guercin, Lorenzo Lotto (le Christ et la femme adultère, récemment restauré par les Musées du Vatican). Les autres sections proposent notamment le célèbre diptyque vatican du IIIº - IVº siècle des apôtres Pierre et Paul, ainsi que des tableaux de Pomarancio ou de Ribera, et des représentations de Marie allant des icônes byzantines à Pinturicchio, Michel-Ange et Sassoferrato.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Pedro Alberto Bustamante López, Prélat de la prélature territoriale de Sicuaní (superficie 15.800, population 301.000, catholiques 259.000, prêtres 16, religieux 23), au Pérou. L'Evêque élu, né en 1965 à Cotaparaco (Pérou) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse d'Arequipa (Pérou). Il succède à Mgr.Miguel La Fay Bardi, O.Carm, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Licencié en théologie, il a été curé de plusieurs paroisses, vicaire diocésain et professeur près l'Université catholique d'Arequipa.

Le P.Abdallah Elias Zaidan, ML, Evêque de l'éparchie maronite de Los Angeles (catholiques 51.900, prêtres 44, diacres 18, religieux 21), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1963 à Kosaybé (Liban), a émis ses voeux religieux en 1984 et a été ordonné prêtre en 1986. Il a été curé de paroisse maronite aux USA, recteur de la cathédrale maronite de Los Angeles, coordinateur de tribunal ecclésiastique. Il succède à Mgr.Robert Joseph Shaheen, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

L'Abbé Andrew Nkea Fuanya, Coadjuteur de l'Evêque de Mamfe (Cameroun). L'Evêque élu, né en 1965 à Widikum (Cameroun) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Secrétaire général de l'Université catholique du Cameroun. Il a été curé de paroisse, chancelier de diocèse, membre de la commission doctrinale de la Conférence épiscopale.

mardi 9 juillet 2013

AUDIENCES


Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax.

Le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

INDULGENCES POUR LA J.M.J.

Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père concède des indulgences particulières à l'occasion de la XXVIII Journée mondiale de la jeunesse (Rio de Janeiro, Brésil, 22 - 29 juillet). Le décret de la Pénitencerie apostolique en précise les conditions: Les jeunes et les autres fidèles préparés obtiendront l'indulgence quotidienne aux conditions habituelles (confession, communion, prières aux intentions du Pape), applicables aux âmes défuntes, lors des cérémonies et exercices qui se dérouleront à Rio. Les fidèles justement empêchés, pourront aux mêmes conditions l'obtenir en filiale soumission au Souverain Pontife et en union spirituelle aux cérémonies retransmises par les media. L'indulgence partielle est concédée à tout fidèle où qu'il soit s'unissant avec contrition et en prière à la JMJ (récitation finale de la prière spéciale et invocation à Marie, Reine du Brésil, ou à d'autres patrons intercesseurs), dans le but d'encourager la jeunesse à s'affermir dans la foi et la sainteté de vie. Afin que les fidèles bénéficient plus facilement de ces indulgences, les prêtres proposeront à leurs pénitents de prier pour que la JMJ porte des fruits.

POUR UNE MISSION PLEINE DE JOIE


Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Samedi dernier, le Saint-Père a rejoint Salle Paul VI 6.000 séminaristes, novices et consacrés rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi. Devant l'enthousiasme de l'assemblée, il s'est écrié: "Voila, maintenant vous applaudissez, vous êtes joyeux, parce que c'est pour vous un temps de noce. Mais qu'adviendra-t-il lorsque cette lune de miel sera finie? J'ai entendu un brave séminariste dire qu'il voulait servir le Christ, pour une dizaine d'années, après quoi il passerait à une autre vie. C'est une vision dangereuse. Nous tous, y compris les plus âgés, nous subissons la pression de cette culture du provisoire, de ce danger. On ne veut plus s'engager une fois à jamais. Certains disent: Je reste marié tant que dure l'amour. Une religieuse entend le rester qu'un certain temps, un séminariste veut devenir prêtre mais ignore si ça durera. Tout cela ne tient pas debout face au Christ... Notre choix est définitif même si c'est extrêmement difficile. Lorsque j'étais jeune c'était bien plus facile parce que la culture favorisait les choix définitifs, dans la vie matrimoniale comme dans la vie sacerdotale ou religieuse. Aujourd'hui...nous sommes victimes de l'idée de provisoire... Alors, comment pouvons nous être libres, libérés de cette culture? Nous devons apprendre à nous enfermer...car si on laisse en permanence la clef dehors rien ne va plus. Fermons la porte de l'intérieur. Et si on ne se sent pas prêt, il convient de prendre son temps. Lorsque le moment est venu, Jésus se manifestera. Sans lui en effet il n'y a rien d'assuré. C'est seulement lorsqu'on est sûr qu'il faut fermer la porte!".

