Cité
du Vatican, 12 juillet 2013 (VIS). Le Directeur de la Salle de Presse
du Saint-Siège a indiqué ce midi que le Tribunal de l'Etat de la
Cité du Vatican avait congelé les comptes détenus au IOR par
Mgr.Nunzio Scarano, Responsable du département comptable de
l'Administration du patrimoine du Siège apostolique (actuellement
suspens). La mesure a été prise le 9 juillet par le Promoteur de
justice dans le cadre de l'enquête vaticane sur des transactions
suspectes signalées à l'Autorité de contrôle financier. Cette
enquête pourrait s'élargir à d'autres personnes. Parallèlement le
IOR a chargé le Promontory Financial Group de conduire un examen de
la situation en pleine coopération avec l'AIF et les autorités
judiciaires chargées d'élucider la question. Le PFG est d'ailleurs
en train d'examiner toutes les transactions de la clientèle au
regard des mesures anti-recyclage, tandis que le IOR procède depuis
mai dernier à l'amélioration de ses propres structures et
procédures. On prévoit pour la fin de l'année la conclusion de
cette opération, d'autant que la gouvernance de l'institut a
récemment nommé un Chief Risk Officer chargé d'appliquer le
renforcement des contrôles. Ainsi que l'avait indiqué le Président
Ernst von Freyberg, le IOR est engagé dans la chasse systématique
aux activités illégales comme étrangères à ses statuts, qu'elle
soient le fait de civils comme d'ecclésiastiques.
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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vendredi 12 juillet 2013
DIMANCHE DE LA MER
Cité
du Vatican, 12 juillet 2013 (VIS). Voici le message que le Conseil
pontifical pour la pastorale des migrations diffuse à l’occasion
du Dimanche de la mer 2013 (14 juillet 2013):
"Le
monde de la mer, avec la pérégrination continuelle des personnes,
doit aujourd’hui tenir compte des effets complexes de la
mondialisation et, malheureusement, doit affronter aussi des
situations d’injustice, en particulier lorsque les équipages sont
sujets à des restrictions pour descendre à terre, lorsqu’ils sont
abandonnés avec les embarcations sur lesquelles ils travaillent,
lorsqu’ils tombent sous la menace de la piraterie maritime ou
subissent les préjudices de la pêche illégale. La vulnérabilité
des marins, pêcheurs et navigateurs, doit rendre plus attentive
encore la sollicitude de l’Eglise et stimuler le soin maternel qu’à
travers vous, elle manifeste à tous ceux que vous rencontrez dans
les ports ou sur les navires, ou que vous assistez à bord au cours
de long mois de navigation. Ces paroles ont été adressées par
Benoît XVI au XXIII Congrès mondial de l’apostolat de la mer
(Vatican novembre 2012). En effet, depuis plus de 90 ans, l’Eglise
catholique, à travers l’Œuvre de l’Apostolat de la Mer et son
réseau d’aumôniers et de volontaires dans plus de 260 ports du
monde, a manifesté son soin maternel en apportant un bien-être
spirituel et matériel aux marins, aux pêcheurs et à leurs
familles.
Ce
Dimanche de la mer entend inviter chaque membre des communautés
chrétiennes à prendre conscience et à reconnaître le travail des
1,2 à 1,5 millions de marins environ qui naviguent dans le cadre
d’une flotte internationale mondialisée, composée de 100.000
navires transportant 90% des biens manufacturés. Très souvent, nous
ne réalisons pas que la majorité des objets que nous utilisons dans
notre vie quotidienne sont transportés par des navires sillonnant
les océans. Les équipages multinationaux sont soumis à des
conditions de vie et de travail difficiles à bord, passent des mois
entiers loin de leurs proches, font l’expérience de l’abandon
dans des ports étrangers sans salaires, de la criminalisation et des
catastrophes naturelles (tempêtes, typhons, etc) et humaines
(piraterie, naufrages, etc).
Il
y a maintenant une lueur d’espoir face à ces problèmes et
difficultés auxquelles sont confrontés les marins. La Convention
sur le travail maritime de l’Organisation internationale du travail
2006, après avoir été ratifiée par 30 pays membres de l’OIT,
représentant près de 60% du tonnage brut mondial, doit entrer en
vigueur en août 2013. Cette convention est le résultat de plusieurs
années de débats tripartites sans relâche (entre gouvernements,
employeurs et travailleurs) en vue de consolider et d’actualiser un
grand nombre de conventions relatives au travail maritime et de
recommandations adoptées depuis 1920. La Convention 2006 établit
les conditions internationales minimales pour presque chaque aspect
des conditions de travail et de vie des marins, y compris les
conditions équitables d’emploi, les soins médicaux, la protection
et la sécurité sociales, et l’accès aux installations de
bien-être à terre. Tandis que nous saluons l’entrée en vigueur
de cette convention et formons le vœu confiant de voir des
améliorations dans la vie des marins, nous demeurons vigilants et
exprimons notre sollicitude attentive en concentrant notre attention
sur la Règle 4.4 de la Convention, dont l’objet est d'assurer aux
gens de mer qui travaillent à bord d’un navire l’accès à des
installations et services à terre afin d’assurer leur santé et
leur bien-être.
Nous
devons coopérer avec les autorités appropriées dans nos ports
respectifs afin de permettre à tous les gens de mer d’aller à
terre au plus tôt après l’arrivée du navire au port, au bénéfice
de leur santé et bien-être. Nous devons également rappeler aux
états dont dépendent les ports qu’ils doivent promouvoir le
développement d’installations de bien-être à terre facilement
accessibles aux gens de mer, quels que soient leur nationalité,
race, couleur, sexe, religion, opinion politique ou origine sociale
et l’état du pavillon sous lequel ils sont employés. Nous devons
aider les autorités appropriées à établir des conseils de
bien-être au niveau national et local qui servent d’intermédiaires
pour améliorer le bien-être des marins dans les ports, en
rassemblant des personnes de divers types d’organisation sous une
même identité. Nous devons aussi encourager les autorités
portuaires à mettre en place, à côté d’autres formes de
financement, un système de taxe portuaire afin d’assurer un
mécanisme fiable en vue de soutenir des services de bien-être
durables dans le port.
Notre
responsabilité finale s’adresse aux marins. Nous devrions les
informer et les éduquer sur leurs droits et sur la protection
offerte par cette Convention, qui est également considérée comme
le quatrième et dernier pilier de la législation maritime
internationale, les trois autres étant la Convention internationale
pour la prévention de la pollution par les navires 1973, la
Convention internationale sur la sécurité en mer 1974, la
Convention internationale sur les normes de formation des gens de
mer, de délivrance des brevets et de veille 1978. Une mise en place
efficace sera possible et de réels changements auront lieu
uniquement si les gens de mer connaissent les contenus de la
Convention 2006. Prions Marie, étoile de la mer, d’éclairer et
d’accompagner notre mission en vue de soutenir le travail des
fidèles qui sont appelés à témoigner de leur vie chrétienne dans
le monde maritime".
jeudi 11 juillet 2013
MOTU PROPRIO EN MATIERE PENALE
Cité
du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Aujourd'hui a été publié le
Motu Proprio du Pape François relatif à la compétence pénales des
organes judiciaires de l'Etat de la Cité du Vatican: "La
société est de plus en plus menacée par une criminalité
transnationale organisée, par un usage inapproprié de l'activité
économique et par le terrorisme. Il est donc juste que la communauté
internationale se dote d'instruments juridiques capables de prévenir
et combattre ce type de criminalité et développe sa coopération
en matière pénale. Agissant également au nom de l'Etat de la Cité
du Vatican, le Saint-Siège a ratifié nombre de conventions
internationales qui sont des outils de lutte contre une criminalité
menaçant la dignité des personnes, le bien des gens et la paix
générale. Pour renforcer l'engagement du Saint-Siège dans cette
lutte, le Pape dispose Motu Proprio ce qui suit:
"1.Les
organes judiciaires de l'Etat du Vatican exercent également leur
juridiction pénale face
-aux
délits contre la sécurité, les intérêts fondamentaux et le
patrimoine du siège apostolique;
-aux
délits prévus par la loi VIII (11 juillet 2013), contenant les
normes pénales complémentaires, par la loi IX (11 juillet 2013),
contenant les modifications du code pénal et du code de procédure
pénale;
-à
tout autre délit dont la répression serait requise par les accords
internationaux ratifiés, au cas où son auteur se trouverait sur le
territoire vatican et non extradé.