Puis le Pape a souligné le climat de joie de cette assemblée. D'où vient la joie, s'est-il écrié. Pour certains de ce qu'on possède, du dernier modèle de smartphone, du deux roues le plus rapide, de la voiture dernier cri. "Ceci me fait mal", a confié le Pape François, "lorsque je vois un prêtre avec une voiture de luxe. Prend donc le vélo!". Et si nous devons nous déplacer, au moins utilisons un voiture utilitaire, "et pensons à tous ces enfants qui meurent de faim". La joie ne vient pas non plus d'expériences de l'extrême, des sensations fortes, "Certes il plaît à la jeunesse de marcher sur le fil... Non, la joie véritable ne vient ni des biens matériels ni d'autres choses mais de la rencontre et du rapport avec autrui, de se sentir acceptés, compris et aimés, et non simplement pour un intérêt passager... La joie naît de la gratuité de la rencontre, de s'entendre dire tu as de l'importance pour moi, et pas seulement en parole. C'est ceci que Dieu nous fait comprendre... Cette joie est contagieuse et entraînante. Lorsqu'on rencontre un séminariste ou un novice trop sérieux, il lui manque la joie du Seigneur... Il n'y a pas de sainteté dans la tristesse. Sainte Thérèse d'Avila disait qu'un saint triste est un triste saint... Donc, pas de religieux, pas de consacré, pas de prêtre confis!... Cette tristesse sans le ministère pastoral trahit une absence de paternité ou de maternité, un mal vivre une vie consacrée qui doit être féconde. Un prêtre, une soeur, qui ne seraient pas féconds ne seraient pas catholique".

"Pour être des témoins joyeux de l'Evangile il faut aussi être vrais et cohérents. L'authenticité est elle aussi très importante. Jésus dénonçait les hypocrites et les doubles faces". Etre sincère relève de l'éducation. C'est aux parents, aux adultes et aux formateurs "de donner un exemple de cohérence aux jeunes... Pour avoir des jeunes cohérents nous devons l'être, sinon le Seigneur dira de nous ce qu'il disait des pharisiens, faites ce qu'ils disent non ce qu'ils font". C'est pourquoi il est important de toujours dire la vérité à son confesseur. "La transparence fait du bien car elle rend humble... Il faut dire la vérité sans réserves car c'est au Christ qu'on parle par le biais du confesseur. Jésus connaît la vérité et pardonne toujours... La vocation doit reposer sur les quatre piliers que sont la vie spirituelle, la vie intellectuelle, la vie apostolique et la vie communautaire". La fraternité implique la sincérité envers l'autre, non de le dénigrer dans son dos. "Derrière les ragots il y a l'envie, la jalousie et l'ambition... La voie de la sainteté ne peut passer par la calomnie... Et puis l'amitié est une fraternité qui aide à ne pas s'isoler dans le désespoir... Le prêtre comme le religieux ne saurait être une île, mais au contraire une personne toujours prête à rencontrer autrui". En conclusion le Pape François a redit son voeu d'une Eglise plus missionnaire et moins tranquille, recommandant aux jeunes rassemblés d'éviter la manie qu'ont les vieux de se lamenter, "le culte de la déesse lamentation... Soyez toujours positifs et soignez votre vie spirituelle tout en allant vers les autres, rencontrez les plus démunis. Ne craignez donc pas de sortir et de nager à contre courant, en restant missionnaires et contemplatifs. Restez proches de Marie et récitez le chapelet. Ne l'abandonnez pas! Comme Jean, accueillez chez vous la Vierge qui vous accompagnera et vous protégera. Priez aussi pour moi. J'ai tant besoin de prières car je ne suis qu'un pauvre pécheur".

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé Mgr.Marcelo Daniel Colombo, Evêque de La Rioja (superficie 92.000, population 350.000, catholiques 320.000, prêtres 43, diacres 1, religieux 55), en Argentine. Jusqu'ici Evêque d'Orán (Argentine), il succède à Mgr.Roberto Rodríguez, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé le P.Juan José Chaparro Stivanello, CMF, Evêque de San Carlos de Bariloche (superficie 77.076, population 174.300, catholiques 123.100, prêtres 26, diacres 2, religieux 53), en Argentine. L'Evêque élu, né en 1953 à Colonia Freitas (Argentine), a prononcé ses voeux religieux en 1975 et a été ordonné prêtre en 1980. Il était jusqu'ici supérieur de la communauté des clarétiens de Lambaré (Paraguay). Licencié en théologie, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre en Argentine et en Uruguay.

Confirmé l'élection de l'Archimandrite Eduard Daher, BC, comme Archevêque melkite de Tripoli (catholiques 10.000, prêtres 7, religieuses 17), au Liban. L'Evêque élu, né en 1973 à Quaa (Liban), a prononcé ses voeux religieux en 1994 et a été ordonné prêtre en 1999. Il a été curé de paroisse en France et au Liban, et est actuellement juge du tribunal ecclésiastique de l'Eglise melkite.


lundi 8 juillet 2013

LE PAPE A LAMPEDUSA

Ci du Vatican, 8 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Pape François s'est rendu sur l'ile italienne de Lampedusa, point de chute depuis de nombreuses années de multitudes de migrants et dans les eaux de laquelle des dizaines d'entre eux ont trouvé la mort. Il a quitté l'aéroport romain de Ciampino et est arrivé sur l'île à 9 h 15' où il a été reçu par l'Archevêque d'Agrigente, Mgr.Francesco Montenegro, et par le Maire, Mme Giuseppina Nicolini. Il s'est rendu en voiture à Cala Pisana pour embarquer et se rendre au port de Lampedusa, accompagné par les barques des pêcheurs de l'ile. Au cours du trajet, il a jeté à la mer une couronne de fleurs en souvenir des migrants morts en Méditerranée. Une cinquantaine d'immigrés l'attendait sur le quai, à Punta Favarolo, dont beaucoup de musulmans, se trouvant dans les centres d'accueil de Lampedusa. Le Pape a salué personnellement chacun d'eux avant de se rendre au centre sportif Arena où il a célébré la messe à 10 h 30'. La formule liturgique choisie était celle de la rémission des péchés prévue par le Missel Romain. Les textes de la liturgie de la Parole (le récit de Caïn et Abel, le massacre des innocents, le psaume Miserere) soulignaient l'aspect pénitentiel de la Liturgie. Le Saint-Père a utilisé un bâton pastoral de la paroisse de Lampedusa réalisé avec des morceaux de bois des embarcations des migrants arrivés sur l'ile et un calice en bois provenant également de ces barques, tous deux œuvres d'un artisan de Lampedusa ayant participé à l'aide aux immigrés. Voici un large résumé de l'homélie du Pape:

"Immigrés morts en mer, dans ces bateaux qui au lieu d'être un chemin d'espérance ont été un chemin de mort. Il y a quelques semaines, quand j'ai appris cette nouvelle, qui malheureusement s'est répétée tant de fois, ma pensée y est revenue continuellement comme une épine dans le cœur qui apporte de la souffrance. J'ai alors senti que je devais venir ici aujourd'hui pour prier, pour poser un geste de proximité, mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est arrivé ne se répète pas. S'il vous plaît, que cela ne se répète pas!". Le Pape a ensuite remercié les habitants et les autorités de Lampedusa de leur solidarité avec les immigrés et, parmi eux, il a salué les musulmans qui aujourd'hui commencent le jeûne du ramadan, en disant: "L'Eglise vous est proche dans la recherche d'une vie plus digne pour vous et vos familles... Ce matin, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais proposer des paroles qui surtout provoquent la conscience de tous, poussent à réfléchir et à changer concrètement certaines attitudes. "Adam, où es-tu?" c'est la première question que Dieu pose à l'homme après le péché. Adam est un homme désorienté qui a perdu sa place dans la création parce qu'il croit devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. Et l'harmonie se rompt, l'homme se trompe et cela se répète aussi dans la relation avec l'autre qui n'est plus le frère à aimer, mais simplement l'autre qui dérange ma vie, mon bien-être. Et Dieu pose la deuxième question: "Caïn, où est ton frère?". Le rêve d'être puissant...ou même d'être Dieu, génère une chaine d'erreurs qui est l'engrenage de la mort, et conduit à verser le sang de son frère! Ces deux questions de Dieu résonnent encore aujourd'hui avec toute leur force! Tant de nous, et moi aussi, sont désorientés. Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons... Nous ne prenons pas soin de ce que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus de prendre soin les uns des autres. Et quand cette désorientation prend les dimensions du monde, on en arrive à des tragédies comme celle à laquelle nous avons assisté".