2.Les
délits ci-dessus évoqués seront poursuivis selon la législation
vaticane en vigueur au moment de l'infraction, saufs les principes
généraux d'application des mesures pénales.
3.La
loi pénale vaticane considère officiers publics, les membres,
officials et autres personnels des organismes de la Curie romaine et
de ses institutions annexes, les nonces et l'ensemble du personnel
diplomatique, toute autre personne ayant une fonction de
représentation, d'administration ou de direction, ou même exerçant
de facto une fonction de gestion ou de contrôle des organismes
dépendants du Saint-Siège et inscrits au registre des personnes
juridiques canoniques du Governorat de l'Etat du Vatican, mais aussi
toute personne titulaire d'un mandat administratif ou judiciaire du
Saint-Siège, qu'il soit permanent ou temporaire, rémunéré ou non,
et quelque soit son statut hiérarchique.
4.Cette
juridiction s'étend également aux responsabilités administratives
des personnes juridiques découlant du délit selon la discipline
législative vaticane.
5.Au
cas où le même délit serait poursuivi dans d'autres états, on
appliquera les normes de coopération judiciaire en cours dans l'Etat
de la Cité du Vatican.
6.Etant
sauf ce qu'établit l'article 23 de la loi CXIX du 21 novembre 1987
approuvant l'ordonnancement judiciaire de l'Etat du Vatican,
le
Pape François décide et promulgue ce 11 juillet 2013 ce qui précède
contre toute disposition pouvant être contraire, applicable à
compter du 1 septembre prochain".
ACTUALISATION DE LA JUSTICE PENALE VATICANE
Cité
du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). La Salle de Presse du Saint-Siège
a diffusé le communiqué suivant:
Aujourd'hui
a été publié le Motu Proprio du Pape François relatif à la
compétence pénale des organes judiciaires de l'Etat de la Cité du
Vatican, ainsi que les lois approuvées par la Commission pontificale
pour l'Etat de la Cité du Vatican, soit la loi VIII relative aux
normes pénales complémentaires, la loi IX, contenant les
modifications du code pénal et du code de procédure pénale, et la
loi X sur les sanctions administratives. Ce Motu Proprio étend
l'application de cette législation au Saint-Siège. Les lois pénales
adoptées ce jour complètent la mise en adéquation de
l'ordonnancement juridique vatican, dans le sillage de l'effort
entrepris par Benoît XVI en 2010. Elles sont d'autant plus complètes
qu'elles prennent en compte de multiples conventions internationales
(les quatre Conventions de Genève de 1949 sur les crimes de guerre,
la Convention internationale de 1965 sur l'élimination de la
discrimination raciale, la Convention de 1984 contre la torture et
les autres traitements inhumains, la Convention de 1989 sur les
droits de l'enfant et ses protocoles). On note ainsi l'introduction
du délit de torture et des délits contre les mineurs (trafic,
prostitution, enrôlement forcé, violences sexuelles, exploitation,
pornographie). Le crime contre l'humanité a également été
introduit, inclus le génocide et la ségrégation raciale...définis
par le Statut de la cour pénale internationale de 1998. La
catégorie des délits contre l'administration a été révisée en
fonction de la Convention des Nations-Unies de 2003 sur la
corruption. On a aussi aboli la prison à vie contre une réclusion
maximale de 35 ans. Toujours en conformité avec la tendance
internationale, on a établi un système de sanctions contre les
personnes juridiques en matière de profit criminel au titre de
l'organisme dont elles dépendraient, considérant qu'elles sont
redevables de sanctions personnelles administratives et pécuniaires.
En matière de procédure pénale, on a introduit les principes du
juste procès (dans des limites de temps raisonnables) ainsi que la
présomption d'innocence. Ainsi ont été accrues les mesures
conservatoires dont dispose la justice (la confiscation est désormais
renforcée par la faculté du gel préventif des biens). La réforme
revêt une grande importance en ce qu'elle reformule les normes
relatives à la coopération judiciaire internationale, effectivement
datées, par l'adoption des mesures prévues en la matière par les
plus récents textes internationaux. La loi relative aux sanctions
administratives revêt un caractère général au service de
disciplines particulières. Dans les différentes catégories, les
sanctions favoriseront l'efficacité et le respect des intérêts
publics. Toutes ces interventions entrent dans le cadre d'une
modernisation tendant à rendre le système vatican plus complet et
plus efficace.
IMPORTANCE DES NOUVELLES LOIS VATICANES
Cité
du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Voici la présentation par
Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les relations avec les
états, des nouvelles lois vaticanes:
Les
lois approuvées ce jour par la Commission pontificale pour l’Etat
de la Cité du Vatican constituent une intervention normative de
large portée, nécessaire en raison du service que cet Etat,
particulier et unique en son genre, est appelé à accomplir au
bénéfice du Siège apostolique. La finalité originelle et
fondamentale du Vatican, consistant à garantir la liberté
d’exercice du ministère pétrinien, requiert en effet un
réajustement institutionnel faisant davantage abstraction de son
exiguïté territoriale pour revêtir une complexité qui, par
certains traits, est semblable à celle des états contemporains.
Né
avec les Accords du Latran de 1929, l’Etat adopta en bloc le
système juridique, civile et pénal du Royaume d’Italie, convaincu
que cette dotation était suffisante pour régler les rapports de
droit commun à l’intérieur d’un Etat dont la raison d’être
réside dans le support de la mission spirituelle du Successeur de
Pierre. Le système pénal originel, constitué du code pénal
italien du 30 juin 1889 et du code de procédure pénale italien du
27 février 1913 (entrés en vigueur le 7 juin 1929) n’a ensuite
connu que des modifications marginales. La nouvelle loi sur les
sources du droit (N. LXXI, du 1 octobre 2008) a même confirmé la
législation pénale de 1929 bien qu’en attente d’une
redéfinition complète de la discipline.
Bien
que ne réformant pas en profondeur le système pénal vatican, les
récentes lois le révisent par certains aspects et le complètent
par d’autres, pour répondre à une pluralité d’exigences. Ces
lois poursuivent et développent, d’une part, l’ajustement du
système juridique du Vatican aux paramètres internationaux, en
continuité avec l’action entreprise par Benoît XVI à partir de
2010, en vue de la prévention et de la lutte contre le blanchiment
et le financement du terrorisme. Dans cette perspective, il a
notamment été prévu de réaliser les propositions de la Convention
des Nations-Unies de 2000 contre la criminalité organisée
transnationale, celles de la Convention des Nations-Unies de 1988
contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances
psychotropes, celles de la Convention internationale de 1999 pour la
répression du financement du terrorisme, ainsi que d’autres
conventions qui définissent et caractérisent les pratiques
terroristes.
D’autre
part, les nouvelles lois introduisent d’autres délits criminels
mentionnés dans diverses conventions internationales déjà
ratifiées par le Saint-Siège et qui sont désormais aussi mises en
application dans le système interne. On peut mentionner parmi
celles-ci la convention de 1984 contre la torture et autres peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants, la Convention
internationale de 1965 sur l’élimination de toute forme de
discrimination raciale, la Convention de 1989 sur les droits de
l’enfant et ses protocoles facultatifs de 2000, les conventions de
Genève de 1949 contre les crimes de guerre, etc. Un titre à part a
été consacré aux délits contre l’humanité, parmi lesquels le
génocide et les autres crimes prévus par le droit international
coutumier, sur l’exemple des dispositions du statut de Rome de la
Cour pénale internationale de 1998. D’un point de vue substantiel,
enfin, on peut encore souligner la révision des délits contre
l’administration publique, dans la ligne des prévisions contenues
dans la Convention des Nations-Unies de 2003 contre la corruption, de
même que l’abolition de la peine de prison à perpétuité,
remplacée par la peine de réclusion criminelle de 30 à 35 ans.