"Où est ton frère?" la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Il ne s'agit pas d'une question adressée aux autres, mais d'une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. Ces frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix. Ils cherchaient un endroit meilleur pour eux et leurs familles, mais ils ont trouvé la mort. Combien de fois ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne trouvent pas accueil, ne trouvent pas solidarité! Et leurs voix montent jusqu'à Dieu! J'ai rencontré quelques unes de ces personnes qui sont passées par les mains des trafiquants. La pauvreté des autres représente une source de bénéfices... Quelle souffrance et certains n'ont pu arriver à destination!

"Où est ton frère?" Qui est responsable de ce sang? Dans la littérature espagnole, il existe une comédie de Lope de Vega qui raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuent le gouverneur parce que c'est un tyran, et le font de façon à ce que l'on ne se sache pas qui a procédé à l'exécution. Et quand le juge du roi demande qui a tué le gouverneur, tous répondent: Fuente Ovejuna, monsieur! Tous et personne. Aujourd'hui aussi cette question émerge avec force: Qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs? Personne! Nous répondons tous ainsi: ce n'est pas moi...les autres, mais pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous: Où est le sang de ton frère qui crie jusqu'à moi? Aujourd'hui, personne dans le monde ne se sent responsable de cela. Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle. Nous sommes tombés dans l'attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l'autel dont parle Jésus dans la parabole du bon Samaritain. Nous regardons notre frère à moitié mort sur le bord de la route, peut-être pensons-nous "le pauvre" et nous continuons notre route, ce n'est pas notre affaire, et avec cela nous nous mettons l'âme en paix. La culture du bien être qui nous amène à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon qui sont belles mais ne sont rien, qui ne sont que l'illusion du futile, du provisoire, qui conduit à l'indifférence envers les autres, et qui conduit même à une mondialisation de l'indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance des autres, cela ne nous concerne pas, ne nous intéresse pas, n'est pas notre affaire!... La mondialisation de l'indifférence nous rend tous "innommés", des responsables sans nom et sans visage".

"Adam où es-tu?", "Où est ton frère?" sont les deux questions que Dieu pose au début de l'histoire de l'humanité et qu'il adresse aussi à tous les hommes de notre temps, à nous aussi. Mais je voudrais que nous nous posions une troisième question: Qui de nous a pleuré pour ce fait et pour d'autres comme celui-ci?, pour la mort de ces frères et sœurs? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leurs familles? Nous sommes dans une société qui a oublié l'expérience des pleurs, ce qu'est souffrir avec. La mondialisation de l'indifférence nous a ôté notre capacité de pleurer! Dans l'Evangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte: Rachel pleure ses enfants...parce qu'ils ne sont plus. Hérode a semé la mort pour défendre son bien-être, sa bulle de savon. Et cela continue de se répéter. Demandons au Seigneur d'effacer ce qui reste d'Hérode dans nos cœurs. Demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre indifférence, sur la cruauté qu'il y a dans le monde, en nous, même chez ceux qui dans l'anonymat prennent des décisions socio-économiques qui ouvrent la voie à des drames comme celui-ci... Seigneur, dans cette liturgie qui est une liturgie de pénitence, nous demandons pardon pour notre indifférence envers nos frères et sœurs. Nous te demandons pardon pour ceux qui se sont habitués, se sont fermés dans leur bien-être qui entraine l'anesthésie du cœur. Nous te demandons pardon pour ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des situations qui conduisent à ces drames".