Malgré
l’incontestable nouveauté de nombreuses normes incriminantes
contenues dans ces lois, il ne serait toutefois pas correct de penser
que les conduites sanctionnées par elles étaient auparavant
pénalement licites. Celles-ci étaient en effet punies de la même
façon, sur le fondement de crimes plus génériques et larges.
Cependant, l’introduction de nouvelles dispositions revient à
identifier de façon plus certaine et plus précise les faits
incriminés, répondant ainsi aux paramètres internationaux par une
adéquation des sanctions à la gravité spécifique des faits.
Certaines
nouvelles formes criminelles introduites (on pense aux délits contre
la sécurité de la navigation maritime ou aérienne ou contre la
sécurité des aéroports ou des plateformes fixes) pourraient aussi
apparaître excessives vu la réalité géographique de l’Etat de
la Cité du Vatican. De telles dispositions remplissent cependant,
d’une part, la fonction de respecter les paramètres internationaux
établis en matière de lutte contre le terrorisme, et, d’autre
part, sont nécessaires, par respect de la condition de la double
punibilité”, afin de permettre l’extradition de ceux qui,
accusés ou condamnés pour de tels délits commis à l’étranger,
se seraient éventuellement réfugiés dans l’Etat de la Cité du
Vatican.
La
“Responsabilité administrative des personnes juridiques découlant
de crime” (art. 46-51 de la loi apportant des normes
complémentaires en matière pénale) mérite une attention
particulière car elle introduit des sanctions à la charge des
personnes juridiques impliquées dans des activités criminelles,
selon la tendance normative aujourd’hui courante dans le domaine
international. A ce propos, on est parvenu à concilier le
traditionnel adage, observé aussi dans le système canonique, selon
lequel Societas Puniri Non Potest avec l’exigence, toujours plus
perceptible dans le domaine international, d’établir des sanctions
adéquates et dissuasives à charge également des personnes
juridiques qui tirent profit de la commission de délits. La solution
adoptée a donc été d’établir la responsabilité administrative
des personnes juridiques, dans les hypothèses bien entendu où l’on
peut démontrer que le délit a été commis dans l’intérêt ou à
l’avantage de la personne juridique même.
D’importantes
modifications sont aussi introduites en matière de procédure. On
peut mentionner parmi elles: la mise à jour de la confiscation
développée par l’introduction de la mesure du blocage préventif
des biens (gel des biens); l’énonciation explicite des principes
du juste procès dans un délai raisonnable et de la présomption
d’innocence du prévenu; la reformulation de la norme relative à
la coopération judiciaire internationale avec l’adoption de
mesures établies par les conventions internationales plus récentes.
Du
point de vue de la technique normative, la pluralité des sources à
disposition des experts a été organisée par leur combinaison dans
un ensemble législatif harmonieux et cohérent qui, dans le cadre du
magistère de l’Eglise et de la tradition juridico-canonique, est
considérable. Comme source principale du droit du Vatican (art.1,
al. 1, Loi n. LXXI sur les sources du droit, du 1 octobre 2008), elle
tient compte également des normes établies par les conventions
internationales et par la tradition juridique italienne auquel le
système du Vatican a toujours fait référence.
Afin
de mieux organiser et discipliner une intervention normative aux
contenus si larges, deux lois distinctes ont donc été rédigées.
Dans l’une, ont été rassemblées toutes les normes portant
modifications du code pénal et du code de procédure pénale, dans
l’autre, ont été insérées les normes dont les caractéristiques
ne permettaient pas leur placement homogène à l’intérieur de la
structure du code et qui ont donc été placées dans une loi pénale
a latere, qui pour cette raison peut être considérée comme
complémentaire.
La
réforme pénale exposée jusqu’ici est enfin complétée par
l’adoption par le Pape François d’un Motu Proprio particulier,
daté d’hier lui aussi, qui étend la portée des normes contenues
dans ces lois pénales aux membres, officials et employés des
différents organismes de la Curie Romaine, des institutions qui lui
sont liées, des administrations dépendant du Saint-Siège et des
personnes juridiques canoniques, ainsi qu’aux légats pontificaux
et au personnel diplomatique du Saint-Siège. Cette extension a pour
but de rendre passible de poursuite les crimes et délits prévus
dans ces lois par les organismes judiciaires de l’Etat de la Cité
du Vatican, même dans le cas où l’infraction a été commise en
dehors des frontières de l’Etat.
Parmi
les lois adoptées hier par la Commission pontificale pour l’Etat
de la Cité du Vatican, se trouve la loi sur les normes générales
en matière de sanctions administratives. Cette loi avait déjà été
imaginée par l’art. 7 al. 4 de la Loi sur les sources du droit N.
LXXI, du 1 octobre 2008, et porte sur la discipline générale et de
principe pour l’application de sanctions administratives.
L’opportunité
d’une telle discipline était évoquée depuis longtemps, en raison
aussi de l’importance croissante du délit administratif, comme le
Tertium Genus, intermédiaire entre l’infraction pénale et civile.
Comme discipline de principe, il devra être fait référence aux
dispositions de cette loi à chaque fois qu’une autre loi fixera
l’application de sanctions administratives suite à une violation,
sans précision d’ailleurs de la procédure de poursuite, de
l’autorité compétente et des autres effets mineurs.
Un
des pivots du système introduit par la présente loi est constitué
par le principe de légalité, selon lequel les sanctions
administratives peuvent être appliquées seulement dans les cas
prévus par la loi. La procédure est articulée en une phase de
vérification et de contestation de l’infraction de la part des
bureaux compétents, et une phase d’application de la sanction
remise par voie générale à la compétence de la Présidence du
Gouvernorat. Est enfin prévu le droit au recours et la compétence
par matière du Juge unique, sauf en cas de sanctions les plus graves
qui relèvent de la compétence du Tribunal.
En
conclusion de cette brève présentation, on peut observer combien
les lois susmentionnées se distinguent non seulement par leur
incontestable importance substantielle et systématique, mais aussi
parce qu’elles constituent un autre pas significatif du législateur
du Vatican vers une mise en ordre complète nécessaire du système
pour assumer et promouvoir ce que la Communauté internationale
propose de constructif et utile, en vue d’une plus grande
coopération internationale et de la poursuite plus efficace du bien
commun.
MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DU TOURISME
Cité
du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Voici le message que le Conseil
pontifical pour la pastorale des migrations diffuse à l’occasion
de la Journée mondiale du tourisme 2013 (27 septembre), et intitulé:
"Le tourisme et l’eau, protéger l'avenir de tous" en
fonction du thème choisi par l’Organisation mondiale du tourisme:
Le Saint-Siège désire s’unir à cette manifestation, en apportant
sa contribution particulière, conscient qu'il est de l’importance
que revêt le tourisme à l’heure actuelle et des défis et
possibilités qu’il offre à l'action évangélisatrice. Le
tourisme est l’un des secteurs économiques mondiaux qui connaît
la croissance la plus vaste et rapide. Nous ne devons pas oublier que
durant l’année dernière le cap du milliard de touristes a été
franchi, auquel il faut ajouter les chiffres encore plus élevés du
tourisme local.
Pour
le secteur touristique, l’eau est d’une importance cruciale, un
actif et une ressource. C’est un actif dans la mesure où les gens
se sentent naturellement attirés par elle et des millions de
touristes cherchent à profiter de cet élément durant leurs jours
de repos, en choisissant comme destinations certains écosystèmes où
l’eau est le trait le plus caractéristique (zones humides, plages,
fleuves, lacs, cascades, îles, glaciers...) ou en cherchant à
bénéficier de ses nombreux avantages (particulièrement dans des
centres balnéaires ou thermaux). En même temps, l’eau est aussi
une ressource pour le secteur touristique, notamment pour les hôtels,
les restaurants et les activités de loisirs. A l'avenir, le tourisme
sera un véritable avantage dans la mesure où il parviendra à gérer
les ressources selon les critères de l’économie verte, c’est à
dire une économie dont l’impact environnemental demeure dans des
limites acceptables. Nous sommes donc appelés à promouvoir un
tourisme écologique, respectueux et durable, qui peut certainement
favoriser la création d’emplois, soutenir l’économie locale et
réduire la pauvreté. Il ne fait aucun doute que le tourisme joue un
rôle fondamental dans la protection de l’environnement, pouvant
être un grand allié, mais aussi un féroce ennemi. Si, par exemple,
en vue d’un bénéfice économique facile et rapide, on permet à
l’industrie touristique de polluer un lieu, celui-ci cessera d’être
une destination attirant les touristes.
Nous
savons que l’eau, clef du développement durable, est un élément
essentiel pour la vie. Sans eau, il n’y a pas de vie.
Malheureusement, les pressions qui s’exercent sur elle augmentent
d’année en année. Une personne sur trois vit déjà dans un pays
connaissant un stress hydrique modéré ou grave, et d’ici à 2030
près de la moitié de la population du globe pourrait souffrir de
pénuries d’eau. On estime alors que la demande sera de 40 %
supérieure à l’offre. Selon les données fournies par les
Nations-Unies, environ un milliard de personnes n’a pas accès à
l’eau potable. Et les défis liés à ce problème augmenteront de
façon significative au cours des prochaines années, surtout parce
qu’elle est mal distribuée, polluée, gaspillée ou parce que l’on
donne la priorité à certains usages d’une manière erronée ou
injuste. Sans compter les conséquences du changement climatique qui
viendront s’y ajouter. Le tourisme rivalise souvent aussi avec
d’autres secteurs pour son utilisation et, quelquefois, on constate
que l’eau est abondante et gaspillée dans les structures
touristiques, tandis qu’elle vient à manquer pour les populations
environnantes. La gestion durable de cette ressource naturelle est un
enjeu d’ordre social, économique et environnemental, mais surtout
de nature éthique, à partir du principe de la destination
universelle des biens de la terre, qui est un droit naturel,
originel, auquel doit se soumettre tout l’ordre juridique
concernant ces biens. La doctrine sociale de l’Eglise insiste sur
la validité et l’application de ce principe, avec des références
explicites à l’eau. Bien sûr, notre engagement en faveur du
respect de la création naît de sa reconnaissance comme don de Dieu
fait à toute la famille humaine et de l’écoute de l’indication
du Créateur, qui nous invite à la garder, conscients d’être les
administrateurs et non les maîtres du don qu’il nous fait.
Cette
attention à l’environnement est important pour le Pape François
qui y a fait de nombreuses allusions. Déjà, lors de la célébration
eucharistique du début de son ministère pétrinien, il nous
invitait à être des gardiens de la création, du dessein de Dieu
inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement.
Ne permettons pas, disait-il, que des signes de destruction et de
mort accompagnent la marche de notre monde, rappelant que tout est
confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui
nous concerne tous. Approfondissant cette invitation, le Saint-Père
affirmait récemment que cultiver et protéger la création est une
indication de Dieu donnée non seulement au début de l’histoire,
mais à chacun de nous. Cela fait partie de son projet et cela
signifie faire croître le monde avec responsabilité, en le
transformant afin qu’il soit un jardin, un lieu vivable pour tous.
Au contraire, nous sommes souvent guidés par l’orgueil de dominer,
de posséder, de manipuler, d’exploiter... Nous sommes en train de
perdre l’attitude de l’émerveillement, de la contemplation, de
l’écoute de la création. En cultivant cette attitude, nous
pourrons découvrir que l’eau nous parle aussi de son Créateur et
nous rappelle son histoire d’amour pour l’humanité. La prière
de bénédiction de l’eau, utilisée dans la liturgie romaine lors
de la veillée pascale et pour le rituel du baptême, est éloquente
car elle rappelle que le Seigneur s’en est servi comme signe et
mémoire de sa bonté: la Création, le déluge qui met fin au péché,
le passage de la Mer Rouge qui libère de l’esclavage, le baptême
de Jésus dans le Jourdain, le lavement des pieds qui se transforme
en précepte d’amour, l’eau qui coule du côté du Crucifié, le
mandat du Ressuscité de faire des disciples et de les baptiser …
ce sont des pierres milliaires de l’histoire du Salut, dans
lesquelles l’eau revêt une haute valeur symbolique.
L’eau
nous parle de vie, de purification, de régénération et de
transcendance. Dans la liturgie, l’eau manifeste la vie de Dieu qui
nous est communiquée dans le Christ. Jésus lui-même se présente
comme celui qui apaise la soif, de son sein jaillissent des fleuves
d’eau vive. Et dans son dialogue avec la Samaritaine, il affirme
que celui qui boit de l’eau que je lui donnerai n’aura plus
jamais soif. La soif évoque les désirs les plus profonds du cœur
humain, ses échecs et sa recherche d’un bonheur authentique
au-delà de soi-même. Or, le Christ est celui qui offre l’eau qui
étanche la soif intérieure, il est la source de la renaissance, il
est le bain qui purifie. Il est la source d’eau vive.
Voilà
pourquoi il est important de réaffirmer que tous ceux qui oeuvrent
dans le tourisme ont une forte responsabilité dans la gestion de
l’eau, de sorte que ce secteur soit effectivement une source de
richesse au niveau social, écologique, culturel et économique.
Tandis qu’il faut travailler pour réparer les dommages causés, il
faut aussi favoriser son usage rationnel et réduire au minimum
l’impact, en promouvant des politiques adéquates et en fournissant
des équipements efficaces qui aident à protéger notre futur
commun. Notre attitude envers la nature et la mauvaise gestion que
nous pouvons faire des ressources ne doivent peser ni sur les autres,
ni même et encore moins sur les générations à venir. Une plus
grande détermination est nécessaire de la part des personnes
engagées en politique et des entrepreneurs. Car, même si tous sont
conscients des défis que nous pose le problème de l’eau, nous
savons aussi que cela doit encore se concrétiser par des engagements
précis, contraignants et vérifiables. Cette situation requiert
surtout un changement de mentalité qui conduise à adopter un style
de vie différent, caractérisé par la sobriété et par
l’autodiscipline. Il faut faire en sorte que le touriste soit
conscient et réfléchisse sur ses responsabilités et sur l’impact
de son voyage. Il doit pouvoir arriver à la conviction que tout
n’est pas permis, même si personnellement il pourrait en assumer
le coût financier. Nous devons éduquer et encourager les petits
gestes qui nous permettent de ne pas gaspiller ou contaminer l’eau
et qui nous aident, en même temps, à apprécier davantage son
importance. Faisons nôtre le désir du Saint-Père de prendre le
ferme engagement de respecter et de garder la création, d’être
attentifs à chaque personne, de combattre la culture du gaspillage
et du rebut, pour promouvoir une culture de la solidarité et de la
rencontre.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
L'Abbé
Miguel Angel Cabello Almada, Evêque de Concepción (superficie
30.984, population 406.000, catholiques 399.000, prêtres 34,
religieux 66), au Paraguay. L'Evêque élu, né en 1965 à Piribebuy
(Paraguay) et ordonné prêtre en 1991, était jusqu'ici directeur
spirituel au séminaire national de Caacupé (Paraguay). Il succède
à Mgr.Zacarías Ortiz Rolón, SDB, dont la renonciation a été
acceptée pour limite d'âge. Docteur en théologie, il a été curé
de paroisse, vicaire diocésain et professeur de séminaire.
Mgr.Ján
Orosch, Archevêque de Trnava (superficie 4.833, population 637.400,
catholiques 462.046, prêtres 221, religieux 242), en Slovaquie.
Auxiliaire de ce même diocèse, il en était d'Administrateur
apostolique depuis 2012.
Mgr.Leo
Boccardi, Nonce apostolique en Iran, jusqu'ici Nonce au Soudan et en
Erythrée.
mercredi 10 juillet 2013
UNE EXPOSITION POUR LA J.M.J.