MESSE POUR LA MISSION


Cité du Vatican, 7 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a célébré la messe en la Basilique vaticane pour les séminaristes, novices et consacrés rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi, centrant l'homélie sur sens de la mission de l'Eglise qui leur revient: Vous êtes tous en cheminement vocationnel, et provenez de toutes les parties du monde: vous représentez la jeunesse de l’Eglise! Si l’Eglise est l’Epouse du Christ, en un certain sens vous représentez le moment des fiançailles, le printemps de la vocation, la saison de la découverte, de la vérification, de la formation. Et c’est une très belle saison dans laquelle sont jetées les bases pour l’avenir... Aujourd’hui la Parole de Dieu nous parle de la mission... Quels sont les points de repère de la mission chrétienne? Les lectures que nous avons écoutées nous en suggèrent trois, la joie de la consolation, la Croix et la prière. Le premier élément est la joie de la consolation. Le prophète Isaïe s’adresse à un peuple qui a traversé la période sombre de l’exil pour qui, après une épreuve très dure, est venu le temps de la consolation, de la tristesse et de la joie... Quel est la raison de cette invitation à la joie? Le Seigneur, qui répand sur la Cité sainte et ses habitants un torrent de consolations...un torrent de tendresse maternelle". Ainsi agit le Seigneur envers nous". Tout chrétien, et nous plus que les autres, sommes appelés à porter ce message d’espérance qui donne sérénité et joie, la consolation de Dieu, sa tendresse envers tous. Mais nous ne pouvons pas en être porteur si nous n’expérimentons pas nous-mêmes en premier la joie d’être consolés par lui, d’être aimés de lui. Il est important, pour que notre mission soit féconde, de vivre la consolation de Dieu et la transmettre! J’ai rencontré quelquefois des personnes consacrées qui ont peur de la consolation de Dieu, et des pauvres qui se tourmentent, parce qu’ils ont peur de cette tendresse de Dieu. Mais vous, n’ayez pas peur!... Trouvez le Seigneur qui nous console et allez consoler le Peuple de Dieu. Cela est la mission. Les gens aujourd’hui ont besoin, certainement, de paroles, mais ils ont besoin surtout que nous témoignions la miséricorde, la tendresse du Seigneur qui réchauffe le cœur, qui réveille l’espérance, qui attire vers le bien et la joie de porter la consolation de Dieu".

"Le second point de repère de la mission est la Croix. Saint Paul, écrivant aux galates, affirme que pour lui la croix du Seigneur demeure sa seule gloire... Dans son ministère, Paul a expérimenté la souffrance, la faiblesse et l’échec, mais aussi la joie et la consolation. C’est le mystère pascal de Jésus, le mystère de mort et de résurrection... A l’heure de l’obscurité, à l’heure et de l’épreuve est déjà présente et agissante l’aube de la lumière et du salut. Le mystère pascal est le cœur palpitant de la mission de l’Eglise. Et si nous demeurons dans ce mystère, nous sommes à l’abri, aussi bien d’une vision mondaine et triomphaliste de la mission, que du découragement qui peut naître devant les épreuves et les échecs. La fécondité pastorale, la fécondité de l’annonce de l’Evangile n’est donnée ni par le succès, ni par l’insuccès évalués selon des critères humains, mais par la conformité avec la logique de la Croix de Jésus, qui est la logique du sortir de soi-même pour se donner, la logique de l’amour. C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ, parce que parfois on nous la propose sans le Christ. C'est impossible. C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ qui assure la fécondité de notre mission. Et c’est de la Croix, acte suprême de miséricorde et d’amour, que l’on renaît comme créature nouvelle".

"Enfin, le troisième élément c'est la prière. Dans l’Evangile nous avons entendu qu'il fallait prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. Les ouvriers pour la moisson ne sont pas choisis par campagne publicitaire ou appel au service de la générosité. Ils sont choisis et envoyés par Dieu, qui seul choisit...et ordonne la mission. Pour cette raison, la prière est importante. L’Eglise, nous a répété Benoît XVI, n’est pas nôtre. Elle est de Dieu. Si souvent, nous, les consacrés, nous pensons qu’elle est nôtre. Nous faisons d’elle quelque chose qui nous vient à l’esprit", or le champ à cultiver est celui de Dieu. Par conséquent la mission est essentiellement grâce. La mission est grâce. Et si l’apôtre est le fruit de la prière, il trouvera en elle la lumière et la force de son action... L’un de vous, un de vos formateurs, me disait l’autre jour qu'évangéliser s'accomplit à genoux... Soyez donc toujours des hommes et des femmes de prière. Sans un rapport constant avec Dieu la mission devient un métier... Non. Ce n’est pas un métier, c’est autre chose. Le risque de l’activisme, d’une trop grande confiance dans les structures, est toujours un piège. Si nous regardons Jésus, nous voyons qu’à la veille de chaque décision ou évènement important, il se recueillait dans une prière intense et prolongée. Cultivons la dimension contemplative, y compris dans le tourbillon des engagements les plus urgents et pesants. Et plus la mission vous appelle à aller vers les périphéries existentielles, plus votre cœur doit être uni à celui du Christ, plein de miséricorde et d’amour. Là se trouve le secret de la fécondité pastorale, de la fécondité d’un disciple du Seigneur! Jésus envoie les siens sans argent, ni sac, ni sandales. La diffusion de l’Evangile n’est assurée ni par le nombre de personnes, ni par le prestige de l’institution, ni par la quantité des ressources disponibles. Ce qui compte, c’est d’être imprégné de l’amour du Christ, se laisser conduire par l'Esprit et greffer sa propre vie sur l’arbre de vie, qui est la Croix du Seigneur... Je vous confie tous à l’intercession de Marie, la mère qui nous aide à prendre librement et sans crainte les décisions définitives. Puisse-t-elle vous aider à témoigner de la joie de la consolation de Dieu, sans avoir peur de la joie. Puisse-t-elle vous aider à vous conformer à la logique de l’amour de la Croix, à croître dans l’union toujours plus intime avec le Seigneur dans la prière. Ainsi votre vie sera riche et féconde".

JESUS N'EST PAS UN MISSIONNAIRE ISOLE

Ci du Vatican, 7 juillet 2013 (VIS). Après avoir célébré la messe pour la Journée des séminaristes, des novices et de ceux qui cherchent leur vocation, dans le cadre de l'Année de la foi, le Pape François a récité l'angélus avec les fidèles réunis Place St.Pierre. Il a demandé à tous de prier en cette journée "pour que leur amour pour le Christ grandisse toujours plus dans leur vie et pour qu'ils deviennent de vrais missionnaires du Royaume de Dieu. Le Pape a ensuite commenté l'Evangile du jour en le reliant à l'appel vocationnel. "Jésus n'est pas un missionnaire isolé. Il ne veut pas accomplir seul sa mission, mais il implique ses disciples. Aujourd'hui, nous voyons qu'en plus des douze apôtres, il en appelle soixante-douze autres, et les envoie dans les villages deux par deux, pour annoncer que le Royaume de Dieu est proche. Ceci est très beau! Jésus ne veut pas agir seul. Il est venu apporter dans le monde l'amour de Dieu et veut le diffuser de cette façon, par la communion, la fraternité. C'est pourquoi il forme tout de suite une communauté de disciples qui est une communauté missionnaire. Il les entraîne tout de suite à la mission, à avancer".

"Mais attention! Le but n'est pas de socialiser, de passer le temps ensemble, non, le but est d'annoncer le Royaume de Dieu, et cela est une priorité! Et aujourd'hui aussi cela reste une priorité! Il n'y a pas de temps à perdre à discuter, à attendre le consentement de tous, il faut y aller et annoncer. La paix du Christ s'apporte à tous, et s'ils ne l'accueillent pas, on continue quand même. On apporte la guérison aux malades parce que Dieu veut guérir l'homme de tout mal. Combien de missionnaires font cela! Ils sèment la vie, la santé, le réconfort aux périphéries du monde. Comme cela est beau! Ne pas vivre pour soi-même mais vivre pour aller faire le bien! Il y a tant de jeunes aujourd'hui sur cette place. Pensez à cela, demandez-vous: Jésus m'appelle-t-il à y aller, à sortir de moi pour faire le bien?". Alors aujourd'hui, si les apôtres sont douze, "et représentent donc aussi les évêques, leurs successeurs", les soixante-douze autres "peuvent représenter les autres ministres ordonnés, les prêtres et les diacres, mais dans un sens plus large nous pouvons aussi penser aux autres ministres de l'Eglise, aux catéchistes, aux fidèles laïcs qui s'engagent dans les missions paroissiales, à ceux qui travaillent auprès des malades, avec les diverses formes de besoin et de marginalisation, mais toujours comme des missionnaires de l'Evangile, avec cette proximité du Royaume. Chacun doit être missionnaire, chacun peut sentir cet appel de Jésus et aller de l'avant et annoncer le Royaume!... L'Evangile dit que ces soixante-douze hommes revinrent de leur mission pleins de joie, parce qu'ils avaient fait l'expérience de la puissance du nom du Christ contre le mal... Nous ne devons pas nous en vanter comme si nous en étions les protagonistes; il n'y a qu'un protagoniste, c'est le Seigneur! La grâce du Seigneur est le protagoniste!...et notre joie, c'est seulement cela, être ses disciples, ses amis...N'ayez pas peur d'être joyeux... cette joie que nous donne le Seigneur...laissons-le entrer dans notre vie et nous inviter à sortir de nous-mêmes aux périphéries de la vie et annoncer l'Evangile... Joie et courage!