Cité
du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). "Dans le sillage du
Seigneur", tel est le titre de l'exposition organisée à
l'occasion de la XXVIII Journée mondiale de la jeunesse de Rio de
Janeiro par le Conseil pontifical pour les laïcs (Fondation
Jean-Paul II pour la jeunesse). Du 9 juillet au 12 octobre près le
musée national des beaux arts de Rio, elle propose des oeuvres et
des documents regroupés en sections intitulées: Le Christ, chemin
de salut, Vocation et mission des apôtres, Marie conduit au Christ,
Les saints, modèles à suivre. La première présente des
expressions de la vie de Jésus: La passion et la résurrection,
l'incrédulité de Thomas, la parabole de l'adultère, le bon
samaritain, l'iconographie du Christ. Au premier plan, le Mandylion
d'Edesse et une reproduction photographique du Suaire de Turin, des
portraits de Fra Angelico, Melozzo Da Forli, Mantegna, Léonard de
Vinci, Correggio, Bernin, Le Guercin, Lorenzo Lotto (le Christ et la
femme adultère, récemment restauré par les Musées du Vatican).
Les autres sections proposent notamment le célèbre diptyque vatican
du IIIº - IVº siècle des apôtres Pierre et Paul, ainsi que des
tableaux de Pomarancio ou de Ribera, et des représentations de Marie
allant des icônes byzantines à Pinturicchio, Michel-Ange et
Sassoferrato.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
L'Abbé
Pedro Alberto Bustamante López, Prélat de la prélature
territoriale de Sicuaní (superficie 15.800, population 301.000,
catholiques 259.000, prêtres 16, religieux 23), au Pérou. L'Evêque
élu, né en 1965 à Cotaparaco (Pérou) et ordonné prêtre en 1992,
était jusqu'ici Vicaire général du diocèse d'Arequipa (Pérou).
Il succède à Mgr.Miguel La Fay Bardi, O.Carm, dont la renonciation
a été acceptée pour limite d'âge. Licencié en théologie, il a
été curé de plusieurs paroisses, vicaire diocésain et professeur
près l'Université catholique d'Arequipa.
Le
P.Abdallah Elias Zaidan, ML, Evêque de l'éparchie maronite de Los
Angeles (catholiques 51.900, prêtres 44, diacres 18, religieux 21),
aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1963 à Kosaybé
(Liban), a émis ses voeux religieux en 1984 et a été ordonné
prêtre en 1986. Il a été curé de paroisse maronite aux USA,
recteur de la cathédrale maronite de Los Angeles, coordinateur de
tribunal ecclésiastique. Il succède à Mgr.Robert Joseph Shaheen,
dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
L'Abbé
Andrew Nkea Fuanya, Coadjuteur de l'Evêque de Mamfe (Cameroun).
L'Evêque élu, né en 1965 à Widikum (Cameroun) et ordonné prêtre
en 1992, était jusqu'ici Secrétaire général de l'Université
catholique du Cameroun. Il a été curé de paroisse, chancelier de
diocèse, membre de la commission doctrinale de la Conférence
épiscopale.
mardi 9 juillet 2013
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Le
Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical
Iustitia et Pax.
Le
Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
INDULGENCES POUR LA J.M.J.
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père concède des
indulgences particulières à l'occasion de la XXVIII Journée
mondiale de la jeunesse (Rio de Janeiro, Brésil, 22 - 29 juillet).
Le décret de la Pénitencerie apostolique en précise les
conditions: Les jeunes et les autres fidèles préparés obtiendront
l'indulgence quotidienne aux conditions habituelles (confession,
communion, prières aux intentions du Pape), applicables aux âmes
défuntes, lors des cérémonies et exercices qui se dérouleront à
Rio. Les fidèles justement empêchés, pourront aux mêmes
conditions l'obtenir en filiale soumission au Souverain Pontife et en
union spirituelle aux cérémonies retransmises par les media.
L'indulgence partielle est concédée à tout fidèle où qu'il soit
s'unissant avec contrition et en prière à la JMJ (récitation
finale de la prière spéciale et invocation à Marie, Reine du
Brésil, ou à d'autres patrons intercesseurs), dans le but
d'encourager la jeunesse à s'affermir dans la foi et la sainteté de
vie. Afin que les fidèles bénéficient plus facilement de ces
indulgences, les prêtres proposeront à leurs pénitents de prier
pour que la JMJ porte des fruits.
POUR UNE MISSION PLEINE DE JOIE
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Samedi dernier, le Saint-Père a
rejoint Salle Paul VI 6.000 séminaristes, novices et consacrés
rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi. Devant
l'enthousiasme de l'assemblée, il s'est écrié: "Voila,
maintenant vous applaudissez, vous êtes joyeux, parce que c'est pour
vous un temps de noce. Mais qu'adviendra-t-il lorsque cette lune de
miel sera finie? J'ai entendu un brave séminariste dire qu'il
voulait servir le Christ, pour une dizaine d'années, après quoi il
passerait à une autre vie. C'est une vision dangereuse. Nous tous, y
compris les plus âgés, nous subissons la pression de cette culture
du provisoire, de ce danger. On ne veut plus s'engager une fois à
jamais. Certains disent: Je reste marié tant que dure l'amour. Une
religieuse entend le rester qu'un certain temps, un séminariste
veut devenir prêtre mais ignore si ça durera. Tout cela ne tient
pas debout face au Christ... Notre choix est définitif même si
c'est extrêmement difficile. Lorsque j'étais jeune c'était bien
plus facile parce que la culture favorisait les choix définitifs,
dans la vie matrimoniale comme dans la vie sacerdotale ou religieuse.
Aujourd'hui...nous sommes victimes de l'idée de provisoire... Alors,
comment pouvons nous être libres, libérés de cette culture? Nous
devons apprendre à nous enfermer...car si on laisse en permanence la
clef dehors rien ne va plus. Fermons la porte de l'intérieur. Et si
on ne se sent pas prêt, il convient de prendre son temps. Lorsque le
moment est venu, Jésus se manifestera. Sans lui en effet il n'y a
rien d'assuré. C'est seulement lorsqu'on est sûr qu'il faut fermer
la porte!".
Puis
le Pape a souligné le climat de joie de cette assemblée. D'où
vient la joie, s'est-il écrié. Pour certains de ce qu'on possède,
du dernier modèle de smartphone, du deux roues le plus rapide, de la
voiture dernier cri. "Ceci me fait mal", a confié le Pape
François, "lorsque je vois un prêtre avec une voiture de luxe.
Prend donc le vélo!". Et si nous devons nous déplacer, au
moins utilisons un voiture utilitaire, "et pensons à tous ces
enfants qui meurent de faim". La joie ne vient pas non plus
d'expériences de l'extrême, des sensations fortes, "Certes il
plaît à la jeunesse de marcher sur le fil... Non, la joie véritable
ne vient ni des biens matériels ni d'autres choses mais de la
rencontre et du rapport avec autrui, de se sentir acceptés, compris
et aimés, et non simplement pour un intérêt passager... La joie
naît de la gratuité de la rencontre, de s'entendre dire tu as de
l'importance pour moi, et pas seulement en parole. C'est ceci que
Dieu nous fait comprendre... Cette joie est contagieuse et
entraînante. Lorsqu'on rencontre un séminariste ou un novice trop
sérieux, il lui manque la joie du Seigneur... Il n'y a pas de
sainteté dans la tristesse. Sainte Thérèse d'Avila disait qu'un
saint triste est un triste saint... Donc, pas de religieux, pas de
consacré, pas de prêtre confis!... Cette tristesse sans le
ministère pastoral trahit une absence de paternité ou de maternité,
un mal vivre une vie consacrée qui doit être féconde. Un prêtre,
une soeur, qui ne seraient pas féconds ne seraient pas catholique".
"Pour
être des témoins joyeux de l'Evangile il faut aussi être vrais et
cohérents. L'authenticité est elle aussi très importante. Jésus
dénonçait les hypocrites et les doubles faces". Etre sincère
relève de l'éducation. C'est aux parents, aux adultes et aux
formateurs "de donner un exemple de cohérence aux jeunes...
Pour avoir des jeunes cohérents nous devons l'être, sinon le
Seigneur dira de nous ce qu'il disait des pharisiens, faites ce
qu'ils disent non ce qu'ils font". C'est pourquoi il est
important de toujours dire la vérité à son confesseur. "La
transparence fait du bien car elle rend humble... Il faut dire la
vérité sans réserves car c'est au Christ qu'on parle par le biais
du confesseur. Jésus connaît la vérité et pardonne toujours... La
vocation doit reposer sur les quatre piliers que sont la vie
spirituelle, la vie intellectuelle, la vie apostolique et la vie
communautaire". La fraternité implique la sincérité envers
l'autre, non de le dénigrer dans son dos. "Derrière les ragots
il y a l'envie, la jalousie et l'ambition... La voie de la sainteté
ne peut passer par la calomnie... Et puis l'amitié est une
fraternité qui aide à ne pas s'isoler dans le désespoir... Le
prêtre comme le religieux ne saurait être une île, mais au
contraire une personne toujours prête à rencontrer autrui". En
conclusion le Pape François a redit son voeu d'une Eglise plus
missionnaire et moins tranquille, recommandant aux jeunes rassemblés
d'éviter la manie qu'ont les vieux de se lamenter, "le culte de
la déesse lamentation... Soyez toujours positifs et soignez votre
vie spirituelle tout en allant vers les autres, rencontrez les plus
démunis. Ne craignez donc pas de sortir et de nager à contre
courant, en restant missionnaires et contemplatifs. Restez proches de
Marie et récitez le chapelet. Ne l'abandonnez pas! Comme Jean,
accueillez chez vous la Vierge qui vous accompagnera et vous
protégera. Priez aussi pour moi. J'ai tant besoin de prières car je
ne suis qu'un pauvre pécheur".
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a:
Nommé
Mgr.Marcelo Daniel Colombo, Evêque de La Rioja (superficie 92.000,
population 350.000, catholiques 320.000, prêtres 43, diacres 1,
religieux 55), en Argentine. Jusqu'ici Evêque d'Orán (Argentine),
il succède à Mgr.Roberto Rodríguez, dont la renonciation a été
acceptée pour limite d'âge.
Nommé
le P.Juan José Chaparro Stivanello, CMF, Evêque de San Carlos de
Bariloche (superficie 77.076, population 174.300, catholiques
123.100, prêtres 26, diacres 2, religieux 53), en Argentine.
L'Evêque élu, né en 1953 à Colonia Freitas (Argentine), a
prononcé ses voeux religieux en 1975 et a été ordonné prêtre en
1980. Il était jusqu'ici supérieur de la communauté des clarétiens
de Lambaré (Paraguay). Licencié en théologie, il a occupé
diverses fonctions au sein de son ordre en Argentine et en Uruguay.
Confirmé
l'élection de l'Archimandrite Eduard Daher, BC, comme Archevêque
melkite de Tripoli (catholiques 10.000, prêtres 7, religieuses 17),
au Liban. L'Evêque élu, né en 1973 à Quaa (Liban), a prononcé
ses voeux religieux en 1994 et a été ordonné prêtre en 1999. Il a
été curé de paroisse en France et au Liban, et est actuellement
juge du tribunal ecclésiastique de l'Eglise melkite.
lundi 8 juillet 2013
LE PAPE A LAMPEDUSA
Cité
du Vatican, 8 juillet 2013
(VIS). Ce matin, le Pape François s'est rendu sur
l'ile italienne de Lampedusa, point de chute depuis de nombreuses
années de multitudes de migrants et dans les eaux de laquelle des
dizaines d'entre eux ont trouvé la mort. Il a quitté l'aéroport
romain de Ciampino et est arrivé sur l'île
à 9 h 15' où il a été reçu par l'Archevêque d'Agrigente,
Mgr.Francesco Montenegro, et par le Maire, Mme Giuseppina Nicolini.
Il s'est rendu en voiture à Cala Pisana pour embarquer et se rendre
au port de Lampedusa, accompagné par les barques des pêcheurs de
l'ile. Au cours du trajet, il a jeté à la mer une couronne de
fleurs en souvenir des migrants morts en Méditerranée. Une
cinquantaine d'immigrés l'attendait sur le quai, à Punta Favarolo,
dont beaucoup de musulmans, se trouvant dans les centres d'accueil de
Lampedusa. Le Pape a salué personnellement chacun d'eux avant de se
rendre au centre sportif Arena où il a célébré la messe à 10 h
30'. La formule liturgique choisie était
celle de la rémission des péchés prévue
par le Missel Romain. Les textes de la liturgie de la Parole (le
récit de Caïn et Abel, le massacre des innocents, le psaume
Miserere) soulignaient l'aspect pénitentiel de la Liturgie. Le
Saint-Père a utilisé un bâton pastoral de la paroisse de Lampedusa
réalisé avec des morceaux de bois des embarcations des migrants
arrivés sur l'ile et un calice en bois provenant également de ces
barques, tous deux œuvres
d'un artisan de Lampedusa ayant
participé à l'aide aux
immigrés. Voici un large résumé de l'homélie du Pape:
"Immigrés
morts en mer, dans ces bateaux
qui au lieu d'être un chemin d'espérance
ont été un chemin de mort. Il
y a quelques semaines, quand j'ai appris
cette nouvelle, qui malheureusement s'est répétée tant de fois, ma
pensée y est revenue continuellement comme
une épine dans le cœur qui apporte de la
souffrance. J'ai alors senti que je devais venir ici aujourd'hui pour
prier, pour poser un geste de proximité,
mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est
arrivé ne se répète pas. S'il
vous plaît, que cela ne se répète pas!".
Le Pape a ensuite remercié les habitants et les autorités de
Lampedusa de leur solidarité avec les immigrés et, parmi eux, il a
salué les musulmans qui aujourd'hui commencent le jeûne du ramadan,
en disant: "L'Eglise vous est proche
dans la recherche d'une vie plus digne pour vous et vos familles...
Ce matin, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons
écoutée, je voudrais
proposer des paroles qui surtout
provoquent la conscience de tous, poussent à
réfléchir et à changer concrètement
certaines attitudes. "Adam, où es-tu?" c'est
la première question que Dieu pose à
l'homme après le péché. Adam est un homme désorienté qui a perdu
sa place dans la création parce qu'il croit devenir
puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu.
Et l'harmonie se rompt, l'homme se trompe
et cela se répète aussi dans la relation avec
l'autre qui n'est plus le frère à aimer, mais simplement l'autre
qui dérange ma vie, mon bien-être. Et Dieu pose la deuxième
question: "Caïn, où est ton frère?". Le rêve d'être
puissant...ou même d'être Dieu, génère
une chaine
d'erreurs qui est l'engrenage de la mort, et conduit à verser le
sang de son frère! Ces deux questions de Dieu résonnent encore
aujourd'hui avec toute leur force! Tant de
nous, et moi aussi, sont désorientés. Nous ne sommes plus attentifs
au monde dans lequel nous vivons... Nous ne prenons pas soin de ce
que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus
de prendre soin les uns des autres. Et quand cette désorientation
prend les dimensions du monde, on en arrive à des tragédies comme
celle à laquelle nous avons assisté".
"Où
est ton frère?" la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Il
ne s'agit pas d'une question adressée aux
autres, mais d'une question adressée à
moi, à toi, à chacun de nous. Ces frères et sœurs cherchaient
à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité
et de paix. Ils cherchaient un endroit
meilleur pour eux et leurs familles, mais ils ont
trouvé la mort. Combien de fois
ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne
trouvent pas accueil, ne trouvent pas
solidarité! Et leurs voix montent jusqu'à
Dieu! J'ai rencontré quelques unes de ces personnes qui sont passées
par les mains des trafiquants. La pauvreté
des autres représente une source de bénéfices... Quelle
souffrance et certains n'ont pu
arriver à destination!
"Où
est ton frère?" Qui est responsable de ce sang? Dans la
littérature espagnole, il existe une comédie de Lope de Vega qui
raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuent le
gouverneur parce que c'est un tyran, et le font de façon à ce que
l'on ne se sache pas qui a procédé à l'exécution. Et quand le
juge du roi demande qui a tué le gouverneur, tous répondent: Fuente
Ovejuna, monsieur! Tous et personne. Aujourd'hui aussi cette question
émerge avec force: Qui est le responsable du sang de ces frères et
sœurs? Personne! Nous répondons tous ainsi: ce n'est pas moi...les
autres, mais pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous: Où est le
sang de ton frère qui crie jusqu'à moi? Aujourd'hui, personne dans
le monde ne se sent responsable de cela. Nous avons perdu le
sens de la responsabilité fraternelle. Nous sommes tombés dans
l'attitude hypocrite du prêtre et du serviteur
de l'autel dont parle Jésus dans la
parabole du bon Samaritain. Nous regardons notre frère à moitié
mort sur le bord de la route, peut-être
pensons-nous "le pauvre"
et nous continuons notre route, ce n'est pas notre affaire,
et avec cela nous nous mettons
l'âme en paix. La culture du bien être qui nous amène
à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles
aux cris des autres, nous fait vivre dans des
bulles de savon qui sont belles mais ne
sont rien, qui ne sont que l'illusion du futile, du provisoire, qui
conduit à l'indifférence envers les autres, et qui conduit même à
une mondialisation de l'indifférence. Nous sommes habitués à la
souffrance des autres, cela ne nous concerne pas, ne nous intéresse
pas, n'est pas notre affaire!... La mondialisation de l'indifférence
nous rend tous "innommés", des
responsables sans nom et sans visage".