Après l'angélus, le Pape a rappelé qu'il y a deux jours, il a publié sa première encyclique Lumen Fidei (La lumière de la foi), commencé par le Pape Benoît XVI pour l'Année de la foi et consacrée à la charité et à l'espérance. "J'ai recueilli ce beau travail et je l'ai terminé. Je l'offre avec joie à tout le Peuple de Dieu. En effet, tous, en particulier aujourd'hui, nous avons besoin d'aller à l'essentiel de la foi chrétienne, de l'approfondir et de la confronter aux problématiques actuelles. Mais je pense que cette encyclique, au moins dans certaines parties, peut être utile aussi à ceux qui sont à la recherche de Dieu et du sens de la vie. Je la mets dans les mains de Marie, icône parfaite de la foi, afin qu'elle puisse porter ces fruits que le Seigneur veut". Le Pape a ensuite salué les jeunes du diocèse de Rome qui se préparent à aller à Rio de Janeiro pour participer à la Journée mondiale de la Jeunesse. "Chers jeunes, moi aussi je m'y prépare! Marchons ensemble vers cette grande fête de la foi. Que la Vierge Marie nous accompagne, et nous nous retrouverons là-bas". Il a enfin salué les religieuses rosminianes et les franciscaines angélines, réunies pour leurs chapitres généraux, ainsi que les responsables de la communauté de San Egidio venus de différents pays pour une formation.

VISITE DU PRESIDENT DE TRINIDAD AND TOBAGO

Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin M.Anthony Thomas Aquinas Carmona, Président de Trinidad and Tobago, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le Secrétaire pour les rapports avec les états. Ces entretiens ont porté sur le service que l'Eglise catholique offre à la population, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'assistance aux plus défavorisés, et insisté sur la nécessité de mieux collaborer au soutien de la jeunesse et contre criminalité et violence. Les parties ont également abordé des sujets d'intérêt plus large comme la formation de la personne et la protection de la famille.

LE CARDINAL NGUYEN VAN THUAN, TEMOIN DE L'ESPERANCE

Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). "Témoin de l'espérance" ont été les mots du Pape François pour qualifier le Cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuan, qui fut Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, et dont la phase diocésaine du procès en béatification vient de se terminer. Ce matin, le Saint-Père a salué les participants à la session de clôture de cette phase ainsi que le postulateur de la cause, M.Waldery Hilgeman, soulignant que "nombreuses sont les personnes qui peuvent témoigner d'avoir été édifiées par leur rencontre avec le serviteur de Dieu François-Xavier Nguyên Van Thuan, à différents moments de leur vie... L'expérience montre que sa réputation de sainteté s'est diffusée à travers le témoignage de nombreuses personnes qui l'ont rencontré et qui conservent dans leur cœur son humble sourire et sa grandeur d'âme. Beaucoup l'ont aussi connu par ses écrits, simples et profonds, qui montrent son âme sacerdotale, profondément unie à Celui qui l'avait appelé à être ministre de sa miséricorde et de son amour. De nombreuses personnes ont fait part des grâces et signes reçus et attribués à l'intercession du...Cardinal Van Thuan. Remercions le Seigneur pour ce vénéré frère, fils de l'Asie, qui a terminé son chemin sur terre au service du Successeur de Pierre. Confions à l'intercession de la Vierge Marie la poursuite de cette cause, ainsi que de toutes celles qui sont actuellement en cours. Que la Vierge nous aide à vivre toujours davantage dans notre vie la beauté et la joie de la communion avec le Christ", a conclu le Saint-Père.

AUDIENCES


Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Cardinal Achille Silvestrini.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.George Kocherry, Nonce apostolique au Bangladesh, jusqu'ici Nonce au Zimbabwe.

Copyright © VIS - Vatican Information Service