"Adam
où es-tu?", "Où est ton frère?" sont les deux
questions que Dieu pose au début de l'histoire de l'humanité et
qu'il adresse aussi à tous les hommes de notre
temps, à nous aussi. Mais je voudrais que
nous nous posions une troisième question: Qui de
nous a pleuré pour ce fait et pour
d'autres comme celui-ci?, pour la mort de ces frères et sœurs? Qui
a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le
bateau? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants?
Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir
leurs familles? Nous sommes dans une société qui a oublié
l'expérience des pleurs, ce qu'est
souffrir avec. La mondialisation de l'indifférence nous a ôté
notre capacité de pleurer! Dans l'Evangile nous avons écouté le
cri, les pleurs,
la longue plainte:
Rachel pleure ses enfants...parce qu'ils ne
sont plus. Hérode a semé la mort pour défendre son bien-être, sa
bulle de savon. Et cela continue de se répéter. Demandons au
Seigneur d'effacer ce qui reste d'Hérode
dans nos cœurs. Demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre
indifférence, sur la cruauté qu'il y a dans le monde, en nous, même
chez ceux qui dans l'anonymat prennent des décisions
socio-économiques qui ouvrent la voie
à des drames comme celui-ci... Seigneur, dans cette liturgie qui est
une liturgie de pénitence, nous demandons pardon pour notre
indifférence envers nos frères et sœurs. Nous te demandons pardon
pour ceux qui se sont habitués, se sont fermés dans leur bien-être
qui entraine l'anesthésie du cœur. Nous te demandons pardon pour
ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des
situations qui conduisent à ces drames".
MESSE POUR LA MISSION
Cité
du Vatican, 7 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a célébré
la messe en la Basilique vaticane pour les séminaristes, novices et
consacrés rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi,
centrant l'homélie sur sens de la mission de l'Eglise qui leur
revient: Vous êtes tous en cheminement vocationnel, et provenez de
toutes les parties du monde: vous représentez la jeunesse de
l’Eglise! Si l’Eglise est l’Epouse du Christ, en un certain
sens vous représentez le moment des fiançailles, le printemps de la
vocation, la saison de la découverte, de la vérification, de la
formation. Et c’est une très belle saison dans laquelle sont
jetées les bases pour l’avenir... Aujourd’hui la Parole de Dieu
nous parle de la mission... Quels sont les points de repère de la
mission chrétienne? Les lectures que nous avons écoutées nous en
suggèrent trois, la joie de la consolation, la Croix et la prière.
Le premier élément est la joie de la consolation. Le prophète
Isaïe s’adresse à un peuple qui a traversé la période sombre de
l’exil pour qui, après une épreuve très dure, est venu le temps
de la consolation, de la tristesse et de la joie... Quel est la
raison de cette invitation à la joie? Le Seigneur, qui répand sur
la Cité sainte et ses habitants un torrent de consolations...un
torrent de tendresse maternelle". Ainsi agit le Seigneur envers
nous". Tout chrétien, et nous plus que les autres, sommes
appelés à porter ce message d’espérance qui donne sérénité et
joie, la consolation de Dieu, sa tendresse envers tous. Mais nous ne
pouvons pas en être porteur si nous n’expérimentons pas
nous-mêmes en premier la joie d’être consolés par lui, d’être
aimés de lui. Il est important, pour que notre mission soit féconde,
de vivre la consolation de Dieu et la transmettre! J’ai rencontré
quelquefois des personnes consacrées qui ont peur de la consolation
de Dieu, et des pauvres qui se tourmentent, parce qu’ils ont peur
de cette tendresse de Dieu. Mais vous, n’ayez pas peur!... Trouvez
le Seigneur qui nous console et allez consoler le Peuple de Dieu.
Cela est la mission. Les gens aujourd’hui ont besoin, certainement,
de paroles, mais ils ont besoin surtout que nous témoignions la
miséricorde, la tendresse du Seigneur qui réchauffe le cœur, qui
réveille l’espérance, qui attire vers le bien et la joie de
porter la consolation de Dieu".
"Le
second point de repère de la mission est la Croix. Saint Paul,
écrivant aux galates, affirme que pour lui la croix du Seigneur
demeure sa seule gloire... Dans son ministère, Paul a expérimenté
la souffrance, la faiblesse et l’échec, mais aussi la joie et la
consolation. C’est le mystère pascal de Jésus, le mystère de
mort et de résurrection... A l’heure de l’obscurité, à l’heure
et de l’épreuve est déjà présente et agissante l’aube de la
lumière et du salut. Le mystère pascal est le cœur palpitant de la
mission de l’Eglise. Et si nous demeurons dans ce mystère, nous
sommes à l’abri, aussi bien d’une vision mondaine et
triomphaliste de la mission, que du découragement qui peut naître
devant les épreuves et les échecs. La fécondité pastorale, la
fécondité de l’annonce de l’Evangile n’est donnée ni par le
succès, ni par l’insuccès évalués selon des critères humains,
mais par la conformité avec la logique de la Croix de Jésus, qui
est la logique du sortir de soi-même pour se donner, la logique de
l’amour. C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ, parce
que parfois on nous la propose sans le Christ. C'est impossible.
C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ qui assure la
fécondité de notre mission. Et c’est de la Croix, acte suprême
de miséricorde et d’amour, que l’on renaît comme créature
nouvelle".
"Enfin,
le troisième élément c'est la prière. Dans l’Evangile nous
avons entendu qu'il fallait prier le maître de la moisson d’envoyer
des ouvriers. Les ouvriers pour la moisson ne sont pas choisis par
campagne publicitaire ou appel au service de la générosité. Ils
sont choisis et envoyés par Dieu, qui seul choisit...et ordonne la
mission. Pour cette raison, la prière est importante. L’Eglise,
nous a répété Benoît XVI, n’est pas nôtre. Elle est de Dieu.
Si souvent, nous, les consacrés, nous pensons qu’elle est nôtre.
Nous faisons d’elle quelque chose qui nous vient à l’esprit",
or le champ à cultiver est celui de Dieu. Par conséquent la mission
est essentiellement grâce. La mission est grâce. Et si l’apôtre
est le fruit de la prière, il trouvera en elle la lumière et la
force de son action... L’un de vous, un de vos formateurs, me
disait l’autre jour qu'évangéliser s'accomplit à genoux... Soyez
donc toujours des hommes et des femmes de prière. Sans un rapport
constant avec Dieu la mission devient un métier... Non. Ce n’est
pas un métier, c’est autre chose. Le risque de l’activisme,
d’une trop grande confiance dans les structures, est toujours un
piège. Si nous regardons Jésus, nous voyons qu’à la veille de
chaque décision ou évènement important, il se recueillait dans une
prière intense et prolongée. Cultivons la dimension contemplative,
y compris dans le tourbillon des engagements les plus urgents et
pesants. Et plus la mission vous appelle à aller vers les
périphéries existentielles, plus votre cœur doit être uni à
celui du Christ, plein de miséricorde et d’amour. Là se trouve le
secret de la fécondité pastorale, de la fécondité d’un disciple
du Seigneur! Jésus envoie les siens sans argent, ni sac, ni
sandales. La diffusion de l’Evangile n’est assurée ni par le
nombre de personnes, ni par le prestige de l’institution, ni par la
quantité des ressources disponibles. Ce qui compte, c’est d’être
imprégné de l’amour du Christ, se laisser conduire par l'Esprit
et greffer sa propre vie sur l’arbre de vie, qui est la Croix du
Seigneur... Je vous confie tous à l’intercession de Marie, la mère
qui nous aide à prendre librement et sans crainte les décisions
définitives. Puisse-t-elle vous aider à témoigner de la joie de la
consolation de Dieu, sans avoir peur de la joie. Puisse-t-elle vous
aider à vous conformer à la logique de l’amour de la Croix, à
croître dans l’union toujours plus intime avec le Seigneur dans la
prière. Ainsi votre vie sera riche et féconde".
JESUS N'EST PAS UN MISSIONNAIRE ISOLE
Cité
du Vatican, 7 juillet 2013
(VIS). Après avoir célébré la messe pour la
Journée des séminaristes, des novices et de ceux qui cherchent
leur vocation, dans le cadre de l'Année de
la foi, le Pape François a récité l'angélus avec les fidèles
réunis Place St.Pierre. Il a demandé à tous de prier en cette
journée "pour que leur amour pour le Christ grandisse toujours
plus dans leur vie et pour qu'ils deviennent de vrais missionnaires
du Royaume de Dieu. Le Pape a ensuite commenté l'Evangile du jour en
le reliant à l'appel vocationnel. "Jésus n'est pas un
missionnaire isolé. Il ne veut pas accomplir seul sa mission, mais
il implique ses disciples. Aujourd'hui, nous voyons qu'en plus des
douze apôtres, il en appelle soixante-douze autres, et les envoie
dans les villages deux par deux, pour annoncer que le Royaume de Dieu
est proche. Ceci est très beau! Jésus ne veut pas agir seul. Il est
venu apporter dans le monde l'amour de Dieu et veut le diffuser de
cette façon, par
la communion, la fraternité. C'est pourquoi il forme tout de suite
une communauté de disciples qui est une communauté missionnaire. Il
les entraîne tout de suite à la mission, à avancer".
"Mais
attention! Le but n'est pas de socialiser, de passer le temps
ensemble, non, le but est d'annoncer le Royaume de Dieu, et cela est
une priorité! Et aujourd'hui aussi cela
reste une priorité! Il
n'y a pas de temps à perdre à discuter, à attendre le consentement
de tous, il faut y aller et annoncer. La paix du Christ s'apporte
à tous, et s'ils ne l'accueillent pas, on continue quand même. On
apporte la guérison aux malades parce que Dieu veut guérir l'homme
de tout mal. Combien de missionnaires font cela! Ils sèment la vie,
la santé, le réconfort aux périphéries du monde. Comme cela est
beau! Ne pas vivre pour soi-même mais vivre pour aller faire le
bien! Il y a tant de jeunes aujourd'hui sur cette place. Pensez à
cela, demandez-vous: Jésus m'appelle-t-il à y aller, à sortir de
moi pour faire le bien?". Alors aujourd'hui, si les
apôtres sont douze, "et représentent donc aussi les évêques,
leurs successeurs", les soixante-douze autres "peuvent
représenter les autres ministres ordonnés, les prêtres et les
diacres, mais dans un sens plus large nous pouvons aussi penser aux
autres ministres de l'Eglise, aux catéchistes, aux fidèles laïcs
qui s'engagent dans les missions paroissiales, à ceux qui
travaillent auprès des malades, avec les diverses formes de besoin
et de marginalisation, mais toujours comme des missionnaires de
l'Evangile, avec cette proximité du Royaume. Chacun doit être
missionnaire, chacun peut sentir cet appel de Jésus et aller de
l'avant et annoncer le Royaume!... L'Evangile dit que ces
soixante-douze hommes revinrent de leur mission pleins de joie, parce
qu'ils avaient fait l'expérience de la puissance du nom du Christ
contre le mal... Nous ne devons pas nous en vanter comme si nous en
étions les protagonistes; il n'y a qu'un protagoniste, c'est le
Seigneur! La grâce du Seigneur est le protagoniste!...et notre joie,
c'est seulement cela, être ses disciples, ses amis...N'ayez pas peur
d'être joyeux... cette joie que nous donne le Seigneur...laissons-le
entrer dans notre vie et nous inviter à sortir de nous-mêmes aux
périphéries de la vie et annoncer l'Evangile... Joie et courage!
Après
l'angélus, le Pape a rappelé qu'il y a deux jours, il a publié sa
première encyclique Lumen Fidei (La lumière de la foi), commencé
par le Pape Benoît XVI pour l'Année de la foi et consacrée à la
charité et à l'espérance. "J'ai recueilli ce beau travail et
je l'ai terminé. Je l'offre avec joie à tout le Peuple de Dieu. En
effet, tous, en particulier aujourd'hui, nous avons besoin d'aller à
l'essentiel de la foi chrétienne, de l'approfondir et de la
confronter aux problématiques actuelles. Mais je pense que cette
encyclique, au moins dans certaines parties, peut être utile aussi à
ceux qui sont à la recherche de Dieu et du sens de la vie. Je la
mets dans les mains de Marie, icône parfaite de la foi, afin qu'elle
puisse porter ces fruits que le Seigneur veut". Le Pape a
ensuite salué les jeunes du diocèse de Rome qui se préparent à
aller à Rio de Janeiro pour participer à la Journée mondiale de la
Jeunesse. "Chers jeunes, moi aussi je m'y prépare! Marchons
ensemble vers cette grande fête de la foi. Que la Vierge Marie nous
accompagne, et nous nous retrouverons là-bas". Il a
enfin salué les
religieuses rosminianes et les
franciscaines angélines, réunies pour leurs
chapitres généraux, ainsi que les
responsables de la communauté de San Egidio venus de différents
pays pour une formation.
VISITE DU PRESIDENT DE TRINIDAD AND TOBAGO
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
M.Anthony Thomas Aquinas Carmona, Président de Trinidad and Tobago,
qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le
Secrétaire pour les rapports avec les états. Ces entretiens ont
porté sur le service que l'Eglise catholique offre à la population,
notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et de
l'assistance aux plus défavorisés, et insisté sur la nécessité
de mieux collaborer au soutien de la jeunesse et contre criminalité
et violence. Les parties ont également abordé des sujets d'intérêt
plus large comme la formation de la personne et la protection de la
famille.
LE CARDINAL NGUYEN VAN THUAN, TEMOIN DE L'ESPERANCE
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013
(VIS). "Témoin de l'espérance" ont été
les mots du Pape François pour qualifier le Cardinal François-Xavier
Nguyên Van Thuan, qui fut Président du Conseil pontifical Iustitia
et Pax, et dont la phase diocésaine du procès en béatification
vient de se terminer. Ce matin, le Saint-Père a salué les
participants à la session de clôture de cette phase ainsi que le
postulateur de la cause, M.Waldery Hilgeman, soulignant que
"nombreuses sont les personnes qui peuvent témoigner d'avoir
été édifiées par leur rencontre avec le serviteur de Dieu
François-Xavier Nguyên Van Thuan, à différents moments de leur
vie... L'expérience montre
que sa réputation de sainteté s'est diffusée à travers le
témoignage de nombreuses personnes qui l'ont rencontré et qui
conservent dans leur cœur son humble sourire et sa grandeur d'âme.
Beaucoup l'ont aussi connu par ses écrits, simples et profonds, qui
montrent son âme sacerdotale, profondément unie à Celui qui
l'avait appelé à être ministre de sa miséricorde et de son amour.
De nombreuses personnes ont fait part des
grâces et signes reçus et attribués à
l'intercession du...Cardinal Van Thuan. Remercions le Seigneur pour
ce vénéré frère, fils de l'Asie, qui a
terminé son chemin sur terre au service du Successeur de Pierre.
Confions à l'intercession de la Vierge Marie la poursuite de cette
cause, ainsi que de toutes celles qui sont actuellement en cours. Que
la Vierge nous aide à vivre toujours davantage dans notre vie la
beauté et la joie de la communion avec le Christ", a conclu le
Saint-Père.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le
Cardinal Achille Silvestrini.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.George
Kocherry, Nonce apostolique au Bangladesh, jusqu'ici Nonce au
Zimbabwe.
